Espace Montmorency

700 appartements locatifs et aucun condo

« Enfin, on fait la pelletée, Normand », s’est exclamé, visiblement soulagé, Dario Montoni.

Le président de Groupe Montoni, l’un des grands promoteurs immobiliers de la région montréalaise, a pris la parole hier matin dans le cadre d’une cérémonie marquant le début des travaux du chantier à usage mixte Espace Montmorency, d’une valeur de 450 millions.

Le Normand en question, c’est Normand Bélanger, PDG du Fonds immobilier de solidarité FTQ, qui détient le terrain.

Il faut dire qu’il s’est écoulé plus de trois ans entre la première annonce du projet en novembre 2015 et le début officiel des travaux du chantier situé au métro Montmorency, à Laval.

Entre les deux dates, un partenaire, Claridge, est parti – il préfère concentrer son attention sur des projets au centre-ville de Montréal, a-t-on expliqué. Un nouveau est arrivé, Groupe Sélection.

Plusieurs changements

Le projet a évolué. Au départ, Espace Montmorency devait être construit en quatre phases et regrouper une dizaine de bâtiments : commerces, bureaux, hôtel, lieux de divertissement et espaces de services publics. On y prévoyait aussi une résidence pour personnes âgées.

Aujourd’hui, il comprend une seule phase incluant un stationnement de 1400 cases en souterrain (relié au métro), un basilaire commercial de 150 000 pieds carrés sur deux étages et quatre tours : deux locatives, une tour hôtelière de 180 chambres et une tour de bureaux pour un total de 1,3 million de pieds carrés. Groupe Sélection y déménagera son siège social, entre 400 et 500 personnes, en 2022. On prévoit terminer la construction d’Espace Montmorency à l’automne 2022.

« Ici, c’est notre premier projet avec un volet résidentiel. Il va y en avoir d’autres, mais c’est notre premier. C’est une évolution de la compagnie », dit M. Montoni. 

Signe des temps, le volet résidentiel d’Espace Montmorency ne comprendra aucun appartement en copropriété, seulement du locatif.

Groupe Sélection, qui agit comme maître d’œuvre de la partie résidentielle, proposera trois produits : frïdom, pour les 55 ans et plus, REZ, pour les familles, Yimby, pour les milléniaux.

Il n’y aura donc aucune résidence pour personnes âgées sur le site, pourtant le produit historique du Groupe Sélection.

« Il manque de logements à Laval, souligne Réal Bouclin, président fondateur et chef de la direction Goupe Sélection. On est au cœur de Laval. On a un emplacement incroyable. Ça va répondre à la demande de la population qui a besoin de logements. On n’a pas d’inquiétude à créer 700 unités », ajoute l’homme à la tête de 50 complexes résidentiels en exploitation, en construction ou en développement, ici et ailleurs.

Sélection travaille sur deux projets à Ottawa et est en négociation à Toronto. L’entreprise détient un terrain à Fort Lauderdale. Pour cette expansion hors Québec, Sélection est en négociation avec des partenaires financiers. Au Québec, Sélection compte sur les capitaux de PSP (Revera), de Fiera Immobilier, de Lune rouge, le conglomérat de Guy Laliberté, et de Claridge.

Des partenaires tricotés serré

Avec Espace Montmorency, Sélection fait équipe pour la première fois avec Montoni. Les deux sont ensemble pour acquérir et lotir les terrains de la brasserie Molson, au centre-ville. Quant au Fonds immobilier de solidarité FTQ, Normand Bélanger indique que le Fonds collabore déjà avec Sélection dans un projet de Terrebonne, mais qu’Espace Montmorency marque un premier partenariat avec Montoni. M. Bélanger n’a pas voulu dire si le Fonds allait financer la mise en valeur des terrains de la Molson.

intelligence artificielle

Les régimes autoritaires avantagés, plaide un ancien militaire américain

Dans la course à l’intelligence artificielle, tous les coups sont permis. Or, les pays démocratiques sont désavantagés par rapport aux régimes autoritaires, a plaidé hier le président de la Brookings Institution, John R. Allen, à la Conférence de Montréal du Forum économique international des Amériques, devant des centaines de personnalités d’affaires.

