LNH

« Une journée de festivités »

Sea Island, Géorgie — La LNH est de retour à Seattle. Le commissaire de la ligue, Gary Bettman, a confirmé l’information hier lors d’une conférence de presse qui a suivi la conclusion d’une rencontre du Bureau des gouverneurs à Sea Island, en Géorgie.

La LNH a voté à l’unanimité en faveur de l’attribution d’une équipe d’expansion à Seattle, et la 32e équipe du circuit Bettman commencera ses activités lors de la saison 2021-2022.

« Aujourd’hui, c’est une journée de festivités pour une ville qui raffole de ses équipes sportives et qui les adore, ainsi que pour notre ligue qui est âgée de 101 ans, a évoqué Bettman.

« L’arrivée de Seattle signifie que la ligue sera plus équilibrée, plus complète et plus dynamique. Une équipe à Seattle vient équilibrer le nombre d’équipes dans nos deux associations, rétablir la symétrie géographique et créer une rivalité dans l’Ouest, particulièrement entre Vancouver et Seattle. »

L’annonce a été faite quelques minutes après que la mairesse de Seattle, Jenny Durkan, eut divulgué l’information lors d’un rassemblement à Seattle, entraînant les effusions de joie dans la foule : « Je viens de recevoir l’appel d’une taupe dans la salle et le vote est unanime. Nous aurons du hockey. »

650 millions

Les représentants du groupe Seattle Hockey Partners, dont le propriétaire majoritaire David Bonderman, le producteur Jerry Bruckheimer et le président et directeur général Tod Leiweke, étaient présents hier au complexe de villégiature de Sea Island, en Géorgie. Ils devront payer 650 millions US pour l’obtention de leur concession.

Leiweke a d’ailleurs dit à la blague qu’il devrait jeter ses cartes professionnelles sur lesquelles était écrit « Seattle 2020 », puisque l’équipe entrera officiellement en activité un an plus tard que prévu. Les deux parties ont cependant convenu qu’il était préférable de patienter jusqu’en 2021.

« Ils ont toujours cru qu’il était préférable de disposer d’un peu plus de temps pour bien rénover l’amphithéâtre, a dit Bruckheimer. Nous voulions faire notre entrée en 2020-2021 parce que nous voulions que l’équipe soit active le plus rapidement possible, mais ce ne serait pas juste pour nos partisans et nos joueurs qu’ils doivent tolérer un amphithéâtre dont les travaux ne sont pas terminés. »

Les Golden Knights de Vegas avaient versé 500 millions pour se joindre à la ligue en 2016.

« La décision de la ligue d’opter pour une expansion est devenue possible puisque Seattle possède les trois piliers essentiels pour qu’une concession connaisse du succès : un groupe de propriétaires dévoué, un marché en effervescence et un amphithéâtre ultramoderne. »

Réorganisation

En vertu de l’arrivée de Seattle dans le circuit Bettman, les Coyotes de l’Arizona seront transférés de la division Pacifique à la Centrale.

« En fin de compte, c’était la chose la plus simple, la plus logique et la moins dérangeante pour nous tous, et je crois que ça fonctionnera bien pour les Coyotes », a indiqué le commissaire adjoint Bill Daly.

L’Association de l’Ouest comptera maintenant 16 équipes, tout comme celle de l’Est. De plus, l’arrivée de Seattle dans la LNH créera une rivalité naturelle avec ses voisins canadiens, les Canucks de Vancouver.

« Il se développera une rivalité [avec les Canucks]. Je ne veux pas mettre de l’huile sur le feu ici, parce que ces gens sont mes amis, mais amenez-vous, nous vous attendons ! »

— Tod Leiweke, président et directeur général du groupe Seattle Hockey Partners

La somme de 650 millions sera redistribuée équitablement entre les 30 équipes de la LNH. Vegas ne percevra pas sa part et sera exclue du processus de repêchage d’expansion.

Le KeyArena, qui était le domicile des SuperSonics dans la NBA avant son déménagement à Oklahoma City en 2008, fera l’objet de rénovations totalisant environ 800 millions.

« Un miracle à la fois »

Seattle est devenue une ville d’expatriés en raison de la vigueur de son économie locale.

Une concession de hockey permettra aux nouveaux résidants de s’identifier à une équipe, comme ce fut le cas des Sounders lors de leur arrivée en Major League Soccer en 2009 – la dernière à s’être établie dans cette ville de l’État de Washington.

Les Sonics ont été les premiers, lors de leur arrivée dans la NBA en 1967, suivis des Seahawks dans la NFL en 1976 et des Mariners dans les Ligues majeures de baseball l’année suivante.

Il y a eu plusieurs tentatives pour bâtir un nouvel amphithéâtre à Seattle, et plusieurs autres pour obtenir une concession de la LNH ou de la NBA depuis le départ des Sonics, mais jusqu’ici, aucune n’avait reçu l’appui de la municipalité ou des investisseurs privés. Quand on lui a demandé hier s’il considérait acquérir une équipe de la NBA, Bonderman a répondu : « Un miracle à la fois. »

Un complexe d’entraînement de 70 millions doit également être érigé pour la nouvelle concession de Seattle.

Une cérémonie est prévue aujourd’hui au centre-ville de Seattle.

Pourquoi Seattle ?

Seattle est le plus important marché américain qui n’est pas doté d’une équipe de la LNH ou de la NBA. Son économie a explosé au cours de la dernière décennie, soit depuis le départ des SuperSonics vers Oklahoma City. Les revenus sont disponibles à Seattle et on brûlait d’envie de les dépenser sur un nouveau club. Une campagne de vente d’abonnements le printemps dernier a dû être stoppée après qu’on eut recueilli plus de 33 000 dépôts.

Où jouer ?

L’aréna du Seattle Centre – le KeyArena – subit actuellement une cure de jouvence de 700 millions US entièrement payée par des fonds privés. Construit pour l’Exposition universelle de 1962, il a accueilli une équipe de la NBA, du hockey mineur et des milliers de concerts et événements. Son toit est désigné élément architectural historique, ce qui complique les travaux. L'aréna accueillera 17 4000 spectateurs en configuration hockey et sa réfection sera faite avec l'objectif de ramener une équipe de basketball.

Quand ?

À compter de la saison 2021-2022. Seattle aurait adoré se lancer dès 2020-2021, mais les rénovations de l’aréna pourraient ne pas être terminées et personne ne veut prendre ce risque. Le risque d’un conflit de travail dans la LNH laisse aussi planer une ombre sur le projet : les propriétaires comme les joueurs pourront choisir en septembre 2019 de se retirer de l’actuelle convention collective un an plus tard, soit juste avant le début de la saison 2020-2021.

Quel nom ?

Bonne chance si vous voulez obtenir quelque information que ce soit des propriétaires au sujet du nom de la franchise. Ils n’ont donné aucun indice, tandis que le public s’est servi de l’internet pour suggérer plusieurs noms. Parmi ceux-là, les Metropolitans, Totems, Breakers, Pilots, Steelheads, Sockeyes et même le Kraken. On s'attend à ce que le nom de l’équipe soit dévoilé au début 2019.

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