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Choc au sommet

Sloane Stephens contre Simona Halep :  la finale de la Coupe Rogers opposera la troisième raquette de la WTA à la numéro un mondiale.

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Halep a oublié la fatigue

La Roumaine Simona Halep s’est qualifiée hier pour la finale de la Coupe Rogers avec une victoire de 6-4 et 6-1 sur l’Australienne Ashleigh Barty.

Déjà championne du tournoi en 2016 au stade IGA, la numéro un mondiale a fait fi de la fatigue pour s’imposer en tout juste 70 minutes. La Roumaine est la principale tête d’affiche du tournoi, mais elle a déploré vendredi le fait qu’elle a eu un horaire très difficile tout au long de la semaine, avec notamment plusieurs matchs en soirée, parfois même deux par jour, puis cette demi-finale à 13 h hier.

« Ça, c’était [vendredi], a-t-elle insisté au début de sa conférence de presse. J’ai assez parlé de ça maintenant. J’étais fâchée, bien sûr. J’espère qu’à l’avenir, cela se passera mieux. Pour l’instant, tout va bien. »

Halep a donc laissé sa frustration au vestiaire et elle a offert une autre performance digne de son rang pour écarter la jeune Barty, une joueuse qui a fait de grands progrès cette saison. Solide du fond du court grâce à sa remarquable mobilité, la Roumaine a soumis sa rivale à une pression constante et elle a réussi pas moins de cinq bris de service, prenant notamment l’engagement de sa rivale au début de chaque manche.

« J’ai joué intelligemment [hier]. Je l’ai souvent repoussée sur son revers, ce qui me permettait de recevoir une balle plus facile, plus courte, qui m’ouvrait le court. »

— Simona Halep

« J’ai aussi beaucoup varié mes coups sur son coup droit : court, croisé, coupé, long, tout. Le match s’est joué à un haut niveau de tennis, même si le rythme a été un peu inégal. »

Quand on a souligné à Halep qu’elle avait semblé en pleine forme sur le court, elle a répliqué, amusée : « Vous n’avez pas vu mes problèmes, mais j’en ai eu ! J’avais mal partout quand je me suis réveillée. Pendant le match, j’ai eu du mal à courir. J’ai juste essayé de me concentrer sur ce que je devais faire pour me faciliter les choses, et j’ai réussi à la fin. C’est bien d’avoir pu finir le match assez rapidement. »

La Roumaine aura eu près de 23 heures pour préparer la finale. « C’est la plus longue pause que j’aurai eue depuis le début du tournoi, a-t-elle souligné. Je vais me reposer, rester au lit, manger de tout. Ces derniers jours, je n’ai pas bien mangé. Je vais peut-être regarder un film, aller sur Instagram, comme d’habitude. Je vais “chiller”, rien de particulier. »

L’expérience d’une championne

Championne d’un premier tournoi du Grand Chelem ce printemps à Roland-Garros, Halep a acquis une confiance qui lui permet d’aborder ses matchs avec plus d’assurance.

« C’est différent, plus facile, a-t-elle expliqué. Les émotions sont plus faciles à gérer. Je les maîtrise mieux. Bien sûr, j’ai encore le trac avant chaque match. Mais maintenant, je peux mieux profiter de la situation, je ne me mets plus la pression pour gagner absolument le match. Je vais sur le court et je me concentre sur mon jeu. Je l’ai fait pour ces derniers matchs et cela s’est beaucoup mieux passé. »

« Je me sens fatiguée physiquement, mais mentalement, je vais bien, a-t-elle ajouté. Je me sens fraîche. »

« On ne dirait pas que j’ai joué autant de matchs en si peu de temps. Je me sens très bien parce que je maîtrise mieux mes émotions qu’avant. »

— Simona Halep

La perspective de jouer une deuxième finale d’affilée au stade IGA lui procure également une certaine sérénité, les souvenirs et l’expérience de sa victoire de 2016 étant encore relativement frais à sa mémoire.

« C’est toujours un plaisir de venir jouer ici, je le dis toujours et je le pense, a assuré Halep. Le match sera sans doute similaire à celui de 2016 si Stephens gagne. Sinon, contre Svitolina, je sais que nous avons des matchs très serrés chaque fois.

