Critique resto

Des falafels dans le Mile End

Pour un repas végétarien savoureux sur le pouce

Par une belle soirée ou pour un lunch ensoleillé, prendre une bouchée au restaurant est toujours une fête en été. Nos critiques mettent à l’essai des adresses de sorties estivales, pour manger sur place ou pour emporter au parc.

Le Mile End est un des quartiers traditionnels de la communauté juive montréalaise. Côté cuisine, il est toutefois plus connu pour ses classiques venus d’Europe de l’Est – en commençant, bien évidemment, par les bagels – que pour les plats traditionnels israéliens. Yoni Amir, un homme d’affaires originaire de ce pays ensoleillé du Proche-Orient et résidant du Mile End – sa sœur Sefi est l’une des copropriétaires du Lawrence, devenu une institution du quartier – et son ami Daniel Maislin, ancien chef de Rib’N Reef et des Satay Brothers, ont vu cette niche et décidé de combler ce vide en créant rue Saint-Viateur, pas loin de là où Mordecai Richler campait jadis ses personnages, un vrai comptoir à falafels.

Ici, ne cherchez pas autre chose.

Il y a du houmous, des sabich – un sandwich typiquement israélien vendu aussi en restauration rapide, farci d’aubergines frites et d’œuf cuit dur –, il y a aussi de la salade, mais pas mal partout, tôt ou tard, on croise dans ces plats les fameuses petites boules de pois chiches frites. Lesdits falafels.

La caractéristique de ceux de Yoni ? « Ils sont vraiment préparés à la minute », m’a répondu le chef Maislin quand je lui ai posé la question.

Et ça paraît.

Les boulettes sont légères, délicatement croustillantes, juste assez relevées, mais surtout aussi bien moelleuses en bouche, et cela n’est possible que si elles sont mangées dans les minutes qui suivent leur sortie de la friture. 

Une fois qu’elles sont refroidies, la magie est passée… Ceux qui lisent ces chroniques depuis 16 ans le savent : je ne suis pas une fan de tout ce qui est frit, à moins que ce soit, justement, cuit, servi et mangé quasi instantanément. Qu’on parle de pommes de terre ou de calmars, de tempura ou de churros, le défi est le même. Dans le cas de ces falafels, il est relevé haut la main.

Comment les sert-on ?

On peut les avaler dans un sandwich préparé avec du pain pita bien frais, alors combiné avec de la sauce au tahini et au yaourt, et des crudités en commençant par une montagne de chou rouge croustillant haché.

On peut aussi les choisir en version salade où ils sont déposés sur une vaste quantité de laitue frisée bien verte, à peine un peu amère, du chou rouge encore et une brunoise de tomates et de concombre, comme dans le sandwich – cette salade pourrait être un peu plus salée d’ailleurs, je l’ai trouvée un tantinet fade –, le tout dans cette sauce au sésame et au yaourt nature, à la fois acide et crémeuse.

Les falafels sont aussi proposés dans l’assiette de houmous, cette fois avec des cornichons et des poivrons marinés piquants. Si on le veut, on peut d’ailleurs avoir une version relevée du sandwich.

Pour le sabich, on utilise là encore du pita, qu’on remplit d’œuf dur, de sauce au cumin, d’aubergine frite croustillante… Ça coule sur les doigts, c’est frais, crémeux, nourrissant. Une belle découverte d’un plat de tous les jours au Proche-Orient qu’on connaît peu ici.

Pour le dessert, la solution est simple : on propose uniquement les boules de chocolat au tahini, enrobées de toutes sortes de garnitures sympathiques : des nonpareilles, des graines de sésame, de la noix de coco râpée… Nourrissantes, pas trop sucrées, pas compliquées, ces truffes orientales sont de texture costaude, mais petites, chouettes et originales comme tout le reste du repas.

Notre verdict

Prix : Sandwich aux falafels 8 $, demi-sandwich 5 $, salade aux falafels 10 $, sabich 9 $, assiette au houmous 10 $.

Carte des vins : Il n’y en a pas. Ici, on boit des boissons gazeuses naturelles ou de la limonade maison à la menthe.

Service : Beaucoup de super efforts pour servir en français, des sourires partout et un service au comptoir assez rapide.

Décor : L’aménagement plutôt minimaliste, mais résolument moderne et allumé, sorte de version 2018 du comptoir de fast-food de jadis, avec néons et banquette, est signé David Dworkind, à qui on doit aussi, entre autres, Le Super Qualité et les cafés Dispatch. On aime les caissons lumineux en bois, le lavabo au milieu du resto pour se laver les mains après un sandwich plein de sauce…

Plus : Cuisine rapide pas chère, préparée avec des produits frais et très savoureuse.

Moins : Menu très court.

On y retourne ? Absolument, oui.

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