Chronique

Comment résister au zoo des mal-aimés ?

Aucune émission ne résiste au rouleau compresseur de District 31 à Radio-Canada, qui aplatit toute forme de compétition dans sa case horaire de 19 h depuis deux ans et demi.

Lundi soir, logée directement contre les sergents-détectives du poste 31 de Radio-Canada, une docuréalité charmante et sans prétention de TVA a chatouillé la barre du million – 965 000 téléspectateurs, pour être précis – avec sa distribution composée de Tony le babouin aveugle et de Buddy l’ours noir à trois pattes.

Il s’agit d’Un zoo pas comme les autres, qui s’apprête à devenir la production cendrillon de l’hiver. C’est mignon, touchant et vraiment attendrissant. On s’attache instantanément à Émilie Ferland et Clifford Miller, le jeune couple propriétaire du Miller Zoo de Frampton, en Beauce, où la série a été tournée de mai à octobre.

Comme le titre l’indique, Émilie et Clifford exploitent un sanctuaire qui recueille des animaux en fin de vie (sortez les mouchoirs, ça presse) ou trop laids pour être montrés dans un vrai zoo commercial. Bref, c’est un refuge pour bêtes mal-aimées, blessées ou maltraitées. Oui, c’est ici que nous poussons tous collectivement un gros : honnnn !

Et les dévoués Émilie et Clifford aiment tellement leurs 183 pensionnaires qu’ils habitent eux-mêmes en plein cœur de leur joli zoo, où vivent également des loups, un lion, une tigresse et des tortues.

Honnêtement, c’est impossible de détester Un zoo pas comme les autres, à moins de ne pas avoir de cœur.

Voici une émission mignonne mettant en vedette deux personnes qui consacrent leur vie à soigner des animaux malades et à s’occuper d’eux comme s’il s’agissait de leurs propres enfants.

« C’est dur de leur tirer des roches », dit en rigolant le réalisateur et auteur d’Un zoo pas comme les autres, Simon Sachel.

Le nom de Simon Sachel vous sonne probablement une cloche. C’est lui qui a été derrière les docuréalités Barmaids, Beachclub, Célibataires et nus, Les Kult et 281 : Les dieux de la scène. Avec Un zoo pas comme les autres, Simon Sachel change complètement de faune et de créatures de cirque, mettons.

Personne n’avait vu venir le succès rapide d’Un zoo pas comme les autres, qui comporte 12 épisodes de 30 minutes. « C’est une émission feel good. Émilie et Clifford sont très attachants. Nous n’avons pas essayé de modifier leur niveau de langage », explique Simon Sachel.

En cette ère où les chaînes de télévision cherchent à éviter les controverses à tout prix, les émissions d’animaux arrivent à la rescousse avec leur contenu familial, sympathique et dépouillé de contenu litigieux. Autres exemples ? Refuge animal de TVA a remporté un franc succès, tout comme Les poilus à Radio-Canada. C’est une extension du phénomène des vidéos de chat sur Facebook, finalement. C’est dur de résister.

Si TVA renouvelle Un zoo pas comme les autres pour un deuxième chapitre, les producteurs chez Datsit souhaiteraient tourner à partir du mois de mars, ce qui correspond à la période des naissances au Miller Zoo. Imaginez maintenant plein de petits bébés animaux nourris au biberon. C’est ici que nous poussons un autre : « Honnnn, c’est trop cute » !

Le chiffrier du mardi

Comme les lundis, les mardis télévisuels de l’hiver contiennent une quantité impressionnante d’émissions de qualité. Ça se calme un peu les mercredis et jeudis, notamment parce que TVA et Radio-Canada rediffusent des contenus « exclusifs » à leurs plateformes numériques, comme la première saison de Victor Lessard (Club illico) et Cheval-Serpent 2 (Extra de Tou.TV).

Mardi soir, la première diffusion de 5Rang à Radio-Canada a intéressé 635 000 personnes, ce qui place ce nouveau téléroman derrière L’heure bleue de TVA (826 000). À 20 h, ça demeure serré entre Unité 9 de Radio-Canada (1 035 000) et O’ de TVA (878 000). La facture (721 000) et Le tricheur (944 000) ont bien tiré bien leur épingle du jeu.

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