Soirée « Débat, tonic et politique » de La Presse

Une discussion décontractée et ludique

Quelque 300 mordus de politique ont répondu à l’invitation de La Presse en convergeant hier soir vers le Palais des congrès de Montréal pour suivre en direct le grand débat des chefs 2018 dans une ambiance décontractée et non partisane.

Des acteurs du monde politique, artistique et des médias s’étaient donné rendez-vous pour jaser politique en ce soir du premier débat officiel des chefs, diffusé sur les ondes de Radio-Canada et sur les plateformes de plusieurs médias québécois, afin de prendre part à la soirée « Débat, tonic et politique » organisée par La Presse.

« Dans la foulée de l’organisation du débat produit par Radio-Canada, auquel les médias avaient été invités à participer, nous nous sommes interrogés à savoir comment nous pourrions, à notre façon, rendre le débat plus ludique, plus “le fun” », a illustré l’éditeur adjoint et vice-président à l’information de La Presse, Éric Trottier.

Invités par La Presse, une vingtaine de politiciens du Parti libéral du Québec, du Parti québécois, de la Coalition avenir Québec et de Québec solidaire, dont des candidats à la présente élection, ont accepté de mettre de côté les hostilités électorales le temps de la soirée qui s’est déroulée dans une atmosphère bon enfant et festive.

Les politiciens invités se sont joints aux tables pour échanger avec des dizaines de citoyens qui s’étaient procuré leur billet pour être de l’évènement. L’activité affichait d’ailleurs complet.

Dans les coulisses d’un débat

Un panel formé de l’ex-chef du Bloc québécois Gilles Duceppe, de l’ex-ministre libérale Yolande James, de l’ex-directeur adjoint de cabinet de Pauline Marois Dominique Lebel et de l’ex-attaché de presse de François Legault Jean-François Del Torchio a ouvert la soirée en révélant le secret des coulisses le jour d’un débat électoral.

Animée par le chroniqueur de La Presse, Patrick Lagacé, la discussion conviviale a permis de mieux comprendre comment se préparent les chefs dans les heures qui précèdent ce moment souvent qualifié de décisif lors d’une élection.

Bien des gens « embarquent pour vrai » dans la campagne électorale le soir du premier débat, a lancé Mme James.

La soirée a aussi été marquée par le dévoilement des gagnants du concours de création d’affiches électorales, également organisé par La Presse. Il s’agit de Chloé Fortin Côté (meilleur slogan), Marie-Ève Bouchard et Danny Provencher (la plus humoristique), Nicolas Baillargeon (le meilleur design) et Chantal Daoust (mention spéciale du jury).

Colloque sur les jeunes et la politique

Le rassemblement d’hier soir a été précédé par le colloque Jeunes et politique : amour ou désamour, où des dizaines de participants ont pu approfondir la question de l’engagement politique de la jeunesse. Les 18 à 35 ans représenteront d’ailleurs le tiers de l’électorat au scrutin du 1er octobre prochain.

Le colloque a été présenté par La Presse en collaboration avec la maison de sondage Ipsos et la Chaire de recherche sur la démocratie et les institutions parlementaires de l’Université Laval.

Cadre financier

Le PQ s’attaque au salaire des médecins

Le Parti québécois (PQ) compte sur les médecins pour réinjecter 4 milliards de dollars en services dans un éventuel premier mandat. Pour ce faire, Jean-François Lisée promet de geler dès octobre les hausses de rémunération qui leur ont été accordées, s’il forme le prochain gouvernement.

« Il n’y a aucun scénario qui va faire en sorte qu’il y aura 7 milliards, ou même 100 millions, versés [en hausses de rémunération] aux 22 000 médecins. […] Le chiffre, c’est zéro », a martelé hier le chef péquiste, qui a pris une pause pendant sa préparation au premier débat électoral pour présenter son cadre financier.

« Nous demandons aux Québécois de nous donner le mandat de dépenser [l’argent versé en hausses de rémunération aux médecins] sur les aînés, les patients, plutôt qu’auprès des gens les plus fortunés du Québec », a-t-il dit depuis la permanence de son parti, à Montréal.

