Reines d’Égypte à Pointe-à-Callière

Un grand moment de culture

Riche civilisation ayant façonné les cultures du monde occidental, l’Égypte antique est de retour à Montréal dans une exposition fascinante sur les épouses, sœurs, filles et favorites des pharaons. Présentée au musée de Pointe-à-Callière, Reines d’Égypte est un déploiement raffiné et captivant de 350 objets rares bien conservés provenant majoritairement du musée Egizio de Turin, qui possède l’une des plus grandes collections égyptologiques du monde. En voici dix.

Sculpture de granit provenant du complexe religieux de Karnak (au nord de Louxor), cette représentation du pharaon Ramsès II (au centre, avec sa double couronne d’Horus), assis entre le dieu solaire Amon et la déesse de l’amour Hathor, date de 1279 à 1213 ans avant notre ère. Cette statue du Museo Egizio de Turin permettait aux Égyptiens de se recueillir près du pharaon afin qu’il intervienne auprès des puissances divines.

Ce vase en terre cuite peinte a été découvert en 1905 par Ernesto Schiaparelli, ex-directeur du Museo Egizio de Turin, lors de fouilles réalisées à Deir-el-Médineh, village de 200 habitants où des artisans créaient des tombes pour les pharaons et des objets qui les « accompagnaient » dans l’au-delà. Typique des poteries du Nouvel Empire égyptien (1539-1076 avant notre ère), il est orné de pétales qui évoquent les guirlandes de fleurs dont on garnissait de tels contenants à cette époque.

Cette petite sculpture en granodiorite datant d’environ 1400 ans avant notre ère représente Keret, gardien du harem. Dans l’Égypte antique, le harem n’était pas un lieu de plaisir, mais la demeure où résidaient les femmes de la famille royale, soit les épouses, les filles, les cousines et les favorites du pharaon. Sur cette statuette, une inscription du donateur implore le dieu Ptah-Sokar-Osiris de recueillir les offrandes faites au complexe religieux de sa cité.

Cette amphore en terre cuite trouvée en 1910 par Ernesto Schiaparelli lors de fouilles à Gébélein (40 km au sud de Louxor) date de la Basse Époque (XXVe dynastie-Seconde période perse), soit entre 722 et 332 avant notre ère. Elle présente la particularité d’être scellée avec un tissu qui n’a jamais été retiré, assure Christian Greco, l’égyptologue italien qui dirige le musée turinois. L’amphore a pu être utilisée pour contenir de la bière, du vin ou de l’huile, selon lui.

L’exposition Reines d’Égypte est mise en espace de façon moderne et didactique grâce notamment à des vidéos et à des bandes sonores tirées du tour de découverte du jeu vidéo Assassin’s Creed Origins de la société Ubisoft. Des images diffusées sur les murs de l’exposition donnent l’impression de se promener dans des quartiers populaires de l’Égypte antique. Une expérience très réussie qui donne à la visite un aspect immersif très approprié.

Dans la deuxième partie de l’exposition, un espace est consacré à la momification. Les raisons et procédures de cette pratique sont expliquées, avec enregistrements audio et vidéo à l’appui. Plusieurs momies sont présentées, de même que les bandelettes de lin datant de plus de 3000 ans qui recouvraient les corps des défunts. Les Égyptiens momifiaient aussi les animaux. C’est ainsi que l’expo présente la momie d’un chat, animal vénéré par les Égyptiens. Quand un chat mourait, la famille se rasait les sourcils et observait un deuil de 70 jours.

Dans la partie de l’exposition consacrée à la vallée des Reines, on découvre, dans un état de conservation étonnant, un extrait en papyrus du Livre des morts (celui de Hor) dans lequel des discours sont transcrits pour permettre au défunt d’accéder à la vie éternelle. Ce dernier devait prouver qu’il avait mené une vie vertueuse, sinon le monstre Ammit, sorte de combinaison entre le lion, l’hippopotame et le crocodile, allait n’en faire qu’une bouchée ! Il semble que dans ce cas précis, le défunt ait réussi à convaincre Osiris et les 42 juges qu’il avait mené une bonne vie, car on le voit lever les bras en signe de satisfaction.

Voici une stèle funéraire d’un « tailleur de pierre d’Amon à Thèbes », un calcaire peint trouvé dans le village de Deir el-Médineh, durant le Nouvel Empire (XIXe dynastie) et le règne de Ramsès II (1279-1213 avant notre ère). Le défunt honore les dieux et reçoit les hommages de sa famille. L’exposition présente d’autres stèles, notamment une qui honore une femme, Ouebkhet, « esprit parfait de Rê », respirant une fleur de lotus, symbole de résurrection.

L’exposition s’achève sur un objet d’art unique : le sarcophage de granit de la reine Néfertari, très abîmé (il avait été fracassé par des pilleurs) et sur lequel on aperçoit des hiéroglyphes : une prière adressée à la déesse du firmament. Il a été placé au centre d’une pièce dans laquelle est évoquée la chambre funéraire de l’épouse de Ramsès II. Non loin, on découvre des objets ayant appartenu à Néfertari ou provenant de cette période de l’Égypte antique, notamment 34 statuettes funéraires (des ouchebtis), des bijoux et une paire de sandales en feuilles de palmier.

Quelques objets retrouvés dans la tombe de Néfertari, dans la vallée des Reines, lors des fouilles archéologiques d’Ernesto Schiaparelli, qui la découvrit en 1904. Des objets en céramique, des amulettes, des sandales, des pinceaux pour décorer les murs de la chambre funéraire, etc. Toutes choses appartenant au Museo Egizio de Turin et datant du Nouvel Empire (XIXe dynastie), correspondant notamment au règne de Ramsès II (1279-1213 avant notre ère).

Au musée de Pointe-à-Callière (Maison des marins, 165, place d’Youville) jusqu’au 4 novembre

Ce texte provenant de La Presse+ est une copie en format web. Consultez-le gratuitement en version interactive dans l’application La Presse+.