Course à la direction du Parti québécois

Guy Nantel promet d’« amener un vent nouveau »

QUÉBEC ET MONTRÉAL — Guy Nantel promet que son entrée en politique va « amener un vent nouveau, pas juste au Parti québécois, mais sur la politique » en général.

Après des jours de réflexion, l’humoriste de 51 ans, qui œuvre sur scène depuis plus de trois décennies, a mis fin au suspense, jeudi. Il a confirmé qu’il se lançait dans la course pour devenir le 10e chef de l’histoire du PQ, parti qu’il veut « décomplexer ».

« Tout le monde se vante de faire des réformes, mais je regarde le Québec depuis 20 ans, et à part la loi 21 [Loi sur la laïcité de l’État], je trouve qu’il n’y a pas [beaucoup de] réformes qui ont été faites qui ont changé le Québec », a dit Guy Nantel en entrevue avec La Presse.

L’humoriste, qui n’hésite pas à dire ce qu’il pense, promet de ne pas changer.

« Il n’y a personne qui va me dire quoi dire, quoi ne pas dire, comment le faire et comment m’habiller. Je ne suis pas là pour gagner une course ou pour avoir un job. C’est une démarche citoyenne pour dire au monde que ça suffit, le système politique dans lequel […] un paquet de gens veulent juste faire avancer leur carrière », a-t-il dit.

Selon lui, le PQ doit promettre d’organiser un référendum sur la souveraineté dans les deux premières années d’un futur mandat. « J’ai l’intime conviction que les gens n’en ont pas entendu assez parler », a-t-il dit.

« Je pense vraiment que ma personnalité, […] le fait d’être un gars qui connecte avec le public et qui est capable de vulgariser cette bibitte-là, la souveraineté, va faire en sorte que les choses vont se faire », a-t-il ajouté.

Des nuances sur la laïcité

En matière de laïcité, Guy Nantel promet de défendre la « loi 21 » et de renouveler la disposition de dérogation pour qu’elle ne soit pas contestée en Cour suprême. Par le passé, il s’est aussi prononcé contre le port du voile intégral dans la sphère publique. Il a réaffirmé cette position il y a quelques semaines à Tout le monde en parle.

« Quand on vit en société, le strict minimum du bien vivre-ensemble, c’est de montrer son visage », avait-il dit.

« Quand on m’a parlé du voile intégral, c’était vraiment une opinion à titre de citoyen. Je n’ai jamais dit que j’allais mettre ça dans un programme politique », a nuancé M. Nantel jeudi à La Presse.

Des militants péquistes qui siègent à des comités décisionnels du parti, à qui La Presse a parlé, se demandaient jeudi où Guy Nantel traçait la ligne entre ses opinions personnelles et ses positions politiques. Est-il de gauche, de droite ? « On ne sait pas ce qu’il pense », nous a dit l’une d’elles, décrivant l’homme comme un « outsider ».

« On ne se pose pas la question à savoir pourquoi un animateur de TVA devient président de l’Assemblée nationale ou pourquoi un gars qui a organisé une grève étudiante devient chef d’un parti politique ou pourquoi un professeur de théâtre devient premier ministre du Canada, a dit Guy Nantel. Alors, je ne vois pas pourquoi les humoristes auraient une espèce de marche supplémentaire à monter. »

L’humoriste affirme par ailleurs qu’il n’est ni à gauche ni à droite. Par exemple, « une grande réforme que j’aimerais faire, a-t-il dit, c’est la scolarité gratuite de la maternelle jusqu’au baccalauréat. Mais si tu coules ton cours ou que tu l’abandonnes, la reprise, tu dois la payer ».

Une arrivée attendue

Son entrée en scène, qui alimentait les discussions dans les milieux politiques depuis des semaines, n’est pas passée inaperçue, jeudi. Dans la sphère publique, comme au sein de son propre parti.

En matinée, l’humoriste avait convié les journalistes à un point de presse à la permanence du parti, à Montréal. Il a signé sa carte de membre et a confirmé qu’il se lançait dans la course. Mais les responsables du parti avaient appris ses intentions la veille, dans les médias. Certains ont été froissés du choix du lieu, alors que la permanence d’un parti est un terrain neutre dans une course.

« Le stunt de Guy Nantel à la permanence a été fait sans l’accord du parti […]. Un autre qui va faire sa campagne contre le parti, à la manière de Martine Ouellet », a déploré un haut responsable contrarié par sa façon de faire.

S’il n’est pas élu chef, le 19 juin prochain, se présentera-t-il aux prochaines élections ? « Mon idée n’est pas encore faite », a répondu Guy Nantel jeudi.

Outre l’humoriste, le député Sylvain Gaudreault, l’avocat Paul St-Pierre Plamondon et l’enseignant en histoire Frédéric Bastien ont également confirmé ces dernières semaines qu’ils se lançaient dans la course.

