Société québécoise du cannabis

La naissance d’une chaîne pas comme les autres

Il n’arrive pas souvent qu’une nouvelle chaîne de magasins soit créée pour vendre des produits qu’aucun autre détaillant n’a déjà vendus et pour concurrencer le marché noir. Mais c’est exactement ce qu’a fait la Société des alcools du Québec en mettant au monde la Société québécoise du cannabis (SQDC), seule responsable, à partir de mercredi, de la vente du cannabis légal et récréatif au Québec.

Que vendra la SQDC et à quel prix ?

Que vendra-t-on dans les succursales ?

Les produits qui seront vendus peuvent être regroupés en 7 catégories : 

• Fleurs séchées

• Fleurs moulues

• Cannabis préroulé (joints)

• Huile dans une bouteille compte-gouttes

• Huile en gélules (pilules)

• Huile en atomiseur oral

• Articles liés à la consommation (papier, briquet, égreneuse)

La Société québécoise du cannabis (SQDC) vendra ses premiers joints en boutique et en ligne mercredi matin. Au jour 1 de la légalisation de la vente de cannabis au pays, 12 succursales ouvriront leurs portes, de Mirabel à Rimouski en passant par Lévis et Joliette. Évidemment, Montréal ne sera pas négligé, avec trois succursales.

Si le nombre de succursales semble plutôt restreint pour le moment, c’est parce que la SAQ voulait à la fois « respecter la volonté des élus » et bénéficier d’une « acceptabilité sociale » avant de signer un bail, explique le porte-parole Mathieu Gaudreault. Il rappelle que certaines villes, dont Laval, ont carrément annoncé publiquement qu’elles ne voulaient pas de la SQDC sur leur territoire. De plus, « les villes avaient un travail réglementaire à faire », tout ça dans un délai jugé très court.

Rappelons qu’au moment de l’annonce de la légalisation, en novembre dernier, l’entrée en vigueur de la loi était prévue pour juillet. La SAQ ne cache pas que le report jusqu’en octobre a fait son affaire dans le contexte où tout était à inventer dans cette nouvelle industrie : sélectionner des produits et des fournisseurs, organiser la logistique et le transport, trouver des locaux, concevoir les outils technologiques pour les magasins et la vente en ligne, recruter et former le personnel, etc.

La SQDC exploitera néanmoins 20 succursales avant la fin de l’année, 50 d’ici un an et « 100 ou 150 à terme », a précisé le vice-président responsable des technologies de l’information à la SAQ, Jean-François Bergeron, lors d’une récente conférence à l’événement e-commerce Québec. Puisqu’on nage dans l’inconnu, les premières boutiques sont considérées comme des projets-pilotes et elles ont été aménagées afin d’être facilement réorganisées, si nécessaire.

On a cependant une certitude : il faudra composer avec un grand nombre de clients. Et même, dans les premiers jours, avec des files d’attente dignes de celles qui s’étendent devant les boutiques Apple quand arrivent de nouveaux iPhone, a confié le président sortant de la SAQ, Alain Brunet, à l’émission Deux hommes en or. On s’attend à ce que 4000 transactions par jour soient enregistrées.

En tenant compte des divers formats proposés, les clients auront le choix entre 183 articles. Mais certains arriveront en magasin plus tard, car les fournisseurs peinent à suffire à la demande. 

« On s’attend à un démarrage un peu difficile, a admis M. Bergeron lors de sa présentation. Toutes les provinces tirent sur les mêmes producteurs. […] Le cannabis, ça prend un certain temps à pousser. »

Les joints ne seront pas vendus à l’unité. Les coffrets métalliques et les éprouvettes en contiendront de deux à cinq, pesant chacun entre 0,33 g et 1 g.

On proposera aussi des emballages de fleurs de cannabis en trois formats : 1 g, 3,5 g et 15 g. Celui de 3,5 g, à 20 $ environ, sera le plus vendu, prévoit-on. Il ne sera pas possible de sentir le produit avant de l’acheter, car tous les paquets seront scellés, et les emballages, strictement conventionnés par Ottawa, n’auront rien d’excitant.

Bref, on sera loin de l’expérience sensorielle à la DavidsTea où le thé est vendu en vrac dans de jolis pots. D’ailleurs, les employés de la SQDC ne toucheront jamais au cannabis et ne rouleront pas de joints puisque tout arrivera en magasin déjà prêt à la vente.