« Je veux juste jouer mon jeu demain et profiter de cette finale. C’est super de pouvoir être en finale d’un grand tournoi après une longue pause. »

La joueuse de 26 ans, qui mène le circuit avec déjà 41 victoires cette saison, en sera à sa cinquième finale (deux titres). Seule la Tchèque Petra Kvitová a fait aussi bien. Une victoire permettrait à Halep de franchir la barre des 6 millions en bourses cette saison, la championne de la Coupe Rogers touchant un chèque de 519 480 $.

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La revanche de Roland-Garros

Sloane Stephens espère faire mieux que sur l'ocre de Paris, où elle s'était inclinée en finale contre Simona Halep.

L’Américaine Sloane Stephens a remporté hier la deuxième demi-finale de la Coupe Rogers, 6-3 et 6-3, face à l’Ukrainienne Elina Svitolina, la championne en titre du tournoi. Stephens, qui est troisième joueuse mondiale, a ainsi rejoint en finale la Roumaine Simona Halep, première du classement et favorite du tournoi.

L’Américaine n’a pas perdu une seule manche depuis le début de la compétition et elle a continué d’afficher hier une belle constance dans tous ses coups. « Je ne sais trop pourquoi, mais je suis très à l’aise cette semaine. J’aime le tournoi, la surface, l’ambiance ; la nourriture est bonne, on est en Amérique. »

« C’est déjà ma troisième finale cette saison et cela me procure une grande assurance. »

— Sloane Stephens

Championne des Internationaux des États-Unis en 2017, Stephens a remporté le tournoi de Miami en mars et elle occupe en ce moment le meilleur classement de sa carrière.

La finale d’aujourd’hui sera une reprise de celle du tournoi de Roland-Garros, au printemps, où Stephens s’était inclinée 6-3, 4-6 et 1-6. Halep a d’ailleurs l’avantage 6-2 dans les matchs entre les deux joueuses et elle a remporté les cinq derniers.

« En fait, je ne me souviens que de la finale de Roland-Garros où nous avions joué un bon match. J’avais très bien joué pendant une manche et demie. Espérons que demain [aujourd’hui], je vais pouvoir bien jouer pendant deux manches !

« Bien sûr, j’affronte la joueuse numéro un au monde, je suis la numéro trois et je ne suis pas censée l’emporter. J’aime croire en mes chances, mais je dois aussi respecter la grande joueuse qu’elle est. Je vais simplement aller sur le court et faire de mon mieux. »

« Je n’étais pas là à 100 % »

De son côté, Svitolina a fort mal amorcé le match, avec deux bris contre elle d’entrée. La cinquième favorite, qui tentait de devenir la septième joueuse à défendre son titre à la Coupe Rogers, n’a jamais vraiment pu inquiéter sa rivale, gâchant plusieurs chances de revenir au pointage avec des coups erratiques.

« Je n’étais pas là à 100 %, a-t-elle reconnu. Ce sont des choses qui arrivent… Bien sûr, je suis rentrée à l’hôtel à une heure du matin hier, après le kiné et le massage. Mais je ne pense pas que ce soit à cause de ça. Elle a très bien démarré, alors que moi, j’ai eu des hauts et des bas. Elle a été meilleure dans les moments importants. »

« Nous sommes des êtres humains, et parfois, on a un mauvais jour. Cela m’est malheureusement arrivé dans une demi-finale, c’est très décevant. »

— Elina Svitolina

« Je n’ai plus qu’à récupérer et à me préparer pour jouer mon meilleur tennis à Cincinnati. »

BARTY QUAND MÊME EN FINALE

Battue en demi-finale du simple, l’Australienne Ashleigh Barty aura quand même une chance de remporter la Coupe Rogers, puisqu’elle et la Néerlandaise Demi Schuurs se sont qualifiées pour la finale du double avec un gain de 7-5 et 6-3 sur l’Américaine Nicole Melichar et la Tchèque Květa Peschke.

Barty, qui est revenue sur le court central moins d’une heure après sa défaite contre Simona Halep, est 16e mondiale en simple et en double. Et même si elle connaît de plus en plus de succès seule sur le court, elle reste une formidable partenaire en double.

