Plein air

Des jumelles pour se rapprocher de l’action

La kayakiste aperçoit au loin deux bestioles sombres à la surface de l’eau. Des castors ? Des rats musqués ? Des visons ? Elle saisit ses jumelles, fait le foyer… Chouette, des loutres ! Elle continue à scruter le secteur : oh, il y en a une troisième sur un rocher, de plus grande taille, en train de croquer joyeusement un gros poisson. Serait-ce une maman avec ses deux ados ?

Apporter des jumelles en plein air, ça peut permettre d’observer des choses qui passeraient sinon inaperçues. Encore faut-il avoir les bonnes jumelles pour la bonne situation. « Quand quelqu’un vient acheter des jumelles, je pose un paquet de questions, déclare Steve Beaulieu, gérant du département d’orientation du magasin SAIL de Brossard. Je vais demander s’il voyage, s’il veut observer des oiseaux, s’il fait de la chasse. »

Le budget disponible entre aussi en jeu. « Nous avons toute une brochette de prix, de 20 $ à 1500 $. »

Des jumelles volumineuses ne seront pas nécessairement meilleures que des jumelles de moindre taille. « Mais ça aide », laisse tomber M. Beaulieu.

Les jumelles sont dotées d’une série de chiffres qui décrivent le grossissement et la taille des lentilles. Ainsi, lorsqu’on indique 8 x 25, on parle d’un facteur de grossissement de 8 et d’un diamètre de lentilles de 25 mm. Plus les lentilles sont grandes, plus la luminosité est grande, mais plus elles risquent d’être lourdes et encombrantes. Tout dépend évidemment de la qualité : de petites jumelles légères très haut de gamme peuvent être aussi lumineuses que de grosses jumelles bas de gamme.

Steve Beaulieu note que les gens qui voyagent beaucoup veulent souvent réduire le poids au maximum.

« Nikon et Vortex font des jumelles assez compactes qui sont très lumineuses parce que le verre des lentilles est de très bonne qualité. Il subit un traitement qui permet de laisser passer plus de lumière. »

— Steve Beaulieu, gérant du département d’orientation du magasin SAIL de Brossard

Par contre, si on n’est pas prêt à payer un tel prix, « mieux vaut s’encombrer d’un peu plus de poids si on veut voir plus clair », lance M. Beaulieu.

pour observer les oiseaux

Comme l’observation se fait souvent dans des endroits plus sombres, comme les sous-bois, au petit matin ou en fin de journée, il est important d’avoir des lentilles qui laissent bien passer la lumière. « L’observateur d’oiseaux doit s’accommoder de jumelles plus lourdes. Nous vendons des harnais qui permettent de bien répartir le poids. Comme ils sont très minces, ils peuvent se porter avec un sac à dos. »

Généralement, il conseille des jumelles 8 x 42. Le diamètre des lentilles est assez important, il laisse donc passer beaucoup de lumière. Le grossissement n’est pas excessif, il est donc possible de suivre l’oiseau lorsqu’il se déplace. Lorsque le grossissement est trop élevé, un léger déplacement de la jumelle se traduit par un gros bond sur l’image. Il est alors facile de perdre le sujet.

Lorsque l’oiseau décide enfin de rester tranquille, les observateurs d’oiseaux passent aux choses sérieuses et installent un télescope terrestre doté d’un facteur de grossissement de 20 à 60 et d’un objectif de 60 à 80 mm de diamètre. Évidemment, avec un tel facteur de grossissement, il est nécessaire d’utiliser un trépied.

« Les observateurs veulent voir l’oiseau de près. Ils veulent compter le nombre de plumes bleues et le nombre de plumes rouges pour bien l’identifier. »

— Steve Beaulieu

Pour les chasseurs et les kayakistes

Les chasseurs doivent également bien identifier leur proie. Par exemple, dans certaines zones de chasse, ils doivent être en mesure de compter les pointes des bois des chevreuils afin de savoir s’il est légal de les chasser. Les chasseurs doivent également vérifier si le dindon sauvage qu’ils convoitent a de la barbe : seuls les dindons barbus peuvent atterrir dans la marmite. « La plupart du temps, on parle de jumelles 10 x 42 », note M. Beaulieu.

Les amateurs de sports nautiques ont d’autres préoccupations.

« La plupart des jumelles de bonne qualité sont étanches jusqu’à une certaine profondeur, indique M. Beaulieu. Le kayakiste a une veste de sauvetage : il ne peut donc pas couler trop loin. La plupart des jumelles vont résister à ça. »

Les kayakistes peuvent aussi acheter un casier étanche pour transporter les jumelles. Ou encore, ils feront l’acquisition de jumelles très compactes pour les glisser dans une poche de leur veste de sauvetage, comme des jumelles 8 x 21 ou 8 x 25.

Les jumelles marines spécialisées sont souvent dotées d’un stabilisateur : lorsqu’il y a de la houle, ça permet d’avoir une image plus stable. Et de prévenir le mal de mer…

Si certaines marques sont plutôt haut de gamme, comme Zeiss, d’autres se situent plutôt dans le milieu de gamme, comme Nikon, Vortex et Pentax. D’autres encore vont du bas au milieu de gamme, comme Bushnell.

Pour le très haut de gamme, il faut se tourner vers les boutiques spécialisées et regarder du côté de Swarovksi, qui utilise du cristal plutôt que du verre pour ses lentilles. Ses jumelles El O-Range, par exemple, se détaillent à partir de 4400 $. À chacun de voir si trois loutres justifient cette petite fortune.

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