En vertu de nouvelles règles, les non-membres du PQ pourront voter pour le prochain chef, moyennant une contribution de 5 $. La période officielle de mise en candidature aura lieu du 2 mars au 9 avril. L’élection aura lieu le 19 juin prochain.

« C’est comme vivre sur une autre planète »

Yochonon Lowen, ex-membre d'une communauté hassidique, blâme Québec pour ne pas avoir reçu un enseignement de qualité 

Yochonon Lowen, ancien membre d’une communauté hassidique, a résumé en une phrase les difficultés qu’il vit au quotidien en raison de l’instruction strictement religieuse qu’il a reçue enfant : « C’est comme vivre sur une autre planète. »

Appelés à témoigner devant la Cour supérieure, lui et sa femme ont demandé au gouvernement du Québec de s’engager à assurer un enseignement de qualité à tous, ce qu’ils estiment ne pas avoir reçu.

Après le témoignage mercredi de Clara Wasserstein, c’était au tour jeudi de Yochonon Lowen de raconter en détail l’instruction reçue au sein de la communauté juive ultra-orthodoxe Tash de Boisbriand.

Né à Londres, il a déménagé au Canada en 1988 pour vivre chez ses grands-parents, « des survivants de l’Holocauste », dans la communauté de Boisbriand. Le reste de sa famille est venu le rejoindre quelques années plus tard.

Il a raconté que son instruction se résumait pour l’essentiel à l’étude de la Torah et du Talmud. De longues heures par jour, six jours par semaine.

Il se souvient qu’il y avait tout de même quelques heures par semaine qui étaient consacrées à des cours d’anglais et de mathématiques, mais il n’était pas obligé d’y assister. Pendant près d’un an, il a d’ailleurs choisi de ne pas y aller : « On me disait que mon âme serait plus pure si je n’apprenais pas ça. »

Des cours de « géographie » ou de « science » ? Il ne connaissait même pas ces mots, encore moins leur signification, a expliqué Yochonon Lowen au juge.

Il déplore d’ailleurs le fait qu’il n’y avait pas de manuels scolaires dans ces lieux d’enseignement, parce que « tous les livres avaient un jour été mis dans la poubelle ». Aucune bibliothèque non plus.

M. Lowen a raconté que lorsqu’un garçon qui fréquente un centre d’étude Yeshiva termine son apprentissage, il est préférable qu’il soit « déjà fiancé à une femme » pour ensuite l’épouser. Ce qu’il a fait avec Clara Wasserstein, à l’âge de 19 ans.

Pendant les quatre premières années de leur mariage, ils ont continué à vivre dans la communauté de Boisbriand, où ils ont eu leur premier enfant. Par soif d’apprendre, et en secret de ses proches, Yochonon Lowen a commencé à suivre des cours d’anglais à Montréal. Un peu plus tard, il a aussi suivi des cours de français.

« J’ai tellement souffert »

Lorsque les Lowen-Wasserstein ont quitté Boisbriand, ils ont eu un choc en se retrouvant à l’extérieur de la communauté.

« Je ne sais pas comment me faire des amis. Je n’avais pas le droit de regarder les autres, alors je sais encore moins comment leur parler, a confié M. Lowen, avec émotion. Je travaille encore là-dessus, c’est très difficile. »

Le couple ne réclame pas d’argent. Dans la requête en jugement déclaratoire déposée en 2016, qui vise notamment le gouvernement du Québec, une commission scolaire et des établissements d’enseignement, ils expriment plutôt le souhait que le gouvernement s’engage à assurer un enseignement de qualité à tous les Québécois. Ce qui veut aussi dire, à leur avis, de ne pas tolérer « ces écoles illégales ».

« J’ai tellement souffert que je ne veux pas que ça arrive à d’autres. Je veux que quelque chose de bien sorte de toute cette peine », a expliqué le témoin au juge, jeudi matin.

En contre-interrogatoire, l’avocat David Banon, qui représente la communauté hassidique, a mentionné que les parents et des sœurs de M. Lowen vivaient toujours dans la communauté de Boisbriand et qu’ils y étaient « heureux ».

Les audiences se poursuivront la semaine prochaine.

Le REM dévoile les noms de 25 stations

Côte-de-Liesse, Fairview–Pointe-Claire, YUL-Aéroport-Montréal-Trudeau : l’équipe du Réseau express métropolitain (REM) a dévoilé jeudi les noms officiels de 25 stations de son réseau. Huit noms retenus lors du lancement en 2016 ont changé.

