Environnement

À la poursuite des voyous de l'ozone

Des pays de l’Asie de l’Est trichent avec le Protocole de Montréal et produisent depuis quelques années des CFC, les chlorofluorocarbones, qui détruisent la couche d’ozone. Les chercheurs qui ont découvert la menace veulent maintenant démasquer les coupables.

Protocole de Montréal

Depuis la fin des années 70, Stephen Montzka surveille le niveau d’ozone de la stratosphère terrestre. La signature en 1987 du Protocole de Montréal a mené à la fin de la production des chlorofluorocarbones (CFC), un produit chimique utilisé pour la climatisation et les mousses isolantes qui détruit les molécules d’ozone. « Nous avons vu sur nos données la chute de l’utilisation des CFC », explique le climatologue de l’Administration atmosphérique et océanique américaine (NOAA), qui est l’auteur principal de l’étude publiée hier dans la revue Nature. « Mais à partir de 2013, nous avons commencé à voir des choses bizarres avec le CFC11, qui est utilisé comme isolant dans les appareils de réfrigération et dans les mousses isolantes. Nous avons fait et refait les calculs, pour voir s’il pouvait y avoir des interactions inconnues expliquant la hausse de la concentration de CFC11. Mais il aurait fallu qu’il y ait des quantités massives de destruction de réfrigérateurs et de rénovation en Asie de l’Est pour expliquer la différence. Il y a vraisemblablement de la nouvelle production de CFC11, en contravention du Protocole de Montréal. »

Couche d’ozone

Le trou dans la couche d’ozone se forme en Antarctique parce qu’il faut du froid pour que s’opère la réaction chimique impliquant les CFC qui détruit les molécules d’ozone. Il atteint son maximum en septembre ou en octobre chaque année. La couche d’ozone protège la Terre des rayons ultraviolets du soleil, qui augmentent notamment le risque de cancer. Comme les CFC mettent un siècle à se dégrader, le trou dans la couche d’ozone, qui a commencé à rapetisser depuis 2010, ne disparaîtra pas avant 2080. Le trou dans la couche d’ozone a été détecté en 1989 et la production de la plupart des CFC (sauf pour des utilisations médicales) a été interdite à partir de 2009. Le CFC11 est au deuxième rang des CFC les plus abondants, la palme revenant au CFC12, utilisé en climatisation.

Découvrir le coupable

Lors d’un récent voyage à Pékin pour une conférence de climatologie, M. Montzka a discuté de ses résultats avec des collègues chinois. « Ils sont d’accord avec moi, il y a une nouvelle source de production de CFC11. C’est un mystère, parce qu’il n’y a pas d’avantage commercial à utiliser le CFC11 plutôt que les nouvelles molécules qui l’ont remplacé en réfrigération et dans les mousses isolantes. Avec les données atmosphériques plus régionales de nos collègues chinois, sud-coréens et japonais, nous pourrons bientôt déterminer qui s’est remis à fabriquer des CFC11 et comprendre pourquoi. »

Hawaii

Les données qu’ont utilisées M. Montzka et ses collègues de la NOAA, au Colorado, proviennent de l’observatoire atmosphérique de Mauna Loa, à Hawaii. La concentration de CFC11 à Mauna Loa a presque doublé entre la fin des années 70 et le milieu des années 90, puis a commencé à baisser. En 2013, cette baisse est soudainement devenue moins rapide. Le phénomène a été observé à l’automne. « Pour des raisons de circulation atmosphérique, à l’automne nous avons à Hawaii des polluants en provenance de l’Asie de l’Est, explique M. Montzka. Le reste de l’année, l’air à Hawaii provient plutôt des couches supérieures de l’atmosphère. » L’observatoire de Mauna Loa est aussi célèbre par ses mesures du CO2 atmosphérique, responsable de l’effet de serre, depuis 1958.

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À la poursuite des voyous de l'ozone

Des pays de l’Asie de l’Est trichent avec le Protocole de Montréal et produisent depuis quelques années des CFC, les chlorofluorocarbones, qui détruisent la couche d’ozone. Les chercheurs qui ont découvert la menace veulent maintenant démasquer les coupables.

Protocole de Montréal

Depuis la fin des années 70, Stephen Montzka surveille le niveau d’ozone de la stratosphère terrestre. La signature en 1987 du Protocole de Montréal a mené à la fin de la production des chlorofluorocarbones (CFC), un produit chimique utilisé pour la climatisation et les mousses isolantes qui détruit les molécules d’ozone. « Nous avons vu sur nos données la chute de l’utilisation des CFC », explique le climatologue de l’Administration atmosphérique et océanique américaine (NOAA), qui est l’auteur principal de l’étude publiée hier dans la revue Nature. « Mais à partir de 2013, nous avons commencé à voir des choses bizarres avec le CFC11, qui est utilisé comme isolant dans les appareils de réfrigération et dans les mousses isolantes. Nous avons fait et refait les calculs, pour voir s’il pouvait y avoir des interactions inconnues expliquant la hausse de la concentration de CFC11. Mais il aurait fallu qu’il y ait des quantités massives de destruction de réfrigérateurs et de rénovation en Asie de l’Est pour expliquer la différence. Il y a vraisemblablement de la nouvelle production de CFC11, en contravention du Protocole de Montréal. »

Couche d’ozone

Le trou dans la couche d’ozone se forme en Antarctique parce qu’il faut du froid pour que s’opère la réaction chimique impliquant les CFC qui détruit les molécules d’ozone. Il atteint son maximum en septembre ou en octobre chaque année. La couche d’ozone protège la Terre des rayons ultraviolets du soleil, qui augmentent notamment le risque de cancer. Comme les CFC mettent un siècle à se dégrader, le trou dans la couche d’ozone, qui a commencé à rapetisser depuis 2010, ne disparaîtra pas avant 2080. Le trou dans la couche d’ozone a été détecté en 1989 et la production de la plupart des CFC (sauf pour des utilisations médicales) a été interdite à partir de 2009. Le CFC11 est au deuxième rang des CFC les plus abondants, la palme revenant au CFC12, utilisé en climatisation.

Découvrir le coupable

Lors d’un récent voyage à Pékin pour une conférence de climatologie, M. Montzka a discuté de ses résultats avec des collègues chinois. « Ils sont d’accord avec moi, il y a une nouvelle source de production de CFC11. C’est un mystère, parce qu’il n’y a pas d’avantage commercial à utiliser le CFC11 plutôt que les nouvelles molécules qui l’ont remplacé en réfrigération et dans les mousses isolantes. Avec les données atmosphériques plus régionales de nos collègues chinois, sud-coréens et japonais, nous pourrons bientôt déterminer qui s’est remis à fabriquer des CFC11 et comprendre pourquoi. »

Hawaii

Les données qu’ont utilisées M. Montzka et ses collègues de la NOAA, au Colorado, proviennent de l’observatoire atmosphérique de Mauna Loa, à Hawaii. La concentration de CFC11 à Mauna Loa a presque doublé entre la fin des années 70 et le milieu des années 90, puis a commencé à baisser. En 2013, cette baisse est soudainement devenue moins rapide. Le phénomène a été observé à l’automne. « Pour des raisons de circulation atmosphérique, à l’automne nous avons à Hawaii des polluants en provenance de l’Asie de l’Est, explique M. Montzka. Le reste de l’année, l’air à Hawaii provient plutôt des couches supérieures de l’atmosphère. » L’observatoire de Mauna Loa est aussi célèbre par ses mesures du CO2 atmosphérique, responsable de l’effet de serre, depuis 1958.

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