série d’agressions au domicile

coupable de meurtre, Septimus Neverson écope de la prison à vie

Un artiste tué devant sa femme, trois hommes abattus à bout portant, un enfant de 10 ans pris en otage devant des policiers. Septimus Neverson a semé la terreur à Montréal et à Laval en 2006 et 2009 en menant une série de violentes agressions au domicile. Il devrait maintenant passer le reste de ses jours derrière les barreaux.

Un an et demi après le début de son procès au palais de justice de Montréal, Septimus Neverson a été déclaré coupable vendredi du meurtre au premier degré de Jacques Sénécal, de trois tentatives de meurtre et d’une douzaine de violations de domicile avec agression à Montréal et à Laval. Il a fait plus d’une trentaine de victimes.

Mais avant que justice ne soit rendue, l’homme de 57 ans s’est longtemps moqué des forces de l’ordre. Expulsé vers Trinité-et-Tobago en 2000 à sa sortie de prison pour un homicide involontaire, Septimus Neverson a réussi à revenir à Montréal sous une fausse identité, à l’insu des autorités. Même s’il était considéré comme extrêmement dangereux par la police, le criminel ne s’est jamais fait pincer au pays.

Le juge Guy Cournoyer de la Cour supérieure l’a reconnu coupable vendredi des 54 chefs d’accusation portés contre lui, même s’il était « extrêmement difficile, voire impossible » pour les témoins de l’identifier hors de tout doute raisonnable. L’auteur de la douzaine d’agressions au domicile portait une cagoule et ne laissait aucune empreinte digitale.

Ainsi, les témoignages de deux hommes se sont avérés déterminants. Après le meurtre de Jacques Sénécal, Septimus Neverson leur a entre autres confié être l’auteur de ce crime qui avait fait les manchettes à l’époque. « La Cour est convaincue hors de tout doute raisonnable que Septimus Neverson a fait ces confessions et qu’elles sont vraies », a tranché le juge.

Une échelle utilisée pendant une agression au domicile a aussi permis d’établir sa culpabilité. Une vidéo montre l’accusé en train d’acheter cette même échelle quelques jours avant le crime. Des transferts bancaires effectués par Septimus Neverson dans les jours ayant suivi ces agressions ont aussi été pris en compte par le juge.

TUÉ DEVANT SA FEMME

Septimus Neverson n’hésitait pas à utiliser son arme à feu pendant ses agressions au domicile. L’artiste peintre Jacques Sénécal a été abattu dans sa chambre à coucher, le 20 juillet 2006, dans le quartier Sainte-Dorothée à Laval. Il est mort sous les yeux de sa femme, Pauline Sarrazin, alors que leur fils était attaché avec des attaches autobloquantes (tie wraps).

« Il a dit : “Bijoux, money.” Il nous a arraché les draps. Jacques s’est levé debout, et le type a tiré un coup de feu. […] Il y a eu le deuxième coup de feu. Jacques est tombé sur la télévision, et tout est tombé par terre. »,

— Pauline Sarrazin, veuve de Jacques Sénécal, pendant le procès

D’autres victimes de Neverson ont frôlé la mort. Frank Dike, lui, est littéralement passé à deux doigts d’y rester. Un revolver braqué sur sa tempe, le père de famille a réussi à faire dévier le canon avec sa main au dernier moment. La balle est alors passée entre son pouce et son index. L’assaillant lui a toutefois tiré dans le dos pendant qu’il tentait de fuir.

Septimus Neverson a également pris en otage un enfant de 10 ans devant des policiers pendant un cambriolage dans le quartier Côte-des-Neiges à Montréal, le 18 juillet 2009. Cerné par les policiers, le criminel sans foi ni loi s’est enfui par la fenêtre d’un appartement avec le garçon. Il venait alors de tirer sur son père et de frapper sa mère avec son pistolet.

Mis en joue par les policiers dans le stationnement, Septimus Neverson a braqué l’arme sur le garçon. Il a finalement abandonné l’enfant pendant sa fuite, alors qu’il avait de nouveau déjoué la police. Ce n’est que sept ans plus tard qu’il sera arrêté à Trinité-et-Tobago et extradé au Canada.

Les avocats de la défense, Me Sabrina Lapolla et Me David Petranic, ont préféré attendre la version complète de la décision avant de la commenter. La procureure de la Couronne, Me Catherine Perreault, qui a fait équipe avec Me Louis Bouthillier dans le procès, s’est réjouie du jugement.

« Ça a été une longue enquête policière, un travail acharné des policiers. C’était un procès complexe et long. On est excessivement satisfaits du résultat », a commenté Me Perreault en mêlée de presse.

Septimus Neverson écope automatiquement de la prison à vie sans possibilité de libération conditionnelle avant 25 ans. Il doit toutefois retourner en cour la semaine prochaine en vue de déterminer une date pour les observations sur la peine. Les victimes auront ainsi la chance de s’adresser au tribunal.

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