Humour

Peut mieux faire

CRITIQUE
Bien faire
Jay du Temple
Deux étoiles et demie

Fraîchement débarqué de l’aéroport en provenance de Grèce, où il anime en ce moment Occupation double, Jay Du Temple a fait un passage éclair au Théâtre Maisonneuve pour présenter au public montréalais Bien faire, son tout premier spectacle solo. D’un charisme indéniable et d’une aisance déconcertante sur scène, l’humoriste n’est pourtant pas arrivé à nous convaincre au terme de sa prestation de 75 minutes.

« Saveur » du moment, Jay Du Temple n’a plus besoin de présentations. L’humoriste à l’agenda de ministre n’a guère eu le temps de se reposer entre deux moutures d’Occupation double. Il a en effet enchaîné les tournages de Code G et le rodage de Bien faire depuis son retour de Bali en novembre dernier. Ajoutez à cela la rédaction d’un livre, des présences dans les festivals et quelques dizaines de passages dans des émissions en tout genre. Voilà de quoi en étourdir plus d’un !

On avait bien hâte de découvrir ce que Jay Du Temple avait à offrir sur scène après avoir apprécié son sens de la répartie et du punch au petit écran comme sur les ondes radio.

Dès les premières minutes de son spectacle, on peine à comprendre où s’en va vraiment Jay Du Temple, qui lance d’entrée de jeu quelques blagues sur les Haïtiens, tout en imitant l’accent créole. On se surprend d’ailleurs à plusieurs reprises à se demander pourquoi l’humoriste prend le temps de nous raconter certaines anecdotes (comme celle dans un bar de Toronto). 

Bien faire a au final plus l’allure et la structure d’un pot-pourri ou d’un best of de sketchs de bar que d’un spectacle bien ficelé prêt à présenter à la Place des arts.

Celui qui est sorti de l’École nationale de l’humour en 2013 propose somme toute un spectacle assez personnel où il se sert de son parcours pour chatouiller tant les plus jeunes que les plus vieux, jouant très souvent avec les fossés entre générations.

Dommage qu’on reste en surface avec des blagues de mères qui envoient des textos ou utilisent des émojis et quelques clins d’œil à Harry Potter, Lorie, Lindsay Lohan ou Kevin Parent. On en aurait pris plus.

Pas grand-chose de neuf, donc, dans les angles abordés par Jay Du Temple, sur des sujets assez banals : les parents, l’adolescence, l’école secondaire et la kyrielle de premières fois que peut vivre un jeune homme issu de la génération Y (premier appartement, première blonde, première relation sexuelle, première infidélité, etc.).

On n’est que très rarement surpris par les propos de Jay Du Temple sur scène qui ne va pas au-delà de la simple anecdote, comme lors de son examen des testicules.

L’humoriste interagit beaucoup avec son public, et ce, dès le début de sa prestation. Sans pour autant se planter, Jay Du Temple ne créera aucun moment mémorable au fil de ses discussions avec les spectateurs. On est loin des moments d’impro de Sugar Sammy !

Bien faire souffre d’un sérieux manque de structure. Les transitions sont peu soignées et ses textes pas assez aboutis. Dommage, car à 26 ans, Jay Du Temple a un réel potentiel sur scène. Mais il a sérieusement besoin d’un coup de main à la script édition. 

On est loin de la qualité des productions d’humoristes de sa génération comme Mariana Mazza ou Katherine Levac.

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