C h a u s s u r e s d e l u x e

JÉRÔME C. ROUSSEAU TALONNE LES GRANDES MARQUES

Qu’ont en commun Charlize, Cameron, Scarlett et Drew ? En plus de briller à Hollywood, elles craquent toutes pour les talons de Jérôme. À 41 ans, ce « p’tit gars » de Roberval fait partie des coqueluches internationales du design de chaussures. Installé à Los Angeles, il trimballe un CV peu commun : des études en design à Londres et quelques emplois parmi de grands noms du style. Sa griffe homonyme, lancée il y a 10 ans avec ses maigres économies, est vendue auprès de détaillants chics et jouit d’une couverture de presse enviable. Cinq questions à un designer d’ici qui rayonne dans les grandes capitales de la mode.

LA GRIFFE D’UN GRAND

Quel est l’ADN de votre marque ?

Je crée des chaussures de grande qualité, confectionnées à la main en Italie avec les meilleurs matériaux. Mes créations sont à la fois audacieuses et élégantes. Je m’amuse autant à imaginer des sandales vertigineuses que des mules à talons plats ! Je me fiche des tendances; c’est peut-être pour cette raison que mes designs sont qualifiés d’intemporels. Ma signature, c’est le talon Épine (thorn heel). Chaque saison, je renouvelle cette silhouette reconnaissable dans ma collection.

DU LAC-SAINT-JEAN À « L.A. »

Avez-vous toujours rêvé d’une carrière internationale ?

J’ai toujours eu le désir de découvrir le monde. J’ai d’abord voyagé grâce à la musique : je suis de la génération MusiquePlus et MTV ! C’est en voyant les vidéoclips colorés du groupe Deee-Lite que j’ai su ce que je voulais faire dans la vie. J’ai quitté Roberval dès la fin de mon secondaire pour étudier à Montréal et ensuite à Londres, où j’ai fréquenté la meilleure école de design de chaussures qui soit. Plus tard, c’est l’amour qui m’a fait m’établir en Californie.

UNE STAR PARMI LES STARS

La « Cité des anges » a-t-elle été votre bonne étoile ?

Vivre à Los Angeles m’a permis de côtoyer rapidement des gens qui œuvrent dans le cinéma et la musique. Dès le début, des personnalités très en vue ont enfilé mes chaussures. En 2008, l’actrice Charlize Theron défilait sur un tapis rouge chaussée en Rousseau, et ce, avant même qu’une seule paire d’escarpins de ma collection ne soit encore livrée en magasin ! C’est une amie styliste qui a joué les entremetteuses sur ce coup-là. Je dois beaucoup de ma notoriété aux célébrités qui portent mes créations.

MINIBUDGET, GRAND RÊVE

Qu’est-ce que ça prend pour lancer une marque internationale ?

Dans mon cas : un cocktail de naïveté, de courage, d’ambition et de persévérance. J’ai eu le cran de présenter ma toute première collection à Milan et à Paris. J’ai fait ça sans budget, puisque j’avais tout investi dans mes premiers échantillons. Des amis qui avaient des appartements bien situés dans ces deux villes me les ont prêtés. J’ai caché leurs meubles et improvisé une minisalle de montre pour accueillir des acheteurs ciblés. Je n’avais pas les moyens de mes ambitions, mais j’avais la conviction que j’allais leur montrer un produit magnifique. Et ça a fonctionné !

FIERTÉ TOUTE QUÉBÉCOISE

De quoi êtes-vous le plus fier aujourd’hui ?

Lorsque je vois mes chaussures sur les rayons, placées à côté de celles d’autres marques de luxe réputées, j’ai une certaine fierté à penser que j’accomplis tout cela presque en solo – épaulé par une très petite équipe –, alors que les autres grands noms profitent généralement de gros moyens et d’équipes structurées… Autrement, ça me fait très plaisir lorsque je sors avec une amie qui porte mes chaussures et qu’elle se fait complimenter sur celles-ci !

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