Planète bleue, idées vertes

Récupérer l’eau de pluie pour les toilettes

Pourquoi utiliser de l’eau potable pour ses toilettes quand on peut récupérer l’eau de pluie ? C’est parfois possible même quand les installations n’ont pas été prévues lors de la construction de la résidence, comme en témoigne l’expérience d’un citoyen de Boisbriand.

Au bout d’une rue calme et verdoyante, la maison de Denys Thibodeau ressemble à celle de ses voisins.

Mais ce qu’on ne voit pas, c’est qu’elle est sans aucun doute celle qui consomme le moins d’eau potable.

Le retraité de 64 ans a aménagé dans son garage tout un système pour récupérer l’eau de pluie de ses gouttières, afin de la rediriger vers les toilettes de sa résidence.

« Pas besoin d’eau potable pour tirer la chasse d’eau, c’est de l’eau gaspillée ! », s’exclame l’ancien policier et conseiller en sécurité civile et mesures d’urgence.

L’installation de son système n’a pas été très compliquée, même si la maison, construite en 1991, ne le prévoyait pas à l’origine.

« Les deux toilettes sont une au-dessus de l’autre » et sont alimentées par le même tuyau, explique-t-il ; il a donc été facile de séparer l’alimentation en eau.

En moins de deux semaines, en y travaillant à temps perdu, son installation était prête.

Et elle lui a coûté moins de 700 $, calcule-t-il.

Puisque les résidences de Boisbriand sont dotées de compteurs d’eau, il a pu calculer que la sienne, où vivent trois adultes, économise entre 100 et 150 L d’eau. Par jour.

Pour « patenteux » seulement

Denys Thibodeau prévient que la construction d’un tel système n’est pas à la portée de tout le monde, mais que quelqu’un qui est « patenteux » comme lui, avec des connaissances en électricité et en plomberie, peut y parvenir aisément.

L’eau des gouttières est acheminée dans un puisard qu’il a aménagé à l’intérieur de son garage, similaire à celui qui recueille l’eau d’un drain, puis elle est pompée dans 7 barils de 200 L chacun.

Une jauge détecte lorsqu’ils sont pleins et désactive la pompe, le surplus d’eau du puisard est alors évacué dans le champ qui jouxte la résidence, ce qui évite que son système déborde.

Car recueillir les 1400 L d’eau nécessaires à les remplir est une question d’une heure ou deux, quand il pleut.

Lors d’une pluie torrentielle, ils se sont même déjà remplis en 10 minutes, raconte-t-il, alors que la superficie de son toit fait environ 65 m2 (700 pi2).

Et s’il manque d’eau, ce qu’il lui arrive seulement une ou deux fois par année, lors de longues périodes de sécheresse, une valve qu’il actionne manuellement lui permet de basculer sur le réseau d’aqueduc.

Démocratiser l’économie d’eau

L’installation de Denys Thibodeau suscite la curiosité de ses proches, mais personne ne l’a encore imité.

« C’est certain que j’aimerais ça que ça fasse des petits ! », s’exclame-t-il. Ce qu’il aimerait encore plus, c’est que les autorités légifèrent pour démocratiser l’économie d’eau.

« La RBQ [Régie du bâtiment du Québec] devrait rendre ça obligatoire ! »

— Denys Thibodeau

« Ce serait facile, en construisant, d’aménager un réservoir sous le plancher d’un garage », illustre-t-il, tout comme de prévoir la tuyauterie appropriée.

La coordonnatrice du secteur de l’eau au Réseau environnement, un regroupement de spécialistes en environnement au Québec, abonde dans le même sens que lui.

« Ça n’a aucun sens que ça n’existe pas encore », a déclaré Ikram Abdeljelil à La Presse.

Il y a aussi d’autres façons d’économiser l’eau potable, comme récupérer l’eau de la douche ou du bain pour les toilettes, qui drainent 40 % de la production d’eau potable au Québec, explique-t-elle.

« Les gens ne sont pas conscients de la quantité d’eau qu’ils consomment [mais] ça fait partie de l’un des plus gros postes de dépenses d’une ville », rappelle-t-elle.

