Remixer ma vie

Pascal Allard

Chaque semaine, un musicien parle des chansons qui ont bercé sa vie.
Aujourd’hui

pascal allard

Le cowboy en runnings Pascal Allard s’est fait connaître il y a un an et demi avec la chanson Je voulais marier Renée Martel, qui figurait sur son premier album. L’auteur-compositeur-interprète a lancé un deuxième disque cet automne, sur lequel il continue de distiller son « country de Drummond » avec le sourire en coin.

Une chanson qui te rappelle ton enfance ?

Mon sourire ma limousine de Bobby Hachey

C’est mon premier disque. J’avais 5 ans et c’est là que tout mon amour pour la musique a commencé : à cause du sourire à Bobby. Je voulais devenir Bobby, je trouvais qu’il avait l’air de bonne humeur ! Quand on travaillait à la ferme, des adultes de bonne humeur comme ça, on n’en voyait pas souvent. C’était mon idole, et c’est le plus grand joueur de guitare qu’on a jamais eu au Québec.

Ta chanson préférée de Renée Martel ?

Je vais à Londres

Je sais, c’est cliché comme réponse. Mais c’est à cause de ma grand-mère. Quand j’avais 9 ans, je lui avais demandé pourquoi Renée allait à Londres pour faire du cinéma et non à Hollywood… Ma grand-mère était partie d’un rire ! Et c’est vrai que c’est drôle en calvasse comme question ! Alors chaque fois que j’entends cette chanson, je pense à ma grand-mère. Et je fais aussi cette joke chaque fois en spectacle : une chance que Renée Martel n’est pas allée à Hollywood faire du cinéma, parce qu’on n’aurait jamais entendu parler de Barbra Streisand !

Une chanson qui te fait sourire ?

Wouldn’t It Be Nice des Beach Boys

C’est mon groupe préféré, et cette chanson est fantastique parce qu’elle crée le même effet de génération en génération. C’est dur de créer ça. Ce n’est pas une chanson drôle, c’est seulement qu’elle met de bonne humeur. C’est ça, son génie, avec ses harmonies vocales. L’ironie, c’est que son auteur, Brian Wilson, a probablement eu la vie la plus triste de l’histoire du rock, tout en apportant du bonheur au monde.

La meilleure chanson ver d’oreille ?

Dancing Queen d’Abba

J’admire les chansons vers d’oreille. Par exemple, je capote sur Roxette. Ce sont souvent des chansons bien construites. Dancing Queen, elle est parfaite dans son orchestration et sa construction. C’est une des rares chansons des années 70 qui ne sonnent pas tant années 70 quand on la réécoute. Sinon, il y a aussi I Get Around des Beach Boys. Ça, c’est la souffleuse.

Ta toune country préférée ?

Une autre chambre d’hôtel de Gildor Roy

Je veux battre Une autre chambre d’hôtel. Je veux écrire une chanson qui va marquer autant, avoir autant d’impact. Comme Me and Bobby McGee ou Tennessee Whisky, c’est le genre de chanson que si tu la chantes sans avoir de personnalité, il ne se passe rien. C’est comme les patins à Crosby : t’as beau les chausser, si tu n’as pas de talent, ça ne marchera pas. Une autre chambre d’hôtel, chantée par Gildor Roy, mais aussi par Gaston Mandeville, qui l’a écrite, ça marchait. Mais ce n’est pas tout le monde qui peut chanter ça, qui va avoir le coffre.

Ta chanson feu de camp ?

Le vieux du bas du fleuve de Gaston Mandeville

Toutes les chansons du patrimoine de Drummondville sont chantables autour d’un feu de camp. On fait des chansons que le monde accapare. Gaston Mandeville a fait Le vieux du bas du fleuve, Marcel Martel a fait Un coin du ciel, Renée Martel a fait Un amour qui ne veut pas mourir, Steve Veilleux a fait Embarque ma belle, Simon Proulx a fait Saskatchewan. On fait juste ça, des chansons qui font chanter le monde, et qui racontent les histoires de chez nous. J’accorde une grosse valeur à ça.

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