En bref

Moins de chômage… et moins d’emplois

Le taux de chômage est passé de 5,6 % à 5,4 % en avril au Québec, selon Statistique Canada. Cette amélioration cache toutefois une perte de 13 800 emplois, le troisième recul mensuel de l’emploi depuis le début de l’année. Le taux de chômage a reculé parce que la diminution de la population active a été plus importante que la baisse de l’emploi. Sur une période d’un an, d’avril 2017 à avril 2018, le portrait reste positif, avec une croissance nette de 1,7 % du nombre d’emplois au Québec. Dans l’ensemble du Canada, le bilan mensuel est également décevant, avec 1100 emplois de moins en avril. Le taux de chômage est resté inchangé, à 5,8 %. « Le rapport sur l’emploi d’avril n’est pas aussi mauvais qu’il y paraît », a indiqué Krishen Rangasamy, économiste principal de la Banque Nationale, qui note que sur 12 mois, l’emploi croît à un rythme soutenu de 23 000 emplois par mois au Canada.

— Hélène Baril, La Presse

Énergie

Le froid gonfle les profits d’Hydro-Québec

Hydro-Québec a pu profiter d’un prix moyen un peu plus élevé, cet hiver, pour ses kilowattheures exportés en Nouvelle-Angleterre. Cette légère amélioration a contribué à l’augmentation du bénéfice net du trimestre, qui a atteint 1,6 milliard, en hausse de 6,5 % comparativement à l’an dernier.

Le prix moyen a été de 4,9 cents le kilowattheure au premier trimestre de 2018, contre à 4,7 cents le kilowattheure pour la même période en 2017.

Le prix du gaz naturel, qui dicte le prix de l’électricité sur le marché du nord-est américain, reste très bas, mais la Nouvelle-Angleterre est mal desservie par les gazoducs et subit des hausses brusques de prix lors des épisodes de grands froids.

C’est ce qui s’est produit cette année, a expliqué hier le vice-président et chef de la direction financière, Jean-Hugues Lafleur, lors d’une conférence téléphonique.

Les froids de la fin de décembre et du début de janvier ont fait exploser le prix du gaz (et de l’électricité) sur le marché du Nord-Est américain.

Hydro-Québec en a profité. Ses exportations ont rapporté 486 millions, soit 15 millions de plus que l’an dernier, pour un volume inférieur. En volume, les exportations nettes atteignent 9,8 térawattheures, pas très loin du niveau record de 10,1 térawattheures établi l’an dernier, alors que l’hiver avait été un peu moins froid que celui qui vient de se terminer.

Revenus de 4,5 milliards

« Le bon fonctionnement de nos installations de production et de transport nous a permis de maintenir un niveau élevé d’exportations nettes d’électricité et d’inscrire notre meilleure performance à ce jour pour un premier trimestre dans un contexte de températures normales », a commenté M. Lafleur, qui a pris la relève de Lise Croteau comme chef de la direction financière d’Hydro-Québec.

Il s’agit de la troisième fois seulement dans l’histoire d’Hydro-Québec que le profit trimestriel dépasse le cap de 1,5 milliard. Les deux fois précédentes, en 2014 et 2015, les hivers avaient été particulièrement froids.

Le trimestre d’hiver est toujours le plus profitable pour Hydro-Québec, en raison des besoins de chauffage. La grande majorité des habitations québécoises sont chauffées à l’électricité.

Cette année, malgré le froid extrême des premières semaines de l’année, la température moyenne a été plus près des normales. Les revenus du trimestre ont atteint 4,5 milliards, en hausse de 5,9 %. De ces 4,5 milliards, 3,8 milliards viennent des ventes au Québec et 519 millions, des ventes sur les marchés hors Québec.

Massachusetts : objectif 25 mai

Par ailleurs, les négociations avancent avec le Massachusetts en vue de conclure le contrat d’approvisionnement en électricité d’une durée de 20 ans avec Hydro-Québec et son partenaire, Central Maine Power.

« Ça fonctionne bien », a indiqué hier Serge Abergel, porte-parole de la société d’État. Hydro-Québec se prépare toujours à signer le contrat le 25 mai, a-t-il dit.

L’échéancier du département des Services publics de l’État a été bousculé du fait que le gagnant de son appel d’offres, le projet Northern Pass (Eversource et Hydro-Québec), n’a pas reçu le permis nécessaire pour acheminer l’électricité à travers le New Hampshire pour atteindre Boston.

L’État s’est tourné vers le deuxième choix, le projet NECEC (New England Clean Energy Connect) dans lequel Hydro-Québec est le partenaire de Central Maine Power.

Le coût de la ligne de transport de 233 kilomètres qui doit être construite à travers le Maine est estimé à 950 millions US. Le projet est aux premiers stades du processus d’autorisation et il fait face à son lot d’opposition de la part d’environnementalistes et de producteurs privés d’électricité.

S’il se réalise, le projet du Maine livrera l’électricité en 2022, deux ans plus tard que ce que prévoyait Northern Pass.

Hydro-Québec

au premier trimestre 2018

Revenus : 4,5 milliards (+ 5,6 %)

Dépenses : 2,2 milliards (+ 5,2 %)

Frais financiers : 658 millions (+ 6,6 %)

Bénéfice net : 1,64 milliard (+ 6,5 %)

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