Ikram Abdeljelil prévient que le Québec n’est pas à l’abri des pénuries : « Le manque d’eau va se faire ressentir de plus en plus […], surtout dans le contexte des changements climatiques. »

Sur le radar

Recyclage du verre

D’autres municipalités emboîtent le pas

En attendant que Québec statue sur l’implantation ou non d’une consigne sur les bouteilles de verre, l’idée de faire appel à la participation volontaire des citoyens fait des petits. Cinq municipalités de la Rive-Sud ont récemment installé des points de dépôt pour recueillir les contenants de verre. « Tout le verre qui sera déposé dans ces conteneurs sera traité à Saint-Jean-sur-Richelieu avant d’être valorisé », explique dans un communiqué Suzanne Roy, préfet de la MRC de Marguerite-D’Youville et mairesse de Sainte-Julie. Contrecœur, Saint-Amable, Sainte-Julie, Varennes et Verchères s’ajoutent donc à la liste de municipalités du Québec, comme Saint-Denis-de-Brompton, Bromont, Saint-Lambert, Farnham et Cowansville, qui offrent désormais une autre option que le bac de recyclage pour valoriser le verre.

La Presse

L’Allemagne bannira le glyphosate fin 2023

L’Allemagne bannira fin 2023 l’utilisation du controversé herbicide glyphosate, a décidé mercredi le gouvernement, qui a présenté une série de mesures pour la protection des insectes et des animaux. L’interdiction de cet herbicide, produit par Monsanto, entrera en vigueur le 31 décembre 2023, lorsque la période actuelle d’autorisation par l’Union européenne arrivera elle-même à échéance. Sans attendre 2023, l’Allemagne prévoit dès l’année prochaine de premières limitations, avec une interdiction dans les parcs et jardins particuliers, ainsi que de premières restrictions pour les agriculteurs. « Nous critiquons la décision du gouvernement allemand d’éliminer progressivement le glyphosate d’ici la fin de l’année 2023 », a réagi Liam Condon, membre du conseil d’administration de Bayer, qui a racheté Monsanto. En Allemagne, des biologistes tirent la sonnette d’alarme au sujet de la baisse vertigineuse, en partie due aux herbicides, des populations d’insectes, perturbant les écosystèmes, notamment la pollinisation des plantes. (AFP)

Les ports de Méditerranée misent sur l’électricité

De Marseille à Nice, les ports de Méditerranée misent sur un plan ambitieux de 30 millions d’euros (44 millions) pour lutter contre la pollution de l’air causée par les traversiers et les paquebots, un problème de santé publique lié au boom des croisières. Mesure la plus emblématique de ce plan « Escales zéro fumée », qui s’ajoute à des initiatives de l’État et des métropoles : l’électrification des quais. L’enjeu est que les traversiers et paquebots, lors de leurs escales, puissent se brancher directement sur le réseau électrique plutôt que de laisser tourner leurs moteurs au gazole, comme ils le font aujourd’hui, en relâchant d’épaisses volutes noires et toxiques. Dans le premier port français, l’objectif est que « 100 % des ferries soient branchés à quai » d’ici 2023, a annoncé M. Muselier. Il promet également le branchement électrique « à l’horizon 2025 de tous les navires de croisière ». (AFP)

Les énergies renouvelables multipliées par 4 depuis 10 ans

Les énergies renouvelables ont vu leurs capacités de production multipliées par quatre dans le monde en 10 ans, même si cela n’a pas empêché les émissions du secteur de l’énergie de croître, selon un rapport publié jeudi en amont du sommet sur le climat de l’ONU. Éolien, biomasse, hydraulique et surtout solaire… les investissements ont atteint sur cette décennie plus de 2500 milliards de dollars, tirés par la baisse des coûts, recense ce bilan annuel produit par l’École de finance et de management de Francfort et Bloomberg New Energy Finance avec le Programme des Nations unies pour l’environnement. Selon ces calculs, qui ne comprennent pas les barrages de plus de 50 MW, les énergies renouvelables représentent désormais une capacité de 1650 GW (contre 414 GW en 2009) et ont généré 12,9 % de la production électrique mondiale en 2018. Le solaire représente la plus large part des 2300 GW de capacités totales installées sur la décennie, dépassant des ressources fossiles comme le charbon et le gaz. (AFP)

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