« Lorsqu’on a de nouvelles dessertes, on est allés travailler avec la géolocalisation de la station, donc on va donner à la station le nom de la rue la plus proche ou de la ville où elle se situe, a expliqué au téléphone Virginie Cousineau, directrice des Affaires publiques pour le projet REM. Et c’était très important d’éviter les doublons. »

Elle donne l’exemple de ce qui devait être la station du REM « Mont-Royal », qui devient « Ville-de-Mont-Royal ». Lorsqu’une station du REM vient s’ajouter à une station déjà existante, les deux gardent le même nom.

Les autres noms qui ont changé sont les suivants : Roxboro-Pierrefonds devient Pierrefonds-Roxboro, A40 devient Côte-de-Liesse, Rive-Sud sera Brossard, Pointe-Claire sera Fairview–Pointe-Claire, Sainte-Anne-de-Bellevue devient L’Anse-à-l’Orme, Technoparc Montréal sera Marie-Curie et Aéroport-Montréal-Trudeau devient YUL-Aéroport-Montréal-Trudeau.

Le nom de la future station du REM dans le secteur Griffintown, à Montréal, n’a pas encore été déterminé, puisque son emplacement n’est toujours pas fixé.

Malgré la saison hivernale, « les travaux progressent très bien », estime Mme Cousineau. Les échéanciers sont respectés, assure-t-elle, et la première portion devrait entrer en fonction en 2021 comme prévu.

Mort du PDG de Savoura

Une balise de repérage à bord de l’hélicoptère était défaillante

C’est parce qu’une radiobalise de repérage d’urgence (ELT) était défaillante à bord de l’hélicoptère du PDG de Savoura Stéphane Roy que les autorités n’avaient pu repérer l’appareil qui s’est écrasé l’été dernier.

« Si l’interrupteur de l’ELT peut basculer à la position “OFF” lors d’un impact, les opérations de recherche et sauvetage d’un aéronef porté disparu peuvent être retardées, ce qui diminue par le fait même les chances de survie des occupants », note le Bureau de la sécurité des transports (BST) du Canada dans un communiqué envoyé jeudi.

Le BST remarque que ce bris « n’avait pas été détecté lors de la certification de l’ELT effectuée par un organisme de maintenance agréé 3 mois avant l’accident. Selon le site web d’Orolia, le [constructeur] des ELT Kannad, il y aurait 65 000 ELT Kannad sur le marché ».

Yves Le Roux, pilote d’hélicoptère et président de l’école de pilotage et exploitant aérien Passport Hélico, note que c’est la première fois qu’il entend parler d’un bris de cet équipement.

« Je n’ai jamais vu ça. Des ELT Kannad, on a ça dans tous nos hélicoptères. Honnêtement, comme pilote, on ne touche jamais à ça. Ce sont les mécaniciens qui y touchent, et normalement, ils sont habitués, ils ne les brisent pas. C’est pour ça que je suis très étonné. »

Inspections à réviser

Le communiqué publié jeudi par le BST demande que « les procédures d’inspection périodique de ces ELT soient révisées afin qu’une telle défaillance puisse être détectée et corrigée ».

En août dernier, le BST avait révélé que la balise de détresse de l’hélicoptère de M. Roy était désactivée au moment de l’écrasement. En entrevue avec La Presse, Daniel Roy, le frère de Stéphane Roy, avait assuré que son frère n’avait pas fait preuve de négligence dans l’entretien de son appareil.

« J’ai la certitude que mon frère n’était pas au courant que la balise était éteinte, a-t-il affirmé. Mon frère était strict et rigoureux, il confiait à des professionnels la maintenance et l’entretien de son hélicoptère. »

Le BST continue par ailleurs son enquête sur les causes de l’écrasement de l’hélicoptère, et doit rendre public son rapport lorsqu’il sera terminé.

Stéphane Roy et son fils Justin avaient été retrouvés sans vie au nord du parc national du Mont-Tremblant le 25 juillet 2019, deux semaines après qu’ils furent montés à bord d’un hélicoptère qui n’est jamais arrivé à destination.

Course à la direction du Parti conservateur 

John Baird ne sera pas candidat

L’ancien ministre des Affaires étrangères John Baird a annoncé sur son compte Twitter en fin de journée jeudi qu’il écartait l’idée de briguer la direction du Parti conservateur. « J’apprécie sincèrement les courriels, les appels téléphoniques et les offres de consacrer du temps et de l’énergie [à ma campagne]. Quand j’ai quitté la politique après 20 ans, je me suis engagé à mener une carrière tout aussi enrichissante dans le secteur privé. Je suis incroyablement heureux dans ma vie post-politique et j’adore mon travail », a écrit M. Baird. Le quotidien The Toronto Star a rapporté mercredi que d’anciens proches collaborateurs de M. Baird alors qu’il était ministre attendaient le signal, tout comme plusieurs de ses amis. Parmi ceux-ci, on retrouve ses anciens directeurs des communications, Rick Roth et Mike Van Soelen, de même que ses anciens directeurs des politiques Shuvaloy Majumdar et Oren Cainer. L’ancien ministre de la Justice Peter MacKay est considéré comme le meneur de la course à la direction du Parti conservateur. Outre M. MacKay, les autres candidats qui sont dans la course sont les députés de l’Ontario Erin O’Toole et Marilyn Gladu ainsi que l’homme d’affaires de l’Alberta Rick Peterson.

