Mon clin d’œil

Finalement, la paille dans l’œil du voisin était plus grave que la poutre dans le sien.

Courrier

Les textes du week-end dernier sur la controverse du spectacle SLĀV ont suscité de nombreux commentaires. En voici quelques-uns.

Une minorité qui prend de plus en plus de place

Qu’on le veuille ou non, tant ici qu’aux États-Unis, les manifestations pour empêcher la libre expression dans la culture, la politique, les établissements scolaires et autres sont initiées le plus souvent par des mouvements qualifiés de gauche. Pas besoin de statistiques pour le constater, il suffit de lire les médias jour après jour pour s’en convaincre. Ils sont une minorité, mais ils prennent de plus en plus de place et personne n’ose les affronter.

— Jacques Dumais

Le rayonnement des Belles-sœurs

Si Les belles-sœurs ne devaient être interprétées que par des Québécoises de souche, cette pièce et son auteur Michel Tremblay n’auraient jamais eu le rayonnement international que l’on connaît…

— Daniel Dõ, acteur, animateur et consultant en événementiel

Du Shakespeare joué par des Autochtones

J’ai vu à Ottawa, au Centre national des arts, une pièce de Shakespeare jouée par des Autochtones. Personne n’a parlé d’appropriation de la culture britannique. On a tous applaudi le jeu des comédiens et adoré le roi Lear. Sans scandale !

— Hélène Poitras, Essipit

La liberté de l’un s’achève à la rencontre de celle de l’autre

« L’art ne devrait jamais être corseté dans la morale du jour. » Cette phrase écrite dans l’éditorial de Paul Journet en dit long sur la tendance actuelle à tout passer au crible dans le but de trouver des failles, et pas seulement dans les arts. La recherche de la reconnaissance dérape trop souvent et mène à la critique à tort et à travers. N’oublions jamais que la liberté de l’un s’achève à la rencontre de celle de l’autre.

— Nicole Lavoie

Toutes les précautions n'ont pas été prises

Mme Gagnon, vous avez su dire exactement ce que je pense depuis le début. Difficile de croire qu’en 2018, un créateur aussi expérimenté que Robert Lepage n’ait pas pris toutes les précautions nécessaires pour que ce magnifique projet soit protégé de toutes les sphères. Voyons donc, même un enfant pourrait comprendre la réaction des Noirs. Comme vous le dites, soyons sensibles et non revendicatifs de la liberté d’expression.

— Line Gadbois

La censure, voilà où est le problème

Bon texte, Mme Gagnon. Le problème n’est pas que l’on critique, désapprouve ou déprécie une œuvre, une pièce ou une conférence. Le problème, c’est quand on censure, menace ou intimide ceux qui expriment une idée avec laquelle l’on n’est pas d’accord.

— Bruno Laplante

Une crédibilité perdue

Nous n’avons pas besoin, au Québec, d’extrémistes hurleurs. Qu’ils aillent manifester chez nos voisins. À ce compte, la moitié des spectacles du Festival de jazz auraient dû être annulés puisqu’il s’agit de blues, jazz ou gospel, musiques issues de la « race music » américaine. En traitant quelqu’un de raciste alors que cette personne dénonce justement le racisme, ces extrémistes ont manqué une bonne occasion de se taire et ont perdu toute crédibilité. Aurait-il fallu traiter de la même façon tous les hommes qui ont pris parti pour les femmes agressées sexuellement en prétextant qu’ils ne sont pas des femmes ? Voyons donc… il faut réfléchir avant de gueuler. Par ailleurs, je peux comprendre les gens qui ne se retrouvent pas bien représentés. Mais encore faut-il avoir suffisamment d’acteurs ou dans ce cas-ci d’actrices pour les représenter. De toute façon, à lire les commentaires, ce n’était pas une pièce qui dénonçait l’esclavagisme noir, mais toute forme d’esclavagisme. Il faut arrêter de tirer sur le messager.

— Sylvie Cloutier, Val-Morin

Propriétaire d'une histoire à 50 %

Nous sommes toujours propriétaires de 50 % d’une histoire que nous avons contribué à écrire. En ce sens, nous conservons le droit d’en parler. Mon ancêtre était soldat dans le régiment de Carignan et je n’ose penser aux horreurs auxquelles il a participé. Mais est-ce que ce fait me rend personnellement responsable de génocide ? Est-ce que je devrais m’abstenir de discuter des questions autochtones pour cette raison ? Je ne crois pas. C’est aussi mon histoire à 50 %.

— Daniel Bordeleau

Un manque de rigueur

Betty Bonifassi et Robert Lepage ont manqué de rigueur dans ce spectacle. Ils n’ont retenu que la dimension chant et musique sans mettre en contexte la réalité de l’époque, soit la suprématie blanche raciste qui a conduit à l’esclavagisme. Quand on parle de la Shoah, par exemple, on l’associe immédiatement au système nazi fasciste. C’est ce qui manque terriblement dans le spectacle SLĀV, sans compter le peu d’acteurs noirs. C’est comme si Robert Lepage avait raté un rendez-vous avec l’histoire. C’était une occasion unique de parler de l’esclavage, surtout en 2018, année de tous les bouleversements. Est-ce que Luc Picard pourrait jouer Martin Luther King juste parce que c’est un excellent acteur ? Je pose la question.

— Fatiha Hammoudi

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