Il n’est pas question non plus de s’inspirer des pastilles de goût pour aider les clients à magasiner. Toutefois, l’espèce de la plante (sativa, indica ou ruderalis), le taux en THC et en CBD (les substances euphorisantes et relaxantes du cannabis), ainsi que certaines indications relatives aux fragrances seront fournis.

Le cannabis proviendra de six fournisseurs déjà présents dans le secteur du cannabis médical (Aphria, Aurora, Canopy Growth, HEXO, MedReleaf et Tilray).

Leur marchandise ne transitera pas par un entrepôt de la SQDC. « On ne veut pas avoir à sécuriser de grosses livraisons et des camions de 43 pi pleins de palettes », justifie M. Bergeron. C’est aussi une question de flexibilité. De petites et fréquentes livraisons permettent de mieux s’ajuster à la demande des clients.

Fortes ventes en ligne

Comme la loi l’y oblige, la SQDC vendra sa marchandise en ligne. Le site SQDC.ca sera opérationnel une heure avant l’ouverture des portes des boutiques, soit à 9 h mercredi matin. Dès le départ, on s’attend à ce que le tiers des ventes se fassent en ligne. C’est beaucoup plus que la SAQ, dont le site transactionnel génère 2 % des revenus après… 18 ans.

La SQDC prévoit ainsi être « le plus gros site e-commerce au Québec pour une entreprise ayant pignon sur rue » en matière de chiffre d’affaires.

Le site, créé par la firme québécoise Orkestra, risque de surprendre les clients puisqu’il vise la promotion de la santé, et non la vente. « Le look du site est différent de ce qu’on voit dans la vente au détail normalement. Rien ne peut être perçu comme étant de la promotion. C’est très épuré », a prévenu Vincent Trépanier, vice-président et cofondateur d’Orkestra, qui était aussi sur scène à e-commerce Québec.

« Je peux vous garantir que le jour du Black Friday, le préroulé ne sera pas à 50 % de rabais ! », a-t-il ajouté en suscitant un éclat de rire généralisé dans la salle. Le marketing, les cartes de fidélisation, les rabais volume et la promotion sont tous interdits par la loi.

La SQDC prévoit par ailleurs récupérer de 30 % à 35 % du marché noir actuel, qui est évalué au Québec à 150 tonnes métriques (150 millions de grammes). Il est possible de rouler deux ou trois joints avec 1 g.

Il n’a pas été possible d’obtenir les prévisions de chiffre d’affaires et de profits de la nouvelle filiale de la SAQ, étant donné que sa mission n’est pas commerciale. Mais si l’on considère que la SQDC vendra 45 millions de grammes à 6 $ chacun, le chiffre d’affaires annuel pourrait atteindre environ 270 millions de dollars. Selon le dernier budget du Québec, la vente de cannabis ne générera pas de profit les deux premières années.

QUELQUES PRIX

La SQDC refuse de dévoiler le prix de vente de ses produits. L’entreprise a tout de même précisé quelques ordres de grandeur pour les trois formats de fleurs séchées et moulues qu’elle vendra. Notez qu’il ne sera pas plus avantageux financièrement de se procurer les gros formats, car les rabais sont interdits. Les prix ont été établis afin d’être intéressants par rapport au marché noir, mais pas trop bas pour ne pas favoriser la consommation, explique Mathieu Gaudreault, porte-parole de la SAQ.

1 g : de 6 à 7 $

3,5 g : 20 $

15 g : 90 $

SQDC et SAQ

le jeu des différences

La vente de cannabis se compare à certains égards à celle de l’alcool. Mais la SAQ et la SQDC, qui sont gérées distinctement, affichent aussi des différences importantes. Saurez-vous les trouver ? Comparatifs entre les deux sociétés d’État. — Textes Marie-Ève Fournier

Vente en ligne 

On peut acheter son vin sur le site de la SAQ depuis l’an 2000 et se le faire livrer à la maison. Il sera également possible d’acheter les produits de la SQDC en ligne et de se les faire livrer pour 5 $. Dans les deux cas, Postes Canada a le mandat de vérifier l’âge et l’identité des clients lors de la livraison à domicile.