« Vont-ils dégainer leur avocat ? Bien sûr. Nous allons dégainer aussi le nôtre. Nous avons à la disposition de l’Assemblée nationale un certain nombre de moyens législatifs pour agir. Nous allons utiliser tous les moyens à notre disposition », a dit M. Lisée, qui n’exclut pas le recours à une loi spéciale.

Des dépenses moins élevées que celles de ses adversaires

Dans son cadre financier, le Parti québécois prévoit des dépenses moins élevées que celles de la Coalition avenir Québec (CAQ) et du Parti libéral (PLQ). Au total, la somme des engagements péquistes s’élève à 1,4 milliard sur quatre ans. La CAQ a, pour sa part, des promesses électorales de 2,6 milliards, et celles du PLQ s’élèvent à 2,4 milliards.

« Lorsqu’on a fait nos calculs, on s’est dit qu’on serait prudents », a dit Jean-François Lisée, hier.

« Il est possible qu’il y ait au cours des quatre prochaines années un ralentissement économique [ou] de mauvaises surprises. Ces mauvaises surprises ne doivent jamais se traduire par de la misère humaine. »

— Jean-François Lisée, chef du Parti québécois

Le chef péquiste s’est aussi félicité d’avoir respecté les prévisions économiques énoncées par la vérificatrice générale (VG) dans son rapport préélectoral. À ce sujet, il a décoché plusieurs flèches contre ses adversaires, dont la croissance économie prévue dans leur cadre financier ne respecte pas le rapport de la VG, a-t-il dit.

En santé, le Parti québécois prévoit une croissance des dépenses de 4,7 % en moyenne pour les quatre prochaines années. Il obtient ce chiffre quand « on retire les dépenses de [la hausse de] la rémunération médicale », qui serait gelée pendant un premier mandat.

La croissance des dépenses en éducation et en culture est de 3,6 %. En moyenne, les dépenses augmenteraient de 3,3 % sous un gouvernement péquiste.

De nouveaux revenus

En plus des médecins, qui verraient leurs hausses de salaire annulées, le PQ compte aller chercher des centaines de millions de dollars grâce à différentes nouvelles mesures pour « rétablir l’équité fiscale ».

Ainsi, Jean-François Lisée et son équipe comptent percevoir la TVQ sur les biens tangibles achetés en ligne, instaurer une taxe sur les profits détournés, mettre fin à l’incorporation des médecins, limiter les salaires « faramineux des hauts dirigeants » et hausser la redevance sur l’eau, entre autres.

Dans des promesses plus spécifiques, la formation politique s’est engagée, dès son premier mandat, à dépenser 1,4 milliard pour améliorer l’accès aux centres de la petite enfance (CPE).

Elle prévoit également dépenser plus de 1 milliard pour favoriser les soins à domicile, et quelque 500 millions seraient consacrés à l’embauche de préposés et d’infirmiers.

Le PQ dépenserait 200 millions pour assurer ce que la vice-cheffe Véronique Hivon a qualifié de « seuil de services » aux enfants en difficulté.

Le parti table sur une croissance des revenus de l’État de 2,3 % à 3,3 %.

Un cadre sur des bases « peu réalistes », dit le PLQ

Aux yeux des libéraux, le cadre financier déposé hier par le Parti québécois s’inscrit sur des bases « peu réalistes ».

« Le Parti québécois fait des promesses en l’air en assurant d’aller chercher des économies sur le salaire des médecins. […] Ces sources de financement très hypothétiques ne permettront pas de financer les dépenses annuelles liées à leurs engagements », a réagi le Parti libéral (PLQ) par voie de communiqué.

« Fait troublant, et ce malgré le cautionnement d’experts indépendants, le cadre financier du Parti québécois semble comporter une erreur assez grossière en omettant de calculer l’impact de l’utilisation de la réserve de stabilisation sur la dette brute du Québec. Cette omission a comme incidence de sous-estimer le montant de la dette et donc le coût des paiements d’intérêts sur la dette », poursuit le PLQ.

De son côté, Québec solidaire (QS) a décrit le cadre financier péquiste comme « conservateur ».

« Le PQ n’a jamais été aussi près du PLQ et de la CAQ. C’est un cadre financier conservateur, qui manque d’ambition », a dit QS par voie de communiqué.