« C’est toujours bien de pouvoir rebondir et de rester positive, a-t-elle expliqué. Je m’étais engagée auprès de ma partenaire, Demi, de mon équipe, de moi-même à aller jouer ce match et à faire de mon mieux le plus vite possible après le simple. C’était une bonne chose. J’ai pu donner mon maximum en simple et je me suis préoccupée du double le moment venu. »

Pour revenir à son match de simple, Barty a reconnu qu’Halep lui avait donné une bonne leçon : « Je ne pense pas nécessairement avoir fait un mauvais match. J’ai fait de très beaux points, surtout au début du match. C’est elle qui a très bien joué. Elle a su exploiter certains aspects de mon jeu et sa tactique était assez claire. Je n’ai pas été balayée du court, mais elle est la numéro 1 mondiale…

« C’est elle qui contrôlait le court, qui dominait les points, c’était frustrant. Mais cela fait partie de mon apprentissage. La semaine a été très, très positive. J’ai très bien joué. En aucun cas je ne me sens déçue par le match d’aujourd’hui. »

UN DOUBLE UN PEU CONFIDENTIEL

La deuxième demi-finale du double a été disputée hier soir devant des gradins très dégarnis. Le double suscite moins d’intérêt que le simple, mais le tournoi féminin attire aussi toujours moins de spectateurs que le volet masculin. L’absence d’aspirantes canadiennes, combinée à celle de Serena Williams, a fait en sorte que plusieurs sections des tribunes sont restées pratiquement vides toute la semaine. Hier soir, avec seulement deux matchs au programme, cela a paru plus évident.

Dommage pour la Chinoise de Taipeh Latisha Chan, la Russe Ekaterina Makarova et leurs rivales Andreja Klepač, de Slovénie, et María José Sánchez Martínez, d’Espagne, quatre des meilleures joueuses de double au monde. Les premières se sont qualifiées pour la finale, 6-4 et 7-6 (3) et Chan en a profité pour grimper au premier rang du classement mondial de sa spécialité. Espérons que davantage de spectateurs prendront le temps de les encourager, avec Ashleigh Barty et Demi Schuurs, aujourd’hui, après la finale du simple.

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Les champions de demain (2)

On vous avait parlé hier de la Mini Coupe Rogers. La centaine de jeunes sélectionnés pour la finale ont offert un beau spectacle pendant la journée sur les courts annexes du stade IGA. Les joueurs du volet élite ont surpris par leur niveau, alors que ceux du volet récréatif ont montré une belle attitude. Comme prévu, les gagnants ont été présentés à la foule avec la deuxième demi-finale hier soir. Ce sont : Yvan-Raphael Méfiré (5-6 ans), Charline Cloutier et Clovis Boulianne (7-8 ans, récréatif), Leylatou Aliassime et Marc-Édouard L’Allier (7-8 ans, élite), Mathilde Dupré-L’Allier et Laurent Mayé (9-10 ans, récréatif), Théa Istraté et Kamil Mantache (9-10 ans, élite).

Le chiffre

18

L’élimination d’Ashleigh Barty en demi-finale du simple fait en sorte qu’aucune joueuse ne pourra remporter les titres en simple et en double encore cette année. Simona Halep avait pris part aux deux finales en 2016, mais elle et Monica Nicolescu s’étaient inclinées en double. La dernière à avoir remporté les deux titres avait été la Suissesse Martina Hingis, il y a 18 ans, en 2000. L’Espagnole Arantxa Sánchez Vicario et l’Américaine Martina Navratilova ont aussi réussi l’exploit.

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Halep « censurée » par la WTA

Simona Halep a vivement critiqué vendredi soir l’Association des joueuses de tennis (WTA), qu’elle a pratiquement accusée de comploter afin qu’elle perde ses matchs. La numéro un mondiale a eu un horaire impossible, cette semaine, et elle estime que c’est souvent le cas depuis le début de la saison.

Des officiels de la WTA ont contacté la Roumaine hier et celle-ci a dit espérer que la situation s’améliore, mais le site officiel de l’organisme n’a fait aucune mention de toute cette controverse. Deux articles ont été publiés sur la victoire de Halep vendredi, mais ils ne citent que ses commentaires sur le match et sur sa prochaine adversaire. Rien sur son horaire !

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