Télévision

« Il va falloir oser tourner », dit Martin Matte

Martin Matte a fait une rare sortie émotive, mercredi après-midi, sur les réseaux sociaux. L’humoriste, qui est en pleine écriture de la nouvelle saison des Beaux malaises, se demande publiquement à quoi ressemblera l’après-COVID pour le monde des arts, mais espère surtout retrouver bientôt le plaisir de la scène et des tournages.

Faisant écho à de nombreux autres artistes, qui vont de la metteuse en scène Brigitte Haentjens à l’humoriste Martin Petit, Martin Matte n’aime pas beaucoup quand il entend un peu partout que la culture devra « se réinventer ».

« Ça commence à m’énerver un peu [dans le sens de pas mal]. Je ne sais pas si je suis dans le champ, mais j’écris comme si cette pandémie n’aura pas d’impact sur la mise en scène des futurs tournages », dit-il à propos des Beaux malaises, sans savoir cependant quand le tournage de la série humoristique pourra commencer.

Il espère même qu’il sera possible de tourner des scènes d’intimité « dans un futur rapproché ».

« On ne pourra pas tourner avec zéro risque, ben non. Mais on pourra tourner. En prenant le plus de précautions possible. Va falloir oser à un moment donné. »

— Martin Matte

Le tournage récent d’une pub pour Maxi, avec masques, visières et deux mètres de distanciation, « très proche des tournages et des résultats d’avant », sauf pour la proximité entre les acteurs et actrices, est pour lui la preuve qu’en s’ajustant, tout est possible.

Martin Matte s’ennuie des tournages, mais aussi beaucoup de la scène. Pour lui, le web est peut-être une forme de « patchage » très correcte dans les circonstances, mais ce n’est certainement pas une réinvention du stand-up.

« Sans la rencontre avec le public, ce n’est pas du stand-up. » L’humoriste vétéran estime qu’il n’y a « rien de plus beau, de plus noble que la rencontre du public avec des artistes qui, avec tous leurs talents et leurs vulnérabilités, performent devant eux ».

Martin Matte est convaincu que tout cela reviendra un jour et, en attendant, trouve dommage cette avidité « de consommer, performer, s’adapter ». « Slaquons sur le “Les artistes doivent se réinventer”. Et lisons, écoutons des films, des séries, de la musique… Nous reviendrons forts et inspirés. [Et réinventés !] »

« Hâte de vous entendre rire », conclut-il.

En à peine une heure, le message de Martin Matte sur Facebook avait déjà récolté plus de 1000 commentaires et avait été partagé plus de 500 fois.

Culture sur le web

Radio Radio de retour

Le duo acadien hip-hop Radio Radio est de retour avec une nouvelle chanson, Last Call, parfaite pièce festive dont il a le secret et qui devrait accompagner à merveille nos premiers barbecues entre (quelques) amis. Le plus récent album de Radio Radio remonte à 2016, et on a peu revu les deux créateurs ensemble depuis. Côté activités professionnelles, l’un des membres du duo, Jacques Alphonse Doucet, a lancé deux albums sous le nom de Jacobus, et Gabriel L.B. Malenfant est propriétaire du Pastel Rita, petit café du Mile End, depuis deux ans. Cette nouvelle chanson arrive aussi avec une bonne nouvelle, puisque Radio Radio devrait lancer un nouvel album bientôt – sa sortie a en fait été reportée à cause de la pandémie. Last Call sera aussi le nom d’une nouvelle bière produite par la microbrasserie Lion bleu, à Alma, avec laquelle le groupe s’est associé.

— Josée Lapointe, La Presse

Regardez le vidéoclip de Last Call en entier

https://www.youtube.com/watch?v=GLu1JhHCELo

Culture sur le web

Marie Chouinard se livre à France Culture

La station France Culture a lancé sur son site web une « conversation mondiale » sur la crise du coronavirus et propose chaque jour le texte inédit d’un intellectuel étranger. Stoppée par la pandémie en pleine tournée européenne, la chorégraphe montréalaise Marie Chouinard devait répondre à cette question : qu’est-ce que cette période d’arrêt forcé fait au corps ? Dans un texte très éclaté, elle a préféré parler de sa fascination pour la gravité, « la sensation amoureuse et pressante de la gravitation » qu’elle ressent lorsqu’elle est couchée par terre. « Le temps d’un saut, le temps de la suspension tout au bout de l’envolée de la balançoire, le temps du vertige tout le long de la descente de la grande côte à Baie-Saint-Paul dans la voiture que conduisait mon père, le temps d’un rêve où je vole, le temps du tournoiement de la danse. » Un texte lyrique, poétique et mystérieux, qui nous fait entrer un peu dans l’univers et la tête de Marie Chouinard. 

— Josée Lapointe, La Presse

Lisez le texte de Marie Chouinard

https://www.franceculture.fr/danse/marie-chouinard-lamoureuse-la-gravitation-et-son-rire

Culture sur le web

300 choristes chantent Le cœur est un oiseau

Réunir 300 choristes représentant 142 chorales de pratiquement partout au Québec : c’est le tour de force qu’ont réussi les joyeux fous de la chorale montréalaise Les Voix Ferrées. L’idée de ce méga chœur virtuel avait été lancée au début de la pandémie, alors que leur interprétation au moyen de Zoom de Voyage, voyage avait connu un grand succès. « Sachant qu’on peut le faire, on s’est dit qu’on allait faire partager notre expertise à d’autres qui ont moins de moyens techniques », nous a dit l’un des membres de la chorale, Félix Brabant, lors d’une entrevue en avril. Il s’est occupé de la réalisation et du montage, avec l’aide de plusieurs membres des Voix Ferrées, qui se sont assurés de la qualité des pistes reçues ainsi que de leur synchronisation, ce qui représente entre 200 et 300 heures de travail, estime-t-il. Le résultat a été mis en ligne en version classique, mais aussi dans une très chouette version 360 degrés. Par ailleurs, les personnes qui regardent la vidéo sont invitées à faire un don aux Banques alimentaires du Québec. — Josée Lapointe, La Presse

Regardez Le cœur est un oiseau en version 360 degrés

https://www.youtube.com/watch?v=gR7ZbCy5gkk

Culture sur le web

Voir Gillian Anderson au théâtre 

Dans le cadre de sa série de théâtre en ligne, le National Theatre de Londres propose une captation de sa production du chef-d’œuvre de Tennessee Williams, Un tramway nommé Désir, avec nulle autre que Gillian Anderson (The Fall, The X-Files, Sex Education) dans le rôle iconique de Blanche Dubois. La pièce sera diffusée dès ce jeudi, à 14 h, sur YouTube et sera offerte jusqu’au 28 mai. Outre Anderson, la distribution met en vedette Ben Foster et Vanessa Kirby. Cette relecture contemporaine du classique, sous la direction de Benedict Andrews, a été présentée à guichets fermés, d’abord au Young Vic, à Londres, en 2014, puis deux ans plus tard à New York. — Luc Boulanger, La Presse

Regardez la pièce (en anglais)

https://www.youtube.com/watch?v=BJEpYaD3yTw

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