18 ans et plus

Il faut avoir 18 ans au Québec pour consommer de l’alcool et du cannabis. Ainsi, tout comme à la SAQ, l’âge des clients de la SQDC sera vérifié afin que les mineurs ne puissent y faire un achat. Le contrôle ne se fera pas à la caisse : il faudra montrer patte blanche à l’employé d’une firme de sécurité posté dans l’entrée.

Taxes

Comme c’est le cas à la SAQ, les prix affichés à la SQDC incluront les taxes de vente, soit la TPS et la TVQ.

Usage des profits

La SAQ verse chaque année ses profits dans le Fonds consolidé du revenu du Québec, qui sert à payer la santé et l’éducation, notamment. De son côté, si la SQDC fait des profits, l’argent sera versé dans le Fonds des revenus provenant de la vente de cannabis, qui est sous la responsabilité du ministre des Finances. Ce fonds servira à financer la prévention et la recherche sur le cannabis ainsi que l’expansion et l’exploitation de la SQDC.

Quantités

Alors qu’il est permis d’acheter tout l’alcool voulu à la SAQ, la SQDC ne pourra vendre plus de 30 g à un client. Les gélules, l’huile et les atomiseurs correspondront à un certain nombre de grammes et ne pourront donc pas être ajoutés à l’achat de 30 g de fleurs de cannabis séchées, par exemple.

Mineurs à l’intérieur

Les enfants et les adolescents peuvent accompagner leurs parents à la SAQ et les aider à transporter les bouteilles. Mais à la SQDC, seules les personnes de 18 ans et plus seront admises dans les boutiques. C’est pourquoi la vérification de l’âge ne se fera pas à la caisse mais dès l’entrée, dans une aire d’accueil infranchissable pour les mineurs.

Heures d’ouverture

Au départ, il était prévu que les SQDC soient ouvertes de 10 h à 22 h tous les jours. Or, puisque ce n’est pas un détaillant de nourriture et de boissons (ce qu’est la SAQ), ses heures d’ouverture devront plutôt être les mêmes que celles des boutiques de vêtements et d’articles de cuisine. Donc, en semaine, les boutiques fermeront à 18 h ou à 21 h et la fin de semaine, à 17 h.

sacs

Dans un souci écologique, la SAQ, comme d’autres détaillants, a cessé de distribuer des sacs à ses clients en 2009. Près de 10 ans plus tard, la question des sacs est revenue, cette fois pour la filiale SQDC. Il a été décidé qu’un sac sera donné, malgré une « sensibilité au suremballage ». Le sac sera en papier et n’arborera aucun logo afin de ne pas être perçu comme un objet promotionnel.

Tout savoir sur le cannabis

Ai-je le droit de fumer du cannabis qui n’est pas vendu à la SQDC ?

Non, à moins de l’avoir acheté légalement dans une autre province. La consommation de cannabis de contrebande va constituer un crime. « Il est interdit à tout individu âgé de dix-huit ans ou plus d’avoir du cannabis en sa possession lorsqu’il sait qu’il s’agit de cannabis illicite », prévient la loi fédérale.

Ai-je le droit d’aller acheter du cannabis en Ontario ou au Nouveau-Brunswick et de le rapporter au Québec ?

« Absolument », note Mathieu Gaudreault, porte-parole à la SAQ. Mais celui-ci précise que les consommateurs devront se conformer aux règles sur le transport dans chacune des provinces. La CAQ veut par exemple hausser la limite d’âge à 21 ans. Dans ce cas, un Québécois de 20 ans qui se rendrait en Ontario – où l’âge légal sera de 19 ans – pour acheter du cannabis légalement se verrait dans l’illégalité une fois de retour au Québec.

Si j’habite au Québec, ai-je le droit d’acheter du pot en ligne ailleurs qu’à la SQDC ?

Non. « Les juridictions sont responsables de la distribution dans leurs limites. Donc pour un Québécois, la SQDC sera l’unique source d’approvisionnement en ligne », précise Mathieu Gaudreault, porte-parole à la SAQ. Il ajoute que dès leur entrée en fonction le 17 octobre, les sites web légaux de vente de cannabis au pays vont reconnaître la provenance des acheteurs et n’accepteront tout simplement pas de livrer dans une autre province.

