États-Unis

« On me dit que je suis critiqué par la nouvelle gauche. Je présente le bilan le plus progressiste de tous ceux qui font campagne pour la présidence… de tous ceux qui feraient campagne. »

— Joe Biden, hier, lors d’un discours devant des partisans démocrates au Delaware. L’ex-vice-président des États-Unis a commis ce lapsus qui pourrait suggérer l’annonce prochaine de sa candidature à la présidentielle de 2020. (AFP)

Catalogne

Des milliers d’indépendantistes défilent à Madrid

Des milliers de militants pour l’indépendance de la Catalogne ont défilé hier à Madrid, dénonçant le procès de leurs dirigeants jugés pour la tentative de sécession de l’Espagne en 2017 et réclamant un référendum d’autodétermination. Criant « liberté pour les prisonniers politiques » et brandissant des pancartes disant « Il n’y a pas de justice », les manifestants, venus de Catalogne en train et en autocar, ont parcouru une artère de Madrid, la paseo del Prado, sur 1,5 km avant d’écouter des discours sur la place de Cibèlès. La police a estimé à 18 000 le nombre de manifestants qui marchaient à Madrid pour la première fois depuis la montée de ce mouvement indépendantiste en 2012. Beaucoup brandissaient le drapeau de la Catalogne indépendantiste ou le portaient sur les épaules telle une cape. En tête de défilé, ils déployaient une banderole proclamant « L’autodétermination n’est pas un délit ». — Agence France-Presse

Nicaragua

La police s’en prend à des manifestants et des journalistes

Des policiers antiémeutes s’en sont pris violemment hier à Managua à plusieurs journalistes et à des dizaines d’opposants au gouvernement du président Daniel Ortega qui s’apprêtaient à manifester pour réclamer la libération de tous les « prisonniers politiques », a constaté l’AFP. Pourchassés par les forces de l’ordre, les manifestants et les journalistes venus couvrir le rassemblement avaient trouvé refuge dans les locaux d’une banque, dans le sud de la capitale, lorsque les policiers ont pénétré dans le stationnement et ont fait usage de leurs armes. « Ils attaquent l’édifice avec des gaz lacrymogènes et ils tirent », a témoigné un vidéaste de l’AFP, Luis Sequeira. Ce dernier avait déjà été agressé une heure auparavant par des policiers qui lui ont volé son matériel et ont tenté de l’interpeller. Peu après l’incident, qui n’a pas fait de blessés, les journalistes, dont des reporters de l’AFP, ont réussi à quitter les lieux, mais la zone était toujours bouclée par la police, ont-ils témoigné.

— Agence France-Presse

Visas

Cuba accuse les États-Unis d’« entraver » les visites familiales

Cuba a accusé hier Washington d’« entraver » les voyages aux États-Unis des Cubains désireux de visiter leurs familles, après l’annonce d’une réduction draconienne de la durée de validité des visas de cinq ans à trois mois. Cuba « rejette cette décision qui constitue un obstacle supplémentaire à l’exercice des droits des citoyens cubains voulant visiter leurs familles », a fait savoir dans un communiqué la chancellerie cubaine. Washington a annoncé qu’à partir de lundi la durée de validité de cinq ans, avec multiples entrées, des visas touristiques pour les Cubains serait réduite à trois mois, avec entrée simple, afin d’appliquer le principe de « réciprocité ». Les ressortissants américains peuvent demander un visa cubain de deux mois, avec une prolongation possible d’un mois. « Il n’est pas sûr que cette décision a été prise selon un critère de réciprocité, sachant que Cuba offre toutes les facilités afin que les citoyens américains, à partir de n’importe quel pays du monde, dont les États-Unis, puissent obtenir un visa, délivré immédiatement, pour voyager à Cuba », a répondu la chancellerie. — Agence France-Presse

Zimbabwe

Le cyclone tropical Idai fait plus de 30 morts

Le cyclone tropical Idai a continué hier son passage dévastateur sur l’Afrique australe en frappant l’est du Zimbabwe, où il a fait au moins 31 morts, après avoir causé victimes et dégâts dans la ville mozambicaine de Beira. Considéré comme l’un des plus puissants cyclones nés dans l’océan Indien depuis 10 ans, il a balayé dans la nuit de vendredi à samedi la région de Chimanimani, tout près de la frontière avec le Mozambique. Selon la Protection civile locale, 71 personnes sont encore portées disparues et près de 200 maisons ont été détruites par les vents violents ou les pluies diluviennes ayant touché la province du Manicaland. Une opération de l’armée était en cours pour évacuer près de 200 élèves de Chimanimani menacés par un glissement de terrain qui a endommagé leur dortoir. « C’est une opération très délicate », a indiqué le ministère de l’Information. 

— Agence France-Presse

Venezuela

Guaidó veut marcher « jusqu’à la présidence »

L’opposant vénézuélien Juan Guaidó a entamé hier une tournée dans le pays avec l’intention de marcher « jusqu’à Miraflores », le siège de la présidence à Caracas, pour en déloger Nicolás Maduro.

« Nous entamons aujourd’hui une nouvelle phase de notre mobilisation en visitant tous les États possibles. Nous lançons une opération pour libérer notre pays et pour que cesse l’usurpation », a lancé M. Guaidó, qui s’est proclamé président par intérim le 23 janvier, devant plusieurs milliers de ses partisans réunis à Valencia, capitale de l’État de Carabobo, l’une des principales villes industrielles du pays à 170 km à l’ouest de Caracas.

Au même moment, le président en exercice Nicolás Maduro avait de nouveau appelé la population dans les rues de Caracas à une « marche révolutionnaire et anti-impérialiste », afin de fêter la fin de la panne d’électricité qui a frappé le pays pendant près d’une semaine et la « victoire » sur les États-Unis, qu’il accuse d’avoir commandité le 7 mars des attaques « cybernétiques » contre la principale centrale du pays, plongeant le pays dans le noir.

Deux présidents

Deux manifestations concurrentes qui illustrent l’impasse politique entre deux « présidents » qui se disputent un pays miné par la crise économique, l’effondrement de sa monnaie et les pénuries.

« Qu’ils partent, ils ne reviendront pas ! Va-t-on les laisser entrer à Miraflores ? Va-t-on permettre que le palais du peuple redevienne le palais de l’oligarchie, de la bourgeoisie ? », a demandé hier depuis le rassemblement chaviste l’un des piliers du régime, Diosdado Caballo.

Nicolás Maduro a ordonné à l’armée de renforcer la surveillance des installations électriques et de défricher la végétation autour des sites, après que des images circulant sur les réseaux sociaux eurent montré les pylônes de lignes à haute tension envahis par de hautes herbes.

L’opération, baptisée « En avant ! Anna Karénine », appelle la population à prêter main-forte aux forces armées pour « conforter le retour à la normale », a lancé le ministre de la Défense, Vladimir Padrino, en visite hier dans l’État de Vargas, voisin de Caracas.

Pour Juan Guaidó, président de l’Assemblée nationale qui a reçu le soutien d’une cinquantaine de pays, M. Maduro est un « usurpateur » réélu pour un deuxième mandat lors d’un scrutin entaché de fraudes, et cette panne est due à sa mauvaise gestion et à la corruption du régime.

« Il est temps de reprendre le Venezuela point par point », a-t-il déclaré à Valencia. « Ils pensent pouvoir nous faire taire, nous intimider […]. Le régime veut nous faire douter. Ils ne pourront pas nous diviser, ce processus est irréversible, il n’y a pas de retour en arrière possible. »

— Agence France-Presse

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