Comme en 2017

Parti 17e, le Québécois Lance Stroll rallie l’arrivée en 9e place et marque des points au championnat.

Lance Stroll avait déjà vécu l’euphorie sur la piste montréalaise devant les siens. C’était en 2017, et pour la première fois de sa vie, il inscrivait des points en F1. Il avait poussé sa Williams de la 17e place en qualifications jusqu’à la 9e place à l’arrivée.

L’année dernière, désastre. Accident au premier tour avec la Toro Rosso de Brendon Hartley. Le Québécois avait envie d’être ailleurs durant un court point de presse qu’il a donné en marchant, sans conviction. De toute façon, sa terrible Williams ne faisait peur à personne. L’accident en début de parcours lui a évité l’humiliation à la fin.

Hier, plénitude, comme en 2017, à son premier Grand Prix du Canada au volant de sa nouvelle Racing Point. Et comme en 2017, il a poussé sa voiture de la 17e… à la 9e place. À la différence qu’il s’est encore mieux battu cette fois.

« Chaque dimanche est un coup de dés, surtout ici à Montréal, a dit Stroll, évidemment ravi. Je me rappelle il y a deux ans, j’étais dans une situation semblable et je suis parti d’ici avec un grand sourire. Ça m’arrive encore aujourd’hui. Mais on a dû travailler plus fort qu’il y a deux ans. J’ai dû prendre des décisions audacieuses pour gagner des places. »

« L’équipe a eu une bonne stratégie, on a bien géré les pneus. J’avais une bonne relation avec mes pneus. Ça m’a permis de continuer plus longtemps et de passer en pneus médiums avec une vingtaine de tours à faire. Ç’a été la clé aujourd’hui [hier]. »

— Lance Stroll

Les dépassements et les pneus, comme de fait, ont été au cœur de cette neuvième place chèrement acquise. Neuvième place qui, avouons-le, était inattendue après la journée désastreuse de samedi.

Stroll a lancé la course chaussé de pneus durs, les plus durables. Une parfaite stratégie, bien étudiée. Stroll a mangé trois positions dès l’entame grâce à une audacieuse manœuvre vers le premier virage. Il était alors 14e.

« C’était un pari de partir en durs. On ne savait pas exactement quel pneu serait le meilleur pour le début de la course, et c’était le meilleur choix que l’on pouvait faire. Qu’est-ce qu’on fait quand on part d’aussi loin ? Sergio Pérez [qui partait 15e] a pris la décision d’y aller avec des pneus médiums. Je voulais partir sur les durs, et ça a bien marché. »

Au 7e tour, Stroll a passé Antonio Giovinazzi. Puis, Pierre Gasly et Daniel Ricciardo sont entrés aux puits. Lando Norris a abandonné, le pneu arrière droit en feu. Stroll a ensuite passé Pérez.

Si bien qu’au 13e tour, le Québécois était remonté à la 8e place, avec Gasly dans le rétroviseur. Un départ exceptionnel. Les jeunes pilotes ont lutté pour chaque fraction de seconde pendant plus de 30 tours, avant que Stroll doive rentrer aux puits pour passer en médiums.

« Ce n’est pas idéal pour Pierre Gasly, il avait des pneus frais. J’ai un peu tué sa course. On avait du bon rythme sur le pneu dur. C’est vraiment ce qui a fait la course. »

Un petit dernier

À sa sortie des puits, Stroll s’est retrouvé en 10e place, et en apparence, c’est là qu’il allait terminer sa journée. Mais à trois tours de la fin, il est remonté dans la roue de Carlos Sainz fils, pour finir par le doubler à la régulière sur la ligne droite le tour suivant. Cette lutte contre Gasly puis ce dépassement sur Sainz ont été possibles grâce à une voiture qui était à point pour la course. Stroll a fait le reste, avec audace.

« La voiture était bien meilleure aujourd’hui. J’ai pu dépasser, avoir un bon départ, imposer un bon rythme. Après, il y a eu de beaux dépassements sur Giovinazzi, puis Pérez à l’épingle. J’ai plongé d’assez loin, et ça a fait du bien de le faire devant les fans canadiens dans ma section. Après Sainz à la fin, c’était à la limite, et je savais que Daniil Kvyat s’en venait derrière moi. Il fallait que je fasse la manœuvre, et je l’ai bien fait. Ça donne encore plus de satisfaction. »

Après la course, Lawrence Stroll, père de Lance et propriétaire de Racing Point, était tout sourire. Il célébrait avec ses invités près de la tente de l’équipe. Il avait raison de le faire. Stroll n’était entré dans les points que deux fois cette saison, contre trois fois pour Pérez (dont une satisfaisante sixième place en Azerbaïdjan). À Montréal, devant son public, Stroll s’est bien battu.

Surtout que la journée de samedi faisait craindre le pire. Rappelons que lors de la troisième séance d’essais libres en matinée, Stroll n’a même pas complété un tour, victime d’un problème hydraulique. Dans les qualifications, équipé de l’ancienne version moins performante du moteur Mercedes, il avait été exclu dès Q1. Pour une 11e fois de suite.

Stroll a d’ailleurs gardé cet ancien moteur pour la course et il a été le premier à se surprendre de ses performances.

« On va voir pour la suite. Peut-être que celui-là me porte chance, même s’il est plus lent ! »

C’était dit à la blague. Stroll avait le cœur léger pour la première fois du week-end.

