Mode écoresponsable

Isaac Larose, l’homme aux mille projets

À Paris, les chapeaux qui portent son nom font sensation. À Québec, son bar caché du Vieux-Limoilou, le Nénuphar, ne désemplit pas. Entre les deux, il trouve le temps d’organiser des soirées jazz et tarot à Montréal tout en pilotant de concert avec son amoureuse une nouvelle marque de vêtements écoresponsable, EDEN power corp, lancée à Los Angeles le printemps dernier. Bienvenue dans l’univers d’Isaac Larose.

Isaac Larose multiplie les projets. De la France à la Californie, en passant par Montréal et Québec, sa ville natale, cet entrepreneur hyperactif n’a toutefois pas l’impression de trop s’en mettre sur les épaules. « J’ai besoin de pouvoir sauter d’un univers à l’autre, explique-t-il. Chacun de ces projets fait partie de qui je suis. »

L’aventure créative commence en 2012 à Paris, où il fonde, avec Marc Beaugé, une griffe haut de gamme spécialisée dans les couvre-chefs. Larose Paris produit depuis « des casquettes et des chapeaux pensés pour durer au-delà des modes et des tendances », explique-t-il.

L’environnement comme inspiration

Différente dans sa forme, EDEN power corp, dernier projet en date, s’inscrit néanmoins dans la continuité de cette première incursion dans l’industrie de la mode. « J’ai toujours eu l’intention de lancer une marque graphique avec une approche streetwear, dit-il. Le problème, c’est que d’un point de vue environnemental, il n’est pas logique de continuer à imprimer sur des t-shirts en coton ordinaire. »

Il a donc mijoté ce projet un certain temps, jusqu’au jour où il a trouvé le matériau parfait : du coton recyclé obtenu à partir de retailles (le polyester à base de bouteilles d’eau recyclées compte aussi parmi les matières phares de la griffe). « C’est vraiment le tissu qui a été l’élément déclencheur », souligne celui qui s’est associé à la designer Florence Provencher-Proulx, qui partage sa vie – et sa vision écolo.

Mais attention : si les convictions personnelles du couple ont mené à la création d’EDEN power corp, côté style, Isaac et Florence tiennent à s’éloigner le plus possible de cette thématique.

« L’environnement n’est pas une inspiration en soi, mais bien la raison d’être de la marque », insiste le trentenaire.

« Le but, au contraire, c’est de proposer un genre très différent de celui auquel les gens s’attendent d’un produit écoresponsable. »

Mission : sensibilisation

Le projet s’articule ainsi autour d’une entreprise fictive, EDEN power corp, dont le nom met en opposition deux éléments a priori contradictoires : la nature et l’univers corporatif. Chaque saison, un nouveau thème cher au duo est mis de l’avant pour constituer « l’uniforme » EDEN power corp, comme l’énergie solaire, mise en valeur dans la première collection, nommée SOLAR energy department, ou la permaculture.

Ce dernier concept se trouve au cœur de la collection printemps-été 2020, qui atterrira en novembre sur les tablettes d’une douzaine de détaillants triés sur le volet, dont Ssense à Montréal.

La collection GARDEN agriculture department comprend encore des t-shirts, mais également des combinaisons, des chemises, des chapeaux et quelques accessoires choisis, dont une réédition du grand sac qui a connu beaucoup de succès cet été.

Il est évidemment question de s’éloigner encore davantage du « porter-jeter », philosophie déjà bien ancrée avec les chapeaux intemporels de Larose Paris. « Les gens devraient posséder moins de vêtements, mais chérir chaque pièce qu’ils possèdent », estime le créateur.

Encore pionnier dans son domaine, Isaac Larose est convaincu que l’écoresponsabilité continuera à prendre du galon dans l’industrie de la mode. « C’est la voie de l’avenir ! Les marques ont deux possibilités, croit-il. Soit elles deviennent plus vertes maintenant et seront gagnantes à long terme, soit elles attendent, mais viendra un moment où elles n’auront plus le choix de prendre le virage vert. »

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