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Walmart fait appel au studio MGM

L’enseigne Walmart va signer un accord avec l’emblématique studio de cinéma Metro Goldwyn Mayer (MGM), dans l’espoir de réduire l’écart avec son rival Amazon, dont la plateforme Prime Video est un argument marketing attrayant pour les consommateurs, a indiqué hier un porte-parole à l’AFP. Ce partenariat prévoit que MGM crée des contenus exclusifs pour Vudu, le service de vidéo à la demande racheté en 2010 par Walmart. Il survient au moment où des analystes prêtent à Walmart l’ambition de produire des films et de lancer, dans les prochains mois, son propre service de streaming afin d’offrir une plateforme complète aux consommateurs sous le modèle d’Amazon.com, avec pour but de les fidéliser. — Agence France-Presse

Économie

Le Nobel à deux précurseurs de la croissance verte

Allier innovation, climat et économie pour plus de croissance verte : le 50e prix Nobel d’économie a été attribué hier aux Américains William Nordhaus et Paul Romer, qui ont décrit les vertus et nuisances de l’activité économique sur le climat.

Favoris du Nobel depuis plusieurs années, les colauréats « ont mis au point des méthodes qui répondent à des défis parmi les plus fondamentaux et pressants de notre temps : conjuguer croissance durable à long terme de l’économie mondiale et bien-être de la planète », a indiqué l’Académie royale des sciences.

Leurs travaux s’appuient sur ceux du keynésien Robert Solow, Prix Nobel d’économie 1987 pour ses travaux concernant l’impact du progrès technique sur la croissance.

L’annonce de ce Nobel coïncide avec la publication d’un rapport alarmiste du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC) de l’ONU, qui appelle à des transformations « sans précédent » pour limiter le réchauffement climatique.

« Politiques désastreuses de Trump »

Joint au téléphone par l’Académie, William Nordhaus a dénoncé « les politiques désastreuses de l’administration Trump », qui a décidé de se retirer de l’accord de Paris sur le climat, en juin 2017.

« Ce degré d’hostilité, aux États-Unis, vis-à-vis des politiques environnementales et climatiques est une anomalie », a-t-il déclaré plus tard, lors d’une conférence de presse organisée à Yale.

« Tout ce que je peux faire, c’est espérer que nous traversions tout ça [l’administration Trump] sans trop de casse », a dit l’universitaire lors du point de presse, décalé pour lui permettre de donner son cours de macroéconomie habituel du lundi matin, qu’il avait refusé d’annuler.

« La croissance endogène »

Paul Romer, chercheur de 62 ans et ancien économiste en chef de la Banque mondiale, est connu pour avoir théorisé « la croissance endogène » dès 1986, montrant comment l’innovation et le progrès technique participent de manière importante à la croissance, modèle adapté, dans les recherches de William Nordhaus, à l’innovation verte et à l’idée d’une croissance durable.

Il a mis en avant le rôle des forces économiques et des régulations dans « l’inclination » des entreprises à innover.

« Nombreux sont ceux qui pensent que la protection de l’environnement est si coûteuse et difficile à mettre en œuvre qu’ils préfèrent ignorer le problème, voire nier son existence », a déclaré à l’Académie M. Romer, aujourd’hui enseignant à la Stern School of Business de l’Université de New York – qui a d’abord cru à un appel non désiré quand l’Académie l’a contacté.

« Vous avez droit à votre opinion, mais pas à vos propres faits. »

— Paul Romer

« Je ne le voulais pas, mais je l’accepte », a-t-il expliqué, sourire en coin, après avoir répondu au représentant du comité Nobel qui l’a appelé au petit matin.

Après être passé par les universités de Rochester, Chicago et Berkeley, Paul Romer a rejoint NYU en 2011 pour travailler sur l’urbanisation et la croissance des villes.

« Le moment où j’ai été content, c’est quand j’ai demandé si quelqu’un d’autre avait reçu le prix » et appris qu’il s’agissait de M. Nordhaus, a poursuivi Paul Romer, « parce que Bill est un collègue et une personne fantastique ».

Son compatriote William Nordhaus, 77 ans, professeur à l’Université de Yale, s’est spécialisé dans la recherche des conséquences économiques du réchauffement climatique.

Il a été le premier, dans les années 90, à modéliser le lien entre l’activité économique et le climat en conjuguant les théories et l’expérience tirées de la physique, de la chimie et de l’économie, a expliqué le jury du Nobel.

Ces travaux font aujourd’hui autorité et servent à prédire ou quantifier les conséquences des politiques climatiques, par exemple la taxe carbone.

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