Le domaine de l’accueil

Un univers aux mille et une possibilités

Pionnier de l’art de recevoir et à l’affût des nouvelles tendances, l’Institut de tourisme et d’hôtellerie du Québec (ITHQ) a plus que jamais sa raison d’être avec 50 000 postes à pouvoir d’ici 2030 en tourisme, en restauration et en hôtellerie. Des emplois passionnants qui plongent dans l’action, mènent à la rencontre des gens et contribuent à la découverte du monde.

Réunis en table ronde, cinq ambassadeurs et diplômés de l’ITHQ nous disent pourquoi le milieu de l’accueil les fait tant vibrer :

Alain April, propriétaire et directeur général de l’hôtel Le Bonne Entente

Julien April, directeur des opérations de l’hôtel Entourage sur-le-Lac

Christina Poon, directrice générale de l’hôtel W Montréal

Danny St Pierre, chef et directeur culinaire de La Tribu

Isabel Bordeleau, chef sommelière au Pullman

Les habitudes de consommation changent ; de nouvelles destinations s’ajoutent. Quelles transformations ont marqué le milieu de l’accueil ces dernières années ?

Isabel Bordeleau : La compétition est plus féroce que jamais. Il ne suffit plus de servir de bons plats et d’offrir une belle carte des vins : il faut prendre soin du client du début à la fin. C’est là où l’accueil fait la différence.

Alain April : Avec l’explosion de l’offre de destinations et l’arrivée d’Internet, les gens voyagent plus et magasinent leur séjour en ligne. Ils savent ce qu’ils veulent et ont des attentes élevées. Notre service se doit d’être sans faille.

Vous avez chacun une feuille de route bien garnie. Pourquoi ce domaine vous plaît-il autant ?

Danny St Pierre : Un restaurateur est un ambassadeur qui met en valeur les produits de la région. C’est une façon d’introduire les gens d’ailleurs à ce qu’on fait ici.

Julien April : J’appartiens à une cinquième génération d’aubergistes. Ça me passionne de recevoir des gens de partout et de leur faire vivre une expérience inoubliable.

L’accueil n’est pas un milieu traditionnel. En quoi est-ce un avantage ?

Isabel Bordeleau : Je préfère travailler le soir et le week-end. Ça me permet de profiter du soleil, d’aller à la banque sans faire la file, de faire les courses un lundi matin... Le soir, je travaille plutôt que d’écouter la télé !

Danny St Pierre : La restauration est un grand théâtre qui permet d’exprimer sa créativité. Pour les gens à la personnalité colorée qui aiment bouger, c’est le métier parfait.

Ce que l’on retient d’un séjour à l’hôtel, d’une soirée au resto ou d'une activité touristique, c’est l’expérience. Quelle gratification retire-t-on à en faire vivre de mémorables aux clients ?

Isabel Bordeleau : La sommelière Élyse Lambert, avec qui j’ai travaillé, disait toujours : en salle, on est des marchands de bonheur. Vrai. Quand le client repart avec son petit bonheur, on sait qu’on a réussi.

Christina Poon : On sait combien c’est dur de voyager pour affaires. Combien les gens travaillent fort pour s’offrir des vacances. C’est gratifiant de dire à nos invités : vous êtes chez vous, vous pouvez décompresser. On s’occupe de tout.

Quel moment de la journée (ou de la nuit) procure le plus d’adrénaline ?

Danny St Pierre : Dans les périodes d’affluence, à 12 h 30 et à 20 h. C’est le rush ; il faut que ça roule !

Christina Poon : Dans un hôtel, il y a de l’action toute la journée. Le matin, les gens sont pressés. Le jour, il y a les réunions et les lunchs d’affaires. À partir de 15 h, les clients commencent à penser à leur 5 à 7. La nuit, les situations d’urgence surviennent : une alarme qui se déclenche, un bain qui déborde… Il n’y a jamais de temps mort !

Que diriez-vous à un jeune qui veut choisir ce secteur ?

Danny St Pierre : Je lui suggérerais de trouver un job dans un établissement qui roule pour voir d’abord si ça lui plaît, parce que cette vie-là demande un tempérament particulier. Mais une fois que tu as la piqûre, ça ne lâche plus !

Julien April : Il faut avoir la passion du métier et ne pas brûler d’étapes. J’ai occupé tous les postes dans un hôtel. C’est possible de monter rapidement si tu es travaillant.

L’accueil est en pleine effervescence et les perspectives d’emploi, exceptionnelles. Comment se démarquer ?

Alain April : Les jeunes voyagent beaucoup et ont de nombreuses connaissances. Aussi, on a redéfini nos postes pour les rendre multitâches. C’est plus valorisant pour nos employés d’agir à titre d’ambassadeurs.

Christina Poon : Dans le milieu, on a besoin de comptables, de vendeurs, de personnes polyglottes… Il s’agit de trouver sa force et de l’exploiter, de se montrer chaleureux et curieux. Il y a de la place pour tout le monde !

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