Hypothèque

Produits financiers
Comment juger l’offre de votre prêteur

Les institutions financières profitent souvent de la négociation d’un prêt hypothécaire pour proposer différents produits financiers à leurs clients. Certains peuvent être utiles, d’autres, moins… Et les conditions qui s’appliquent à ces produits peuvent déterminer leur intérêt dans votre situation personnelle, parce que, quels que soient ces produits, ce sont vos besoins précis qui devraient commander.

Vérifiez votre cote de crédit

D’abord, une précaution. Avant de commencer à négocier, vérifiez votre cote de crédit. En effet, c’est sur votre dossier de crédit que les institutions financières se baseront pour vous attribuer un prêt et les conditions de celui-ci. Votre cote de crédit déterminera aussi les conditions d’attribution d’une marge de crédit hypothécaire. « Assurez-vous qu’aucune erreur ne fait baisser votre cote, et faites corriger l’anomalie si c’est le cas », recommande Richard Bilodeau, directeur, Surveillance et promotion de la conformité, à l’Agence de la consommation en matière financière du Canada (ACFA).

Arrivez avec vos questions

Mieux vaut être préparé pour négocier avec son institution financière. « Regardez vos propres besoins, écrivez vos questions, et posez-les à la banque pour bien comprendre les produits qui peuvent vous intéresser, souligne Richard Bilodeau. N’ayez jamais peur de demander des explications claires. Une fois qu’un document est signé, il est trop tard pour s’informer. Or, il est de la responsabilité du consommateur de poser des questions. » L’institution financière insiste pour vous vendre une carte de crédit, une assurance, une marge de crédit ? « On n’est jamais obligé d’acheter autre chose que l’hypothèque, ajoute-t-il. Mais rien n’empêche la banque d’essayer de vous vendre des produits. »

Faites votre budget

Un rapide calcul vous a permis de voir que votre projet immobilier est possible. Bien. Mais avez-vous tenu compte des rénovations, des frais de clôture, des frais de notaire ? C’est pour cela qu’il faut commencer par établir un budget, qui inclut toutes les dépenses à venir. « Une fois que la banque préapprouve le prêt hypothécaire pour un montant maximum, on n’est pas obligé d’acheter une résidence d’une valeur égale à ce maximum », prévient Richard Bilodeau. En faisant une acquisition au-dessous du montant préautorisé, vous gardez ainsi une marge qui peut être utile pour financer les frais annexes à l’achat.

Vos assurances, vos besoins

On pense souvent à l’assurance décès et à l’assurance invalidité au moment de souscrire une assurance avec son prêt hypothécaire. Pourtant, ces risques sont moins probables que d’être touché par une maladie grave durant la période d’amortissement de notre prêt hypothécaire, souligne Michel Savard, directeur, Évolution des pratiques et approches clients pour le secteur assurance, à la Banque Nationale. Certes, l’assurance maladie grave est coûteuse, justement parce que plus probable, poursuit M. Savard. « Mais il est possible de choisir un niveau de protection moindre, pour qu’il entre dans notre budget, afin de se prémunir en cas de diagnostic de maladie grave », suggère-t-il.

Attention aux petits caractères

L’institution financière vous propose des assurances ? « Posez des questions sur chaque produit d’assurance, conseille Richard Bilodeau. La banque doit vous le vendre de façon claire. Soyez vigilant parce que certaines conditions peuvent rendre l’assurance plus ou moins intéressante, selon vos besoins. » Mieux vaut magasiner les assurances auprès de plusieurs institutions financières, et se faire expliquer les différences entre les contrats. « On n’est jamais obligé de contracter de l’assurance auprès de la même institution financière qui nous vend le prêt hypothécaire », rappelle M. Bilodeau.

Les bonnes questions en assurance

En matière d’assurance, « une erreur courante est de se demander : "Est-ce que moi ou mon conjoint sera capable de continuer à payer l’hypothèque si je tombe malade, en invalidité ou si on décède", pointe Michel Savard. Et la réponse sera souvent positive : oui, on sera capable, mais en pigeant dans nos économies prévues pour la retraite ! » La bonne question est plutôt de se demander si on sera capable de maintenir son niveau de vie et ses projets en plus de continuer à payer son hypothèque, affirme-t-il. Il n’existe pas de réponse universelle : « Faites vos devoirs… et votre budget », dit-il.

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