M. Allen, ancien militaire américain maintenant à la tête du prestigieux groupe de réflexion (think tank) spécialisé dans la recherche et la formation dans les domaines des sciences sociales, craint le retour d’un ordre mondial bipolaire, similaire à celui de la guerre froide, alors qu’on bifurque vers un système technologique dominé par des États autoritaires.

La mainmise de pays comme la Chine ou la Russie dans le domaine de l’intelligence artificielle et leur « autoritarisme numérique » inquiètent M. Allen, pour qui « plus un régime autoritaire dispose de contrôle et d’informations, plus il se renforce ».

L’intelligence artificielle, alimentée par un nombre considérable de données personnelles, permet une surveillance accrue des populations. Ainsi, la technologie se porte garante de la pérennité de l’autoritarisme dans certains pays, selon M. Allen, qui a été l’envoyé spécial de l’ancien président Obama à la coalition globale en Irak et en Syrie pour contrer le groupe armé État islamique.

« Nous devons décider, a-t-il déclaré, si nous voulons agir de façon multilatérale afin de contrer les effets de la montée technologique des régimes autoritaires. Nous devons protéger les droits de la personne, la démocratie et la liberté de la presse. » Selon M. Allen, la surveillance doit servir à la sécurité et ne peut se faire au détriment de la population. Dans un État autoritaire, ajoute-t-il, les données n’appartiennent pas aux individus, mais au gouvernement.

L’intelligence artificielle et son importance sur l’échiquier politique mondial sont indéniables. Hors de question pour certains pays d’être à la traîne. Les Émirats arabes unis disposent depuis 2017 d’un ministre de l’intelligence artificielle, le premier au monde. M. Allen souligne également le cas du Danemark, qui dispose d’un « ambassadeur de la tech » en poste à Silicon Valley. Ces exemples, affirme-t-il, sont des manifestations de ce qu’il appelle la « techplomatie ». La preuve à ses yeux que l’intelligence artificielle, domaine qui évolue à grande vitesse, influence la géopolitique.

Viande végétale

Une nouvelle ère de productivité, dit le PDG de Beyond Meat

La transition de la viande animale vers la viande végétale déclenchera une nouvelle ère de productivité en agriculture, croit le fondateur de Beyond Meat, Ethan Brown. Et le Canada est bien placé pour en tirer profit, dit-il.

Les galettes de hamburger et les saucisses de l’entreprise californienne Beyond Meat, composées de protéines végétales, ont pris d’assaut les marchés, et même la Bourse : l’entreprise a été inscrite au NASDAQ au début du mois de mai.

Beyond Meat vend des galettes faites à partir de pois, d’huile de canola, de haricots mungo et de protéines de riz – pas de soya, pas de gluten ni d’aliments génétiquement modifiés.

M. Brown prenait part hier à une discussion sous le thème « La prochaine révolution agroalimentaire » à la Conférence de Montréal du Forum économique international des Amériques.

Outre les bénéfices pour la santé qu’il relie à ses produits, il croit que si l’eau et les terres agricoles peuvent servir à faire pousser des légumes et d’autres aliments sous forme végétale, la quantité de nourriture destinée à l’alimentation humaine sera exponentielle.

M. Brown soutient – en se fondant sur une étude – qu’une galette végétale nécessite 99 % moins d’eau et 93 % moins de terres arables pour être produite, sans oublier la réduction d’émissions de gaz à effet de serre (GES).

Pour le moment, tout ce maïs est produit, mais on le transforme en le faisant digérer par des animaux, a-t-il illustré. Amenons plutôt cette efficacité, ce maïs directement dans les assiettes, a lancé M. Brown devant une salle composée en bonne partie de gens d’affaires.

Une bonne occasion pour le Canada

Le Canada peut profiter de cette manne, ainsi que ses entreprises, croit-il, citant les provinces du Manitoba et de la Saskatchewan, où les terres agricoles sont vastes.

Il y a tellement de possibilités avec les produits alimentaires utilisés par Beyond Meat, dit-il : les pois jaunes et les graines de moutarde, parmi d’autres. « Vous avez la capacité de les faire pousser en abondance », a lancé l’homme, dont le père, Peter G. Brown, enseigne toujours à la faculté de l’agriculture et des sciences environnementales de l’Université McGill, à Montréal.

