Amnistie internationale

L’Égypte accusée d’emprisonner des dissidents « indéfiniment »

Amnistie internationale a accusé hier l’Égypte de maintenir des dissidents en prison « indéfiniment », en les replaçant en détention de manière « arbitraire » malgré des décisions de justice en faveur de leur libération. Dans un communiqué, l’ONG reproche au parquet de la Sûreté d’État de « contourner » les décisions judiciaires de libération de prisonniers « en les emprisonnant dans [le cadre] de nouvelles affaires fondées sur des accusations fabriquées, dans le but de les maintenir derrière les barreaux indéfiniment ». Toutes ces personnes ont « été emprisonnées conformément aux décisions judiciaires prises par le ministère public et les tribunaux », a déclaré une source sécuritaire. Le maintien en « détention provisoire » est justifié par des « nécessités judiciaires », a-t-elle ajouté. Amnistie internationale a assuré avoir documenté cinq cas reflétant ce « subterfuge délibéré visant à prolonger leur détention ». Parmi ces cas figure celui de la fille du célèbre prédicateur égyptien islamiste installé au Qatar Youssef al-Qaradawi, Ola al-Qaradawi, emprisonnée depuis 2017 pour « appartenance à un groupe terroriste », selon l’ONG.

— Agence France-Presse

Réseaux sociaux

Twitter s’attaque aux propos haineux liés à la religion

Twitter filtre depuis mardi les propos haineux liés à la religion publiés sur sa plateforme, tentant ainsi d’élargir sa lutte contre les messages malveillants diffusés sur le réseau social. Dans un document publié sur le blogue de l’entreprise, Twitter a indiqué qu’il allait faire disparaître les tweets qui « déshumanisent les personnes sur la base de leur religion », lorsque ces messages lui auront été signalés. Le groupe précise que les tweets publiés avant mardi et signalés seront également supprimés, mais ne seront pas assortis d’une suspension de compte, ayant été publiés avant le durcissement de ces règles. Twitter ne précise en revanche pas dans son blogue si les tweets publiés après le durcissement des règles seront, eux, accompagnés d’une suspension du compte à l’origine du message incriminé. Pour illustrer sa décision, le réseau social donne des exemples de propos qu’il estime déshumanisants à l’encontre d’une religion, tels que « dégoûtant » ou « animaux crasseux ».

— Agence France-Presse

France

121

En 2018, 121 femmes ont été tuées en France par leur conjoint ou ex-conjoint, soit une tous les trois jours, selon des données communiquées hier par la délégation aux victimes, qui relève du ministère de l’Intérieur. Ce nombre, qui comprend les couples officiels (maris, conjoints, etc.) ou non (amants, relations épisodiques), est en légère baisse par rapport aux 130 féminicides recensés en 2017. Le gouvernement a annoncé dimanche la tenue à la rentrée d’une grande consultation sur les violences conjugales, afin d’enrayer ce fléau, en promettant des mesures « concrètes ». Un collectif féministe a déjà recensé 76 féminicides depuis le 1er janvier, ce qui accrédite l’hypothèse d’une tendance repartant nettement à la hausse. Le nombre d’hommes tués au sein du couple a aussi augmenté entre 2017 et 2018, passant de 21 à 28. 

— Agence France-Presse

États-Unis

Inondations et menace d’ouragan à La Nouvelle-Orléans

La ville de La Nouvelle-Orléans se préparait hier à recevoir la première grosse tempête tropicale de la saison, qui pourrait se transformer en ouragan demain et qui a incité le gouverneur de Louisiane à décréter l’état d’urgence. « Il est trop tôt pour dire quel sera l’impact, mais nous pensons qu’il y aura un impact », a déclaré LaToya Cantrell, mairesse de la ville qui est en partie située en dessous du niveau de la mer. « Soyez prêts », a-t-elle ajouté à l’adresse de ses administrés, rappelant que la ville avait reçu par endroits un peu plus de 20 cm de pluie en à peine trois heures. Et « il y a encore de la pluie en réserve pour La Nouvelle-Orléans », a-t-elle prévenu. Le Centre national des ouragans (NHC), qui avait placé dans la matinée une partie de la Louisiane en veille d’inondations et de submersions côtières, y compris l’embouchure du Mississippi, a annoncé une « surveillance ouragan ». Si la tempête se transformait en ouragan comme anticipé d’ici ce week-end, ce serait le premier de la saison dans l’Atlantique et il s’appellerait Barry

— Agence France-Presse

Climat

À Montréal comme à Cincinnati en 2050

En 2050, le climat à Montréal ressemblera à celui de Cincinnati aujourd’hui. Stockholm sera comme Budapest, Londres comme Madrid et Paris comme Canberra, selon une analyse publiée hier qui repose sur le scénario de réchauffement le plus optimiste.

Les changements seront encore plus radicaux pour les régions tropicales, où les grandes villes Kuala Lumpur, Jakarta et Singapour subiront de plus en plus d’événements météorologiques extrêmes, selon cette étude publiée par la revue scientifique PLOS One et menée par des chercheurs de l’École polytechnique fédérale de Zurich (ETH).

Ils ont étudié le climat de 520 grandes villes du monde en fonction de 19 variables, dont la température et les précipitations.

Pour ces estimations, les scientifiques ont utilisé des modèles volontairement optimistes, en ce qu’ils supposent que les émissions de dioxyde de carbone se stabiliseront d’ici le milieu du siècle, de façon à limiter la hausse de la température moyenne du globe à 1,4 °C par rapport à la période préindustrielle (le monde en est à environ + 1 °C).

L’équipe a ensuite comparé les Paris, Londres ou Stockholm du futur aux villes actuelles, dans le but de rendre plus tangibles les changements à venir.

Changements « frappants »

Les villes de l’hémisphère Nord ressembleront en 2050, en termes climatiques, à celles d’aujourd’hui qui se trouvent 1000 km au sud.

Celles qui se trouvent à l’équateur ne subiront pas de réchauffement majeur. En revanche, elles auront plus de sécheresses et de pluies.

Les auteurs de l’étude concluent que 77 % des villes de la planète verront leur climat changer de façon « frappante », tandis que le reste devra composer avec des conditions « nouvelles ».

L’Europe aura des étés et des hivers plus chauds de 3,5 °C et 4,7 °C, respectivement, en moyenne.

L’un des auteurs, Jean-François Bastin, est de nationalité belge. Il a dit à l’AFP qu’il n’était pas certain qu’en 2060 son pays verrait encore le mercure passer sous zéro, une condition nécessaire à l’activation des semences de blé.

« L’objectif de l’article est de faire comprendre à tout le monde les conséquences des changements climatiques », a-t-il dit.

— D’après l’AFP et La Presse

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