Musique

Reprise, quand tu nous tiens

En musique, les vrais artistes savent imprégner de leur personnalité unique les chansons qu’ils interprètent. Les meilleures reprises naissent souvent de l’audace de créateurs qui n’hésitent pas à changer le rythme d’une chanson pour transformer la version originale. Le résultat s’avère parfois surprenant, envoûtant ou tout simplement déroutant, mais chatouille toujours notre curiosité.

En voici quelques exemples triés sur le volet, pour le plaisir de vos oreilles : 

SOS

Originale : ABBA (1975)

Véritable pépinière de hits sucrés, la formation suédoise est fidèle à elle-même avec cette chanson joyeuse, censée exprimer la détresse des amours perdues.

Reprise : Portishead (2015)

Deux styles, deux univers. La mythique Beth Gibbons et le groupe Portishead proposent une tout autre atmosphère avec cette version électro sombre à souhait.

I Will Survive

Originale : Gloria Gaynor (1978)

Lancée à l’apogée de la culture disco, cette bombe d’énergie continue aujourd’hui de faire les beaux jours des planchers de danse ou de lancer la fête dans les soirées entre amis.

Reprise : Cake (1996)

Sur son deuxième album, Fashion Nugget, le groupe alternatif californien Cake surprend ses fans au détour avec cette version funk rock bien ficelée qui nous invite à bouger d’une autre façon.

Le p’tit bonheur

Originale : Félix Leclerc (1951)

Probablement le titre le plus connu du poète de l’île d’Orléans, Le p’tit bonheur marque les véritables débuts de la chanson moderne au Québec. Un classique parmi les classiques.

Reprise : Groovy Aardvark (1996)

L’un des groupes phares de la scène alternative québécoise a eu l’idée géniale de cette reprise énergique à saveur hard rock, flirtant avec le heavy métal. Aucune dérision ici; on sent le respect, et le public l’a bien compris en l’adoptant massivement.

Satisfaction

Originale : The Rolling Stones (1965)

Basé sur l’un des riffs de guitare les plus célèbres de tous les temps, ce succès hors normes est l’un des fers de lance de la révolution rock. Toujours aussi irrésistible.

Reprise : Devo (1978)

Iconoclaste et subversif, le groupe de l’Ohio rejette les diktats du rock et saute à pieds joints dans l’ère new wave en déconstruisant avec brio le chef d’œuvre des Stones.

One

Originale : U2 (1991)

Cette puissante ballade rock sur les amours torturées, parue sur l’album Achtung Baby, est sans contredit l’une des plus belles chansons du célèbre groupe de Dublin.

Reprise : Johnny Cash (2000)

À l’âge vénérable de 68 ans, la légende country magnifie le texte et applique son empreinte immédiatement reconnaissable sur ce bijou de version guitare-voix.

La vie en rose

Originale : Édith Piaf (1947)

Qui ne connaît pas cette chanson emblématique de la culture française et des amours parisiennes ? Le texte est de Piaf, qui signe aussi la musique, malgré ce qu’indiquent les crédits officiels.

Reprise : Grace Jones (1977)

Quarante ans plus tard, la grande chanteuse jamaïcaine lui greffe un rythme bossa-nova et sa voix unique pour en faire de nouveau un succès international.

Ne me quitte pas

Originale : Jacques Brel (1959)

La complainte d’un amour éperdu, comme seul Brel en avait la recette. Triste et mélancolique à souhait, elle demeure un chef-d’œuvre du genre.

Reprise : Yuri Buenaventura (1996)

Évacuant le côté dramatique du texte, le chanteur colombien y applique une salsa bien vitaminée pour le propulser avec un élan irrésistible. Impossible de rester immobile à l’écoute de ces salves de cuivres endiablées.

So Lonely

Originale : The Police (1978)

Dès son premier album, le trio britannique annonce ses couleurs avec un mélange d’énergie punk et de rythmes évoquant le reggae. Les planchers de danse prennent une nouvelle direction.

Reprise : Until The Ribbon Breaks (2015)

Cette formation du pays de Galles réinvente le classique de The Police en le passant dans son filtre électro futuriste à saveur R & B, au point où l’on doit tendre l’oreille pour le reconnaître. Du beau travail d’alchimiste.

The Mosquito

Originale : The Doors (1972)

Non, Jim Morrison, décédé en 1971, n’est pas revenu de l’au-delà ou d’une cachette sur une île du Pacifique… Cette étrange chanson, tirée du deuxième album sans le regretté chanteur, s’est tout de même avérée la plus populaire de cette période peu glorieuse des Doors.

Reprise : Joe Dassin (1972)

Flairant la bonne affaire, le chanteur français lance cette adaptation française, nettement plus gentille et moins psychédélique, quelques mois plus tard.

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