COMME EN 2017

Parti 17e, le Québécois Lance Stroll rallie l’arrivée en 9e place

Lance Stroll avait déjà vécu l’euphorie sur la piste montréalaise devant les siens. C’était en 2017, et pour la première fois de sa vie, il inscrivait des points en F1. Il avait poussé sa Williams de la 17e place en qualifications jusqu’à la 9e place à l’arrivée.

L’année dernière, désastre. Accident au premier tour avec la Toro Rosso de Brendon Hartley. Le Québécois avait envie d’être ailleurs durant un court point de presse qu’il avait donné en marchant, sans conviction. De toute façon, sa terrible Williams ne faisait peur à personne. L’accident en début de parcours lui a évité l’humiliation à la fin.

Hier, plénitude, comme en 2017, à son premier Grand Prix du Canada au volant de sa nouvelle Racing Point. Et comme en 2017, il a poussé sa voiture de la 17e… à la 9e place. À la différence qu’il s’est encore mieux battu cette fois.

« Chaque dimanche est un coup de dés, surtout ici à Montréal, a dit Stroll, évidemment ravi. Je me rappelle il y a deux ans, j’étais dans une situation semblable et je suis parti d’ici avec un grand sourire. Ça m’arrive encore aujourd’hui. Mais on a dû travailler plus fort qu’il y a deux ans. J’ai dû prendre des décisions audacieuses pour gagner des places. »

« L’équipe a eu une bonne stratégie, on a bien géré les pneus. J’avais une bonne relation avec mes pneus. Ça m’a permis de continuer plus longtemps et de passer en pneus médiums avec une vingtaine de tours à faire. Ç’a été la clé aujourd’hui [hier]. »

— Lance Stroll

Les dépassements et les pneus, comme de fait, ont été au cœur de cette neuvième place chèrement acquise. Neuvième place qui, avouons-le, était inattendue après la journée désastreuse de samedi.

Stroll a lancé la course chaussé de pneus durs, les plus durables. Une parfaite stratégie, bien étudiée. Stroll a mangé trois positions dès l’entame grâce à une audacieuse manœuvre vers le premier virage. Il était alors 14e.

« C’était un pari de partir en durs. On ne savait pas exactement quel pneu serait le meilleur pour le début de la course, et c’était le meilleur choix que l’on pouvait faire. Qu’est-ce qu’on fait quand on part d’aussi loin ? Sergio Pérez [qui partait 15e] a pris la décision d’y aller avec des pneus médiums. Je voulais partir sur les durs, et ça a bien marché. »

Au 7e tour, Stroll a passé Antonio Giovinazzi. Puis, Pierre Gasly et Daniel Ricciardo sont entrés aux puits. Lando Norris a abandonné, le pneu arrière droit en feu. Stroll a ensuite passé Pérez.

Si bien qu’au 13e tour, le Québécois était remonté à la 8e place, avec Gasly dans le rétroviseur. Un départ exceptionnel. Les jeunes pilotes ont lutté pour chaque fraction de seconde pendant plus de 30 tours, avant que Stroll doive rentrer aux puits pour passer en médiums.

« Ce n’est pas idéal pour Pierre Gasly, il avait des pneus frais. J’ai un peu tué sa course. On avait du bon rythme sur le pneu dur. C’est vraiment ce qui a fait la course. »

Un petit dernier

À sa sortie des puits, Stroll s’est retrouvé en 10e place, et en apparence, c’est là qu’il allait terminer sa journée. Mais à trois tours de la fin, il est remonté dans la roue de Carlos Sainz fils, pour finir par le doubler à la régulière sur la ligne droite le tour suivant. Cette lutte contre Gasly puis ce dépassement sur Sainz ont été possibles grâce à une voiture qui était à point pour la course. Stroll a fait le reste, avec audace.

« La voiture était bien meilleure aujourd’hui. J’ai pu dépasser, avoir un bon départ, imposer un bon rythme. Après, il y a eu de beaux dépassements sur Giovinazzi, puis Pérez à l’épingle. J’ai plongé d’assez loin, et ça a fait du bien de le faire devant les fans canadiens dans ma section. Après Sainz à la fin, c’était à la limite, et je savais que Daniil Kvyat s’en venait derrière moi. Il fallait que je fasse la manœuvre, et je l’ai bien fait. Ça donne encore plus de satisfaction. »

Après la course, Lawrence Stroll, père de Lance et propriétaire de Racing Point, était tout sourire. Il célébrait avec ses invités près de la tente de l’équipe. Il avait raison de le faire. Stroll n’était entré dans les points que deux fois cette saison, contre trois fois pour Pérez (dont une satisfaisante sixième place en Azerbaïdjan). À Montréal, devant son public, Stroll s’est bien battu.

Surtout que la journée de samedi faisait craindre le pire. Rappelons que lors de la troisième séance d’essais libres en matinée, Stroll n’a même pas complété un tour, victime d’un problème hydraulique. Dans les qualifications, équipé de l’ancienne version moins performante du moteur Mercedes, il avait été exclu dès Q1. Pour la 11e fois de suite.

Stroll a d’ailleurs gardé cet ancien moteur pour la course et il a été le premier à se surprendre de ses performances.

« On va voir pour la suite. Peut-être que celui-là me porte chance, même s’il est plus lent ! »

C’était dit à la blague. Stroll avait le cœur léger pour la première fois du week-end.

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