— Avec La Presse canadienne

Autorité des marchés publics

Denis Gallant nie avoir déclenché une enquête sur Gertrude Bourdon

Le nouveau président de l’Autorité des marchés publics, Denis Gallant, nie catégoriquement qu’une enquête ait été déclenchée sur la gestion de Gertrude Bourdon, désormais candidate libérale, à l’époque où elle dirigeait le CHUQ, l’hôpital universitaire de Québec.

« D’ici le 25 janvier 2019, je n’ai aucun pouvoir d’enquête. Le seul pouvoir que j’ai, c’est de monter ma boîte sur le plan administratif », a indiqué Me Gallant, joint par La Presse hier.

« Il n’y a pas d’enquête, je n’en ai pas le pouvoir », a déclaré M. Gallant, soulignant qu’il se trouvait bien malgré lui acteur dans la campagne électorale.

Il avait reçu une lettre de la candidate caquiste dans Louis-Hébert, Geneviève Guilbault, qui lui demandait de se pencher sur le fractionnement d’un contrat pour qu’il puisse être accordé de gré à gré.

« Pour être poli, j’avais reçu une lettre à mon nom. J’ai expliqué dans une lettre que je n’avais pas de pouvoir d’enquête avant janvier 2019. J’ai pris la peine d’écrire : “Sans statuer sur le fond de votre demande, et n’ayant légalement aucun pouvoir de le faire, j’ai demandé l’ouverture d’un dossier pour que l’autorité examine les suites à donner à cette affaire” », a expliqué M. Gallant.

Cette démarche visait surtout à garder une trace de la demande de Mme Guilbault. « Je suis avocat, je ne veux pas que les documents se perdent », a-t-il indiqué.

« Nettoyage de l’immigration » 

Un candidat libéral s’excuse pour ses propos sur la CAQ

Mohammed Barhone, candidat libéral dans la circonscription de Taillon (Montérégie), a dû s’excuser hier pour avoir accusé la Coalition avenir Québec et François Legault de préparer des jours difficiles aux ressortissants étrangers s’ils sont élus le 1er octobre.

Devant une assemblée de femmes d’origine maghrébine, le candidat libéral avait soutenu mercredi qu’un gouvernement de la CAQ serait très dur envers les immigrés. Le programme de François Legault est plus inquiétant que la Charte des valeurs du Parti québécois il y a quatre ans, a-t-il fait valoir.

« C’est très important de prendre ça très au sérieux. Les gens qui s’en rappellent, en 2014, il y avait la Charte des valeurs du Parti québécois, et [dans] la communauté […], beaucoup ont protesté », a-t-il rappelé.

« [François Legault] l’a dit : en 2019, il va faire le nettoyage de l’immigration. Alors, c’est très important de sortir voter le 1er octobre. »

— Mohammed Barhone, candidat libéral dans Taillon

Il faisait circuler hier une déclaration écrite pour s’excuser. « Les positions de la CAQ concernant l’immigration me touchent personnellement. Cependant, les propos que j’ai tenus lors d’une assemblée hier ont dépassé ma pensée. Je tiens à m’excuser à toutes les personnes que j’ai offensées avec ces propos. »

« Test d’expulsion »

Mercredi, il avait appelé « test d’expulsion » l’examen de français que compte faire passer la CAQ aux immigrés désireux de s’installer en permanence au Québec. « Moi je l’appelle le test de l’expulsion, ce n’est pas le test des valeurs […]. Ça veut dire que quelqu’un qui ne maîtrise pas le français au bout de trois ans, il va passer le test. Et s’il ne le réussit pas, […] il va retourner dans son pays », a soutenu M. Barhone.

« En plus, les femmes qui portent le voile, le hijab qui couvre la tête et non le niqab qui cache le visage, n’auront plus de services sous un gouvernement caquiste », selon lui.

« Par rapport aux gens […] aux femmes qui mettent le hijab […] [M. Legault], il l’a dit, il ne l’a pas caché. Il a dit : pour les femmes qui portent le hijab, il n’y aura pas de services […] ni obtenus ni donnés avec un signe religieux. »

Pour la première fois, trois Maghrébins sont candidats pour le PLQ, a-t-il relevé. C’est pour lui « le seul parti [où] on croit à l’inclusion, à l’ouverture sans condition. Pas de conditions. Tu portes ce que tu veux, ce n’est pas des affaires [des autres]. »

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