Mon voisin fume chez lui. L’odeur me dérange chez moi. Ai-je des recours ?

En partie. Le Code civil du Québec prévoit que « les voisins doivent accepter les inconvénients normaux du voisinage qui n’excèdent pas les limites de la tolérance ».

Dans une décision rendue en janvier dernier, la Régie du logement a résilié le bail d’un locataire qui fumait trop de cannabis au goût de ses voisins, même s’il avait une ordonnance pour usage thérapeutique. Par contre, recourir aux tribunaux dans un tel cas est hasardeux. D’autres décisions récentes ont donné raison aux fumeurs.

Le pot sera-t-il moins cher en Ontario ?

La SAQ précise que chaque producteur a négocié le prix avec les distributeurs dans chaque province. Il est donc difficile de savoir pour l’instant si les Québécois paieront plus ou moins qu’ailleurs. Chose certaine, la SQDC souhaite un prix « équilibré, c’est-à-dire suffisamment attractif pour décourager l’achat illicite sans pour autant être trop bas et inciter les gens à une plus grande consommation ».

Je connais quelqu’un qui vend du pot illégal. Devrais-je le dénoncer ? Les policiers s’intéressent-ils aux petits revendeurs ?

Les corps de police assurent qu’ils vont continuer à pourchasser ceux qui cultivent le cannabis illégalement ou en font le trafic. La Sûreté du Québec (SQ) a réalisé plusieurs saisies dans des plantations illégales cet automne dans le cadre de sa traditionnelle Opération cisaille. La SQ a récemment annoncé l’embauche de 54 policiers pour lutter contre la contrebande du cannabis, comme elle le fait pour le tabac. La culture personnelle sera interdite au Québec. La loi québécoise prévoit des amendes de 250 $ à 750 $ pour quiconque est épinglé avec quatre plants ou moins à la maison.

Fumer un joint est-il moins dangereux pour les poumons que la cigarette ?

Fumer le cannabis « pourrait accroître le risque de cancer », prévient le Collège des médecins du Québec. La recherche est ambivalente sur cette question. Plusieurs études ont été menées sur les risques de cancer du poumon chez les fumeurs de cannabis. Leurs conclusions ont souvent été contradictoires. Chose certaine, la fumée de cannabis contient plusieurs agents cancérigènes connus : le benzopyrène, le benzanthracène, le chlorure de vinyle, les phénols, des aldéhydes… De plus en plus d’États légalisent le cannabis, et la recherche devrait normalement s’accélérer sur les dangers du cannabis.

Puis-je ressentir les effets en respirant la fumée secondaire ? Si l’odeur et la fumée de pot entrent dans la chambre de mes enfants, est-ce dangereux ?

La réponse simple : oui, on peut être affecté par la fumée secondaire du cannabis et ressentir – en partie – les effets psychotropes. Mais pour ça, il faut être exposé à beaucoup de fumée.

En 2009, des chercheurs allemands ont placé huit volontaires dans un coffeeshop de Maastricht, aux Pays-Bas. Les sujets ont passé trois heures sur place, entourés de clients qui fumaient des joints. Résultat : ils ont trouvé des traces de THC, agent actif du cannabis, dans leur urine et leur sang, mais en très petite quantité.

Si je fume un peu de pot, dois-je en informer mes assurances ?

Si quelqu’un fume « un peu » de cannabis à des fins récréatives, il ne doit pas en aviser ses assureurs. C’est la réponse simple. Mais les choses se compliquent si on creuse un peu. Prenez l’assurance vie, par exemple. L’Association canadienne des compagnies d’assurances de personnes (ACCAP) ne considère pas les fumeurs de cannabis comme des fumeurs. « Cependant, le cannabis consommé ne doit pas contenir du tabac », précise l’ACCAP. Or plusieurs adeptes de cannabis coupent leurs joints avec du tabac.

Pour l’assurance habitation, la distinction entre fumeur occasionnel et habituel est essentielle. « Si vous fumez, ça peut avoir un lien avec les risques d’incendie et si vous devenez un fumeur régulier, comme pour la cigarette, on pourrait devoir le déclarer », précise la porte-parole du Bureau d’assurance du Canada (BAC), Anne Morin.

