Amour et sacrifices

L’attaquant des Canadiens a connu un début de carrière difficile avant de s’établir chez les professionnels. Heureusement que Sarah, qui allait devenir sa femme, mais également la mère de ses deux enfants (Ellie et Brysen), était à ses côtés.

Le couple qui fêtera 10 ans de vie commune prochainement s’est remémoré récemment la dernière décennie.

« Nous avons commencé à nous fréquenter à la fin de ma dernière saison junior. Nous nous étions parlé quelques fois et je suis allé la rencontrer au Bop dans le vieux-Hull et il y a eu une connexion », se souvient Paul Byron.

Une première année difficile

Sarah et Paul ont connu une première année difficile ensemble.

Paul, alors repêché par les Sabres de Buffalo, s’est joint aux Pirates de Portland dans la ligue américaine afin de poursuivre son rêve d’évoluer dans la LNH, ce qui a mis un frein à la relation du couple en quelque sorte.

« Notre première année nous nous sommes laissés parce que cette relation à longue distance ne fonctionnait pas tellement bien pour nous. J’étais à Portland à 7 heures de route d’elle et nous avons essayé de nous voir à l’occasion et de nous rencontrer à mi-chemin lors des journées de congé, mais c’était difficile », raconte Byron.

« Nous avons été séparés pour une courte période pour finalement revenir ensemble parce que nous savions que nous étions faits l’un pour l’autre, j’imagine. Par la suite, elle a changé de programme à l’Université d’Ottawa, ce qui lui a permis de venir vivre avec moi quelque temps à Portland, et c’est à ce moment que j’ai su que ça allait fonctionner entre nous deux », renchérit-il.

Pour Sarah, ce début de relation fut parsemé de questionnements.

« À la fin de la première année, ce n’était pas évident. Je me demandais dans quoi je m’embarquais. J’avais 19 ans, je venais de commencer l’université et je ne savais pas vraiment ce que je voulais faire de ma carrière. Lui il était à l’extérieur et je me posais des questions. Je ne savais pas ce que le hockey pouvait nous apporter et si j’étais prête à me séparer de ma famille. C’était vraiment des grosses décisions à prendre donc nous nous sommes laissés pendant deux mois. Par contre quand il est revenu nous étions comme des aimants. C’est à ce moment qu’on s’est dit, on y va all in ! », souligne Sarah.

Peu de temps après, les deux amoureux ont pris la route de l’Ouest canadien à la suite d’une transaction qui envoyait Byron avec les Flames de Calgary.

« Elle avait 21 ans. Elle m’a suivi de l’autre côté du pays. J’ai été rappelé par Calgary alors elle a été laissée à elle-même dans un endroit qu’elle ne connaissait pas, forcée de se faire de nouvelles amies. Elle a certainement fait beaucoup de sacrifices afin que nous soyons réunis en étant loin de sa famille », note Byron.

Réclamé par les Canadiens

À peine quelques semaines après avoir été installé dans leur domicile de l’Alberta, la famille Byron fut une fois de plus confrontée à une situation délicate.

Les Flames de Calgary soumettaient Byron au ballotage.

« La journée qu’il a été soumis au ballottage, je savais à son arrivée à la maison qu’il venait de se passer quelque chose ça se voyait dans son visage. C’est à ce moment qu’il m’a annoncé ce qui venait de se passer », précise Sarah.

« Les 24 heures suivantes, ont été très difficiles émotionnellement jusqu’à ce que j’aperçois sur Twitter l’abréviation MON à côté du nom de Paul. Au début je me posais des questions parce que pour moi Montréal c’est MTL, mais lorsque j’ai compris ce qui venait de se passer je n’en revenais tout simplement pas. Il y a eu des moments où l’on pensait quitter pour la Suisse et là nous étions maintenant à Montréal. Je viens du Québec, je sais ce que les gens pensent des Canadiens alors j’étais vraiment heureuse », raconte Sarah qui est originaire de Gatineau en Outaouais.

« Se marier, avoir des enfants ce sont toutes des journées qui m’ont marqué, mais cette journée-là fera toujours partie du top-5 de ma vie. C’était un rush d’adrénaline », se remémore-t-elle.

Encore une fois, Paul a pu compter sur l’appui de sa femme pour débuter cette nouvelle aventure.

« Nous nous souvenons très bien de cette journée. Nous ne pouvions pas être plus heureux. J’ai fait ma valise et j’ai quitté la journée même cependant, Sarah a dû s’occuper du déménagement avec deux jeunes enfants. Elle a dû vendre tout ce que nous avions, s’occuper de tous les arrangements pour vendre la maison, faire la route pour Ottawa et plusieurs autres choses qu’une seule personne ne peut s’imaginer faire seule et elle l’a fait de brillante façon », explique-t-il.

À Montréal pour y rester

Le 23 septembre dernier, l’attaquant de 29 ans s’est entendu sur un contrat s’échelonnant jusqu’à la saison 2022-2023 avec le Tricolore.

Une stabilité qui est la bienvenue non seulement pour lui, mais pour sa famille également.

« De penser où nous étions il y a 10 ans et où nous sommes présentement, c’est incroyable. C’est fou comment on ne sait pas ce que la vie peut nous apporter. Je suis tellement contente de ce que Paul a fait. Il a toujours travaillé tellement fort et qu’il soit maintenant reconnu pour son travail, je suis vraiment fière de lui. Pour les enfants aussi c’est énorme cette prolongation. Mes enfants débutent l’école, ils se font des amis (es) alors c’est vraiment agréable de pouvoir leur offrir cette expérience-là avec une stabilité » note Sarah.

« Nous avons commencé ensemble avec absolument rien et aujourd’hui nous sommes reconnaissants de ce que la vie nous a donné. C’est donc juste du positif pour les dix prochaines années » renchérit-elle.

Comme quoi le vrai amour peut traverser plusieurs tempêtes.

Un texte d’Olivier Beauregard

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