Indian Wells

Raonic passe en demi-finale

Le Canadien Milos Raonic a atteint les demi-finales à Indian Wells, hier, l’emportant 6-3 et 6-4 devant Miomir Kecmanović, de la Serbie. L’Ontarien est classé 14e au monde, 116 rangs au-dessus de son rival. Raonic a signé 13 as, en route vers un gain en 73 minutes. Il a obtenu les deux bris de la rencontre, en plus d’avoir eu le dessus 35-14 pour les coups gagnants. Raonic a effacé un retard de 3-2 en deuxième manche. Son adversaire en demi-finale sera Dominic Thiem, qui a profité, hier soir, du retrait du Français Gaël Monfils. — La Presse canadienne

Tennis

Un automne salutaire pour Bianca Andreescu

Un vieux cliché dit qu’un pas vers l’arrière peut aider à mieux avancer. C’est un peu ce qu’a cherché à faire Bianca Andreescu à l’automne 2018 après des mois de contraintes, physiques et autres. L’année 2019 et sa carrière ne font que commencer, mais à l’heure actuelle, peu de joueuses sur le circuit de tennis féminin attirent autant l’attention que la Canadienne de 18 ans.

Cette attention s’est décuplée mercredi après-midi lorsqu’elle a corrigé l’Espagnole Garbiñe Muguruza, 20e au monde et gagnante de deux tournois du Grand Chelem, en 52 minutes (6-0 et 6-1) en quarts de finale du tournoi d’Indian Wells.

Muguruza a dû patienter pendant 40 minutes pour gagner son seul jeu du match – le quatrième de la deuxième manche –, et si l’Espagnole pensait alors que sa jeune adversaire allait flancher, ce fut loin d’être le cas. Deux visites de l’entraîneur de Muguruza durant le match n’ont d’ailleurs pas permis de freiner le rouleau compresseur qui se trouvait de l’autre côté du filet.

Après sa défaite, Muguruza a rendu hommage à Andreescu en affirmant que chaque fois qu’elle avait essayé quelque chose de différent, la Canadienne avait réagi en effectuant de meilleurs coups encore.

« C’est sûr que le niveau de tennis qu’elle a offert n’est pas étranger au fait que Muguruza a connu un match décevant », a affirmé son entraîneur Sylvain Bruneau lors d’une entrevue téléphonique avec La Presse canadienne, mercredi soir.

« Dans l’ensemble, Bianca a un jeu qui peut être un peu différent de la plupart des joueuses. Elle est capable de faire beaucoup de choses avec la balle, elle peut apporter beaucoup de variations, qui poussent parfois ses rivales à perdre leur rythme un peu, à faire des fautes inhabituelles. »

— Sylvain Bruneau, entraîneur de Bianca Andreescu

« C’est une chose, au tennis, de jouer sur une portion du match, une petite, une grande ou une moyenne et de maintenir, et c’est une chose de le maintenir du début à la fin avec très peu de failles. Et c’est ce qu’elle a fait [mercredi] », a enchaîné Bruneau.

Après cette 26e victoire en 29 matchs depuis le début de 2019, Andreescu a obtenu son billet pour la demi-finale, aujourd’hui, où elle affrontera une autre grande pointure en Elina Svitolina, une Ukrainienne qui se classe au sixième rang sur l’échiquier du tennis féminin.

Même si elle devait s’incliner contre Svitolina, Andreescu sera assurée d’occuper, au pire, le 38e rang du classement de la WTA lundi. Il s’agirait alors d’un bond de 22 positions par rapport à son classement au début de la semaine.

Ascension spectaculaire

Mais aussi impressionnante soit-elle, l’ascension d’Andreescu est encore plus spectaculaire si l’on remonte jusqu’à mars 2018, et même à octobre dernier. À la mi-mars, Andreescu se classait 196e et sept mois plus tard, elle était encore plus loin du sommet, ayant glissé jusqu’en 242e position.

C’est là que Bruneau et Andreescu ont convenu d’adopter une nouvelle stratégie.

« Elle a eu une blessure à l’été, elle a manqué Montréal, elle a manqué Québec, elle a manqué Vancouver, elle a manqué beaucoup de tournois. Et pendant une bonne portion de l’année, jusqu’en juin, elle était aussi sous la règle de la WTA à cause de son âge, et elle ne pouvait pas jouer autant de tournois qu’on le souhaitait », a d’abord expliqué Bruneau.

« À l’automne, on a donc pris la décision de lui faire jouer de plus petits tournois, d’essayer de jouer beaucoup de matchs, et ç’a fonctionné. Je pense qu’elle a joué 21 matchs, en a gagné 18, et là, quelque chose a commencé. »

— Sylvain Bruneau, entraîneur de Bianca Andreescu

« Le potentiel de Bianca était là avant ça, mais là, il y a eu un petit déclic au niveau de la confiance. On a pu mettre en application des choses qui auraient peut-être été plus difficiles à faire sur de grandes scènes contre des joueuses haut classées. »

Cette décision a permis à Andreescu de grimper jusqu’au 152e rang à la fin de décembre 2018. Une semaine plus tard, grâce à une participation à la finale du tournoi d’Auckland, en Nouvelle-Zélande, Andreescu se hissait en 107e place.

« Je mentirais si je disais que je savais qu’elle ferait la finale à Auckland, qu’elle battrait [Caroline] Wozniacki, Venus Williams et ainsi de suite. Mais je savais qu’on était vraiment dans la bonne direction et que c’était une question de temps avant qu’elle arrive dans les tournois de la WTA et qu’elle ait vraiment des résultats. C’est arrivé un petit peu plus vite que ce que j’anticipais, mais je savais que ça arriverait. »

Reste que Bruneau veut aussi garder les deux pieds sur terre, car le passé regorge de jeunes joueurs de tennis qui n’ont pu maintenir la cadence après des débuts éclatants.

« Elle fait une arrivée rapide, très remarquée, mais je dois admettre qu’on essaie, Bianca la première et c’est ce qui est important, de rester bien groundé. Il faut éviter de s’emballer. Il faut y aller au jour le jour. Ce que je peux dire, c’est qu’elle a un très, très haut potentiel.

« Elle a le potentiel pour faire de grandes choses dans le tennis féminin. Elle a fait une démonstration récemment de son talent, de son tennis, de ses capacités. Mais ce n’est que le début. Ce n’est que le début de sa carrière. Il faut encore bien faire les choses. »

L’autre duel du carré d’as opposera la Suissesse Belinda Bencic, qui a disposé de la Tchèque Karolína Plíšková, à l’Allemande Angelique Kerber, victorieuse de son duel contre l’Américaine Venus Williams.

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