Francofolies

Artistes émergents ou bien établis, voici quelques noms de ces 30es FrancoFolies qui ont retenu notre attention.

TTC à Montréal pour ses 20 ans

Outre le tube Dans le club, on doit à TTC des collaborations avec Diplo, A-Trak et Modeselector. Le groupe français a participé aux débuts du rap alternatif. Dans le cadre de la tournée de son 20e anniversaire, les quatre membres de TTC seront à Montréal ce soir pour un DJ set au MTELUS. Teki Latex, Cuizinier, Tido et Orgasmic ont invité Poirier et Omnikrom pour l’occasion. Discussion avec Teki Latex.

Vous êtes à Paris ?

Oui, je rentre tout juste du Cap et de Johannesburg. C’était la première fois que je jouais en Afrique du Sud. J’ai incorporé dans mon set des morceaux de house music sud-africaine. Il y avait le doute de viser juste sans passer pour un blaireau. Les gens étaient trop contents que ce soit remixé avec d’autres trucs. Quand on entend des cris d’euphorie sur