coup d’œil

Grands espaces et vie de quartier à Limoilou

Aperçu de l’état du marché immobilier dans un secteur du Québec

En bordure de la rivière Saint-Charles et à quelques minutes en voiture du Vieux-Québec, le quartier Limoilou poursuit sa grande transformation amorcée il y a plusieurs années. Une revitalisation qui séduit les premiers acheteurs et les jeunes familles.

Il faut avant tout distinguer les trois grands secteurs qui forment Limoilou. « Il y a le bas de Charlesbourg, appelé Lairet, où l’on trouve beaucoup de maisons unifamiliales et d’immeubles à revenus. Le secteur Maizerets qui devient de plus en plus multiethnique, peut-être à cause des prix beaucoup plus bas à la location. Et finalement, le secteur de la 3e Avenue, le Vieux-Limoilou », énumère Jean-Yves Boutin, courtier immobilier chez Re/Max Accès.

C’est ce dernier secteur qui connaît un regain sur le plan du marché de la revente. « On observe une augmentation de 40 % des ventes pour le premier trimestre de 2018 en comparaison avec l’an dernier, calcule le courtier. On attribue cela au fait que les milléniaux accèdent à la propriété en cherchant une qualité de vie de quartier, des commerces aux alentours et des services accessibles à pied. »

De grands projets payants

Pour M. Boutin, deux réalisations pourraient bien avoir un effet majeur et positif pour Limoilou : « Le premier est le projet d’agrandissement du mégahôpital Enfant-Jésus. Le second est la venue du tramway. On sait qu’il y a une ligne de tramway qui traversera Limoilou. À partir du moment où on achète à proximité d’un transport structurant, la plus-value sur nos maisons peut atteindre 30 %. »

Verdure et plein air

Limoilou se démarque par ses nombreux parcs et grands espaces verts, que ce soit le Domaine de Maizerets, le lieu historique national Cartier-Brébeuf ou encore le parc linéaire de la Rivière-Saint-Charles. « Ce dernier est un attrait incroyable. Il faut se rappeler qu’à une certaine époque, la rivière Saint-Charles était ceinturée de murs de béton. Le maire Lallier avait entrepris sur plusieurs années la revitalisation des berges », se réjouit M. Boutin.

L’attrait du plex

Dans Limoilou, le marché pour ce type de propriété est à la faveur des acheteurs. Selon le courtier, on peut trouver de bonnes affaires avec d’intéressantes capacités d’optimisation.

« Il y a des gens qui habitent ici depuis 40 ou 50 ans. Ils veulent partir. Il y a du travail à faire, mais on a des plafonds de neuf pieds, des planchers de bois, etc. Il y a beaucoup de potentiel. »

— Jean-Yves Boutin, courtier immobilier chez Re/Max Accès

Quant au prix, on paie habituellement celui de l’évaluation municipale. « Ça se vend au pair, peut-être 5 % de plus », estime le courtier. Il faut cependant garder en tête que les loyers sont bas. On trouve des cinq-pièces avec chauffage inclus à 750 $ par mois. « C’est la raison par laquelle on va payer un plex 300 000 $ dans le secteur, et non pas 450 000 $ comme à Sainte-Foy », suggère Jean-Yves Boutin.

Si l’on parle beaucoup de jeunes familles qui s’installent à Limoilou, le courtier souligne aussi le retour des baby-boomers dans le quartier : « Ils veulent vivre en ville, achètent des triplex, rénovent et profitent d’une vie de quartier plus animée. »

Une artère dynamique

Si le Vieux-Limoilou a si bonne presse depuis quelques années, c’est sans doute en raison de sa colorée 3e Avenue où se succèdent cafés, bars, restaurants et boutiques. « On est sur une belle lancée. Il y a une belle effervescence », remarque Sébastien Chamberland, directeur général de la SDC 3e Avenue-Limoilou. Selon lui, l’engouement pour le quartier date d’une dizaine d’années. « La Ville a joué un rôle important dans ça et aujourd’hui, les gens veulent se réapproprier leur quartier. Il faut cependant faire attention à la gentrification. Les résidants nous en parlent souvent », prévient M. Chamberland.

En chiffres

58 %

Proportion des ménages de Limoilou ayant un revenu inférieur à 50 000 $. Le taux de chômage en 2016 était de 7 % à Limoilou. Pour la même année, il se chiffrait à 4,6 % pour l’ensemble de la ville de Québec, soit le plus bas au pays.

310 000 $

Prix médian pour un plex de deux à cinq logements, selon le total des quatre derniers trimestres. C’est une baisse de 3 % par rapport à l’an dernier.

1020

Nombre d’inscriptions en vigueur pour le premier trimestre de 2018 comprenant les unifamiliales, les copropriétés et les immeubles de deux à cinq unités, soit 1 % de moins que l’an dernier à pareille date.

5 %

Pourcentage de maisons individuelles sur le territoire de La Cité-Limoilou. L’immobilier du secteur est surtout caractérisé par des immeubles à revenus de moins de cinq étages. Ceux-ci composent 78 % du paysage résidentiel.

Sources : Baromètre de la Fédération des chambres immobilières du Québec par Centris et Recensement de 2016, Statistiques Canada

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