— Joël-Denis Bellavance, La Presse

Mort du père de la nordicité Louis-Edmond Hamelin

Le géographe Louis-Edmond Hamelin est mort mardi dernier, a annoncé sa famille jeudi. Il avait 96 ans. Père du mot « nordicité », cet amoureux du Nord a fondé le Centre d’études nordiques de l’Université Laval. Ce grand penseur de la Révolution tranquille a été nommé Officier de l’Ordre du Canada et grand officier de l’Ordre national du Québec. « Il a parcouru le Nord à pied, en canot, en train et en avion, mais aussi mentalement en créant un lexique qui a permis au Québec d’exprimer sa nordicité et son autochtonie », a écrit le Centre interuniversitaire d’études et de recherches autochtones sur les réseaux sociaux jeudi. Il a défendu le développement du Grand Nord, en tenant compte des autochtones sur le terrain. — Janie Gosselin, La Presse

Loi sur la laïcité de l’État

English-Montréal veut toucher des fonds fédéraux

La Commission scolaire English-Montréal (CSEM) demande au gouvernement Legault l’autorisation de toucher les fonds fédéraux du Programme de contestation judiciaire pour contester la Loi sur la laïcité de l’État. « Ce sera non », a immédiatement répliqué le ministre de l’Éducation, Jean-François Roberge. « Une plainte a été déposée auprès de la Commission scolaire English-Montréal alléguant que cette dernière avait contrevenu à l’article 3.11 de la Loi sur le ministère du Conseil exécutif en sollicitant du financement du Programme de contestation judiciaire fédéral pour livrer ses batailles constitutionnelles devant les tribunaux, sans avoir préalablement demandé l’autorisation du gouvernement du Québec », a écrit jeudi la CSEM dans un communiqué. La CSEM a donc officiellement demandé à Québec jeudi de l’autoriser « à se prévaloir de toutes les sources de financement à la disposition de tous les groupes minoritaires » pour contester sa loi sur la laïcité de l’État devant les tribunaux.

— Marie-Ève Morasse, La Presse

Pénitencier Archambault

Un meurtrier récidive en prison

Christian Pépin était en prison depuis moins de deux mois pour l’homicide de sa mère et de sa grand-mère lorsqu’il a commis à nouveau un meurtre, tuant un détenu qu’il croyait « pédo », selon ses mots. Mardi, il a plaidé coupable du meurtre au deuxième degré de Keven Paillé. Le juge Marc David a condamné Christian Pépin à la prison à vie sans possibilité de libération conditionnelle avant 25 ans pour les meurtres prémédités de sa mère et de sa grand-mère, commis en mars 2018. Pendant cette audience, le meurtrier avait confié qu’il avait été agressé dès l’âge de 9 ans. À d’autres reprises, il a aussi vociféré contre les pédophiles avant de prendre le chemin de la prison. Alors qu’il était détenu au pénitencier Archambault depuis près de deux mois, il est entré dans la cellule de Keven Paillé, lui a donné 41 coups avec un objet pointu (qui pourrait correspondre à un stylo à bille trouvé par la suite dans la cuvette de toilette) et l’a l’étranglé. Son décès a été constaté à l’hôpital de la Cité-de-la-Santé à Laval. Keven Paillé avait en fait été condamné à une peine à durée indéterminée pour une agression gratuite sur deux hommes à Trois-Rivières. Il avait été déclaré délinquant dangereux. Christian Pépin n’a jamais nié son crime : « Je l’ai tué, point final. Anyway, je ne sors pas déjà, ça ne change rien. » Il connaîtra sous peu sa peine. La Couronne pourrait demander une peine consécutive à celle qu’il purge déjà.

— Véronique Lauzon, La Presse, avec la collaboration de Louis-Samuel Perron, La Presse

Rectificatif

Plomb dans l’eau

Comme nous l’avons écrit dans notre édition de jeudi, à l’école Léonard-De Vinci dans le quartier Saint-Michel, la concentration de plomb dans l’eau d’un robinet en pleine salle de classe a dépassé de 148 fois la norme fixée par le ministère de l’Éducation et de l’Enseignement supérieur (MEES). La CSDM a précisé à La Presse à la suite de la publication de notre reportage qu’à sa connaissance, ce robinet « ne servait plus depuis des années ».

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