Mon clin d’œil

Après avoir lancé l’application « Alerte COVID », Ottawa va lancer l’application « Alerte CONFLITS D’INTÉRÊTS ».

Opinion

Avoir 20 ans en 2020

La réalité des derniers mois a grandement touché les étudiants. Entre le confinement, les cours à distance, l’intégration d’un nouveau rythme familial et le travail d’été perturbé, l’air s’est fait rare.

Si la santé des jeunes semble moins secouée par la pandémie, la séquence de ces évènements, à un âge d’importantes transitions où normalement s’ouvre un monde de possibilités, risque d’en propulser plusieurs sur une trajectoire incertaine.

Ces jeunes adultes sont parmi les grands oubliés de la crise. Lorsqu’on entend parler d’eux, c’est souvent au sujet d’une infime minorité à qui l’on reprochera avec cynisme d’exploiter la Prestation canadienne d’urgence (PCU) ou encore de faire le party.

À l’opposé, ce sera pour mettre en lumière des superhéros qui vont travailler au champ le jour et dans un CHSLD la nuit. Des exceptions qui, avec notre immense admiration à leur égard, peuvent se transformer en troublants miroirs de comparaisons.

Pensons à celles et ceux qui amorcent leur carrière. Après des années d’efforts ponctuées de turbulences, les voici à l’aube d’une nouvelle vie, leur vie.

Pourtant, du jour au lendemain, leurs repères ont disparu. Un secteur économique d’apparence solide est désormais charcuté.

Une entreprise convoitée est aujourd’hui en mode survie, coupes, ralentissement, réorientation. Les fameux stages, tremplins déterminants, sont tout autant mis à mal. C’est grave.

Retrouver la motivation

Après la vague virale et les vagues de dénonciations qui bouleversent notre société, les jeunes se retrouvent donc devant une impressionnante liste de défis à la fois urgents et complexes. Devrions-nous dès lors nous étonner d’une perte de motivation mise en lumière dans plusieurs sondages ?

Avoir 20 ans en 2020, ce n’est plus aussi léger qu’avant. Malgré la meilleure volonté du monde, cette génération est en partie sacrifiée. Or, elle porte en elle les germes de notre avenir. Et de notre mieux-être collectif.

Dans ce contexte, faire des gestes concrets pour la relève est la seule option possible pour actionner les leviers d’une société prospère, ouverte, inclusive et bienveillante.

Écouter et soutenir la relève

Si un nouveau mouvement devait voir le jour au Québec, c’est bien celui d’accélérer le soutien au développement de cette relève. En lui offrant l’espace et le temps nécessaires pour explorer la meilleure voie à suivre, la leur.

Le monde du travail et le monde en général ont changé. C’est pourquoi, à la sortie de leur parcours scolaire traditionnel, de plus en plus de jeunes cherchent des compétences complémentaires. Par exemple, des formations axées sur le savoir-être.

À ce chapitre, plusieurs organisations mettent sur pied des initiatives qui, souhaitons-le, auront un effet multiplicateur. De notre côté, nous développons des programmes intégrant la créativité, stimulant l’écoute active, la collaboration, la résolution de problèmes complexes, la pensée critique et l’intelligence émotionnelle.

À notre avis, ces approches sont pertinentes et cohérentes pour que ces jeunes puissent se connecter sur la réalité, mieux outillés au moment de s’engager dans le monde professionnel. À terme, les employeurs et la société profiteront de ces acquis.

On demande aux jeunes de porter notre avenir ? Il semble urgent de leur offrir un contexte favorable à leur épanouissement. Et de considérer que l’enseignement actuel doit intégrer de nouvelles manières de faire et d’être.

L’époque que nous traversons est un tremplin parfait pour aplanir la distance entre les apprentissages scolaires et la nouvelle réalité sociale. C’est ce que de plus en plus de jeunes nous demandent. Ensemble, occupons-nous maintenant de la relève.

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