Vite se remettre au travail !

Après le tourbillon médiatique qui a suivi sa victoire aux Internationaux des États-Unis, la Canadienne Bianca Andreescu reprendra graduellement l’entraînement la semaine prochaine. Car elle a toujours comme objectif d’atteindre le premier rang du classement mondial, dit son entraîneur Sylvain Bruneau.

Sylvain Bruneau est vite revenu à la vie normale : « J’ai fait la vaisselle hier soir et je dois accompagner mes deux filles chez le dentiste », a raconté l’entraîneur de Bianca Andreescu, hier midi, lors d’un point de presse au stade IGA.

« Cette victoire de Bianca aux Internationaux des États-Unis, c’est beaucoup d’émotions, encore plus gros que ce que j’aurais imaginé. C’est sûr que ça va changer sa vie à jamais, mais je ne crois pas que ça va vraiment changer la mienne. »

Celui qui se consacre depuis plus de 30 ans à former et à encadrer des joueurs de tennis n’entend pas faire autre chose maintenant qu’une de ses protégées a remporté un tournoi du Grand Chelem. Il a même déjà hâte de se remettre au boulot.

« Bianca a souvent dit qu’elle n’entendait pas se contenter d’un seul titre en Grand Chelem, qu’elle voulait en remporter plusieurs, qu’elle voulait atteindre le premier rang mondial. Ça veut donc dire qu’il faut vite se remettre au travail !

« Bien sûr, il va falloir composer avec toutes les demandes et obligations qui viennent avec cette victoire à New York. Elle rentrait à Toronto aujourd’hui [hier] et elle a des activités médiatiques prévues au cours des prochains jours.

« Mais nous avons convenu de nous retrouve lundi prochain, ici à Montréal, pour reprendre graduellement l’entraînement. Les événements nous ont aussi obligés à revoir le programme des tournois pour la suite de la saison. En principe, elle ne reviendra au jeu qu’au tournoi de Pékin, à la fin du mois [à compter du 28 septembre]. »

Andreescu devait initialement disputer un autre tournoi la semaine précédente, mais son équipe a préféré réduire le programme après toute la folie du dernier mois.

Pour l’instant, la Canadienne n’est officiellement engagée dans aucun autre tournoi. « Je sais que Bianca aimerait vraiment prendre part au championnat de la WTA, réservé aux huit meilleures de la saison, à la fin d’octobre, a rappelé Bruneau.

« Elle est en bonne position pour l’instant [4e], mais elle devra bien performer à Pékin pour assurer sa place. Ça se pourrait qu’il y ait un petit contrecoup après tous les succès des dernières semaines, ce serait normal. On verra bien… »

Encore beaucoup à améliorer

On a beaucoup parlé des progrès de la Canadienne, qui est passée du 210e au 5e rang mondial en 12 mois, mais son entraîneur croit qu’elle peut encore améliorer plusieurs aspects de son jeu.

« Elle peut progresser dans tous les compartiments de son jeu, a estimé Sylvain Bruneau. Elle a un jeu très complet, elle peut faire toutes sortes de choses sur un terrain, mais elle ne s’est pas spécialisée dans un style.

« Actuellement, il y a plusieurs filles qui jouent un style assez similaire, très en puissance, alors que Bianca a un éventail de coups qui permet d’amener beaucoup d’améliorations, au service notamment, en fond de terrain aussi. Et on voudrait l’amener à monter davantage au filet, à intercepter plus de balles. »

Bruneau note aussi que si Andreescu réussit déjà de très belles choses sur le plan stratégique, elle n’a pas encore cette constance qui pourrait lui permettre de gravir les derniers échelons qui la séparent du sommet.

Longtemps blessée cette saison, la Canadienne aura une belle « fenêtre » pour progresser le printemps prochain. « Elle n’a encore pratiquement pas joué en Grand Chelem, n’a fait qu’un tour à Roland-Garros [avant de déclarer forfait] et n’a pas joué à Wimbledon, a rappelé Bruneau. Elle n’aura donc aucun point à défendre la saison prochaine entre avril et août et pourrait en profiter. »

En rappelant qu’Andreescu n’a encore que 19 ans, l’entraîneur a souligné qu’il ne fallait pas brusquer les choses, qu’il ne fallait surtout pas entretenir cette obsession des points et du classement qui a brisé la progression de plusieurs jeunes joueuses.

Et il pense que la jeune femme est assez forte mentalement, assez bien entourée aussi, pour accomplir d’autres exploits.

UNE FIN DE SAISON CHARGÉE POUR AUGER-ALIASSIME

Félix Auger-Aliassime est passé à côté des Internationaux des États-Unis, avec une défaite expéditive au premier tour contre son compatriote Denis Shapovalov. Il n’entend toutefois pas ruminer cette déception très longtemps et prépare déjà la suite de la saison.

Le joueur de 19 ans s’entraîne actuellement à Monaco, avec l’entraîneur Fred Fontang, qui a pris la relève de Guillaume Marx pour une série de tournois en Asie. Auger-Aliassime est inscrit à compter du 23 septembre au tournoi de Chengdu (ATP 250), en Chine, puis à celui de Pékin (ATP 500), avant le Masters 1000 de Shanghai. Il reviendra ensuite en Europe, pour préparer une grosse fin de saison avec un dernier Masters 1000 à Paris, la finale de la « Next Gen » à Milan et la finale de la Coupe Davis à Madrid.

Le Canadien aurait pu revenir au jeu la semaine prochaine, mais il a décliné une invitation pour prendre part à la Laver Cup, la semaine prochaine à Genève. Cette compétition hors circuit, entre l’Europe et le « reste du monde », réunit pourtant des joueurs de fort calibre – Rafael Nadal et Roger Federer, notamment –, et les Canadiens Milos Raonic et Denis Shapovalov ont été sélectionnés.

Auger-Aliassime et son équipe ont préféré se concentrer sur les tournois officiels, une décision que Louis Borfiga estime très judicieuse.

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