Au Canada, la chaîne de restauration rapide A&W offre un hamburger contenant une galette de Beyond Meat, qui est maintenant aussi en vente dans plusieurs épiceries.

Ne voulant pas être en reste, Tim Hortons a commencé la mise à l’essai de trois nouveaux sandwichs-déjeuner Beyond Meat et pourrait les distribuer à l’échelle du Canada d’ici la fin de l’été.

Jeux vidéo

Abonnement et nouvelles franchises pour Ubisoft

Service d’abonnement, deux nouvelles franchises, mode « Création d’histoire » pour Assassin’s Creed Odyssey : Ubisoft a fait flèche de tout bois lundi soir à la grand-messe du jeu vidéo, le E3, qui se déroule cette semaine à Los Angeles.

« C’est un très beau line-up qui a fait sensation… », assure en entrevue Yannis Mallat, PDG des studios canadiens d’Ubisoft.

Sur PC, puis Stadia

Le nouveau service d’abonnement Uplay+, en premier lieu, représente une étape déterminante pour l’entreprise française, dont le plus gros studio se trouve à Montréal. Pour 19,99 $ par mois, les abonnés auront accès à une centaine de jeux, notamment les franchises les plus populaires comme Watch Dogs, Ghost Recon, Rainbow Six, Far Cry et Assassin’s Creed.

Les jeux ne seront offerts au début qu’en version PC et graduellement, à partir de novembre, sur la plateforme de Google, Stadia.

Et les trois consoles ? « On verra par la suite, répond M. Mallat. Ça fait un certain temps qu’on parle de démocratisation du jeu vidéo, de faire tomber les barrières à l’entrée. C’est notre façon à nous de donner accès à nos contenus de façon plus démocratique. » Fait à noter, contrairement aux autres services d’abonnement, les nouveautés et même les versions bêta seront accessibles aux membres.

C’est l’une des raisons qui expliquent le prix relativement élevé d’Uplay+ – alors qu’EA exigera 4,99 $ par mois à partir de juillet, et que Sony et Microsoft ont établi le prix à 11,99 $.

« Nous incluons les nouveaux jeux, ce qui n’est pas négligeable dans une industrie propulsée par la primeur, dit M. Mallat. Et, à Ubisoft, nous disposons d’un catalogue très riche et diversifié qui fait l’envie de beaucoup. »

Un projet désiré

L’autre surprise est venue du studio de Québec d’Ubisoft, chef d’orchestre du dernier épisode d’Assassin’s Creed, Odyssey. En février 2020 sera mise sur le marché une toute nouvelle franchise, Gods & Monsters, monde ouvert inspiré de la mythologie grecque. Le graphisme de cette aventure fantastique est plus artisanal et plus coloré que celui des productions habituelles, si l’on se fie au court extrait dévoilé lundi.

« C’est un jalon très important pour le studio de Québec : c’est la première nouvelle franchise, dit le PDG. C’est un jeu qu’ils avaient envie de créer ; ça change souvent la donne quand on a une équipe passionnée par son sujet. »

L’autre nouvelle franchise, annoncée pour février prochain, Roller Champions, est développée par Ubisoft Montréal. Ce jeu en ligne dans lequel deux équipes de trois joueurs s’affrontent repose sur « un tout nouveau sport », précise M. Mallat. Les joueurs se déplacent en patins à roulettes dans des arènes elliptiques, se font des passes, se plaquent et doivent lancer un ballon dans un anneau lumineux.

Construire son jeu

Enfin, après avoir introduit des éléments d’interactivité dans Assassin’s Creed Odyssey, on a poussé le concept plus loin avec le mode « Créateur d’histoire », disponible pour tous les détenteurs du jeu. Essentiellement, les joueurs pourront créer de nouvelles quêtes, combiner leurs propres dialogues et interagir avec des personnages historiques ou fictifs, ou en créer de nouveaux. « Ça fait longtemps qu’on voulait donner la main aux joueurs pour qu’ils s’approprient les jeux, dans un monde ouvert si abouti, dit M. Mallat. C’est tout un défi technologique que l’équipe du studio de Québec a relevé. »

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