Les assureurs automobiles vont quant à eux traiter le cannabis comme l’alcool. La consommation d’alcool occasionnelle ne doit pas être déclarée. Cependant, il faut déclarer si on a déjà conduit en état d’ébriété, et cela va inclure le cannabis.

Comment reconnaître le pot légal ? Y a-t-il un sceau sur l’emballage ?

Tous les produits vendus à la SQDC seront timbrés. Le cannabis ne sera jamais vendu en vrac. Il sera toujours emballé. L’emballage dépendra du producteur, mais doit respecter une série de règlements à la grandeur du pays.

Ai-je le droit de transporter du pot dans ma voiture ? Dans mon bagage à main dans l’avion ?

Dans la voiture, oui. Il sera possible de transporter du cannabis dans une voiture s’il s’agit de cannabis acquis légalement et qui n’est pas destiné au commerce illicite. La limite permise sera de 30 g. En avion, il sera permis de transporter la même quantité maximale en cabine ou en soute sur les vols intérieurs. Il sera toutefois interdit de transporter du cannabis pour tout vol à l’extérieur du Canada, même vers les États américains où la substance est légale, a récemment précisé à l’AFP le ministère canadien des Transports.

Je suis propriétaire. Puis-je interdire à mes locataires de fumer du pot dans leur logement ? Je suis locataire, quels sont mes droits ?

Un nouveau bail peut porter une clause qui interdit de fumer le cannabis, comme c’est possible à l’heure actuelle pour la cigarette. Mais les choses se compliquent pour des baux existants. Un locataire peut tenter de refuser la modification du bail. Dans les dernières années, la Régie du logement a souvent rendu des décisions en faveur des locataires, car une modification du bail pour les empêcher de fumer était perçue comme une perte de jouissance. La Loi québécoise sur le cannabis a prévu, à l’article 107, une période de 90 jours à partir du 17 octobre pour permettre aux propriétaires de modifier un bail existant. Il s’agit d’une mesure exceptionnelle qui ne touche que le cannabis. « Le locataire peut, pour des raisons médicales, refuser cette modification. Il doit alors aviser le locateur de son refus dans les 30 jours de la réception de l’avis », précise la loi.

Est-ce que je vais pouvoir fumer dans les parcs et espaces publics ?

La loi québécoise restreint à l’heure actuelle la possibilité de fumer du cannabis dans les mêmes lieux que ceux où l’usage du tabac est interdit. Voilà qui est plutôt simple. Donc théoriquement, il sera permis de fumer du cannabis dans les parcs et les rues, en respectant la règle des 9 m. Par contre, plusieurs municipalités et arrondissements ont décidé d’adopter des règlements plus stricts. À Québec par exemple, il sera interdit de fumer ou de vapoter du cannabis dans les parcs et les rues. Le cannabis y sera traité comme l’alcool actuellement. Plusieurs villes et villages ont imité Québec, dont des arrondissements de Montréal.

Le nouveau gouvernement de la CAQ a dit vouloir changer la loi québécoise pour interdire la consommation de cannabis dans les lieux publics à la grandeur de la province. Le gouvernement veut donc uniformiser les règles en adoptant des règlements plus sévères que la loi fédérale. Il serait donc interdit, si le gouvernement Legault va de l’avant, de fumer partout sauf dans un endroit privé, comme chez soi.

Les étiquettes des produits vendus indiqueront les niveaux de THC et de CBD. De quoi s’agit-il exactement ?

Le tétrahydrocannabinol (THC) est la molécule responsable des principaux effets psychoactifs du cannabis. Plus un cannabis contient de THC, comme on l’appelle couramment, plus il fait effet sur les perceptions. Des recherches tendent à démontrer que le THC est lié à des risques plus élevés de psychose, mais ces recherches ont surtout trouvé des corrélations statistiques, non des liens de causalité.

Le CBD, contrairement au THC, n’a pas d’effets psychotropes. Le cannabidiol ne « gèle » pas, en d’autres mots. Mais ses propriétés prétendues anti-inflammatoires et anxiolytiques suscitent l’intérêt des chercheurs. Actuellement, les consommateurs de cannabis qui s’approvisionnent sur le marché noir peuvent très difficilement connaître les taux de THC et de CBD du pot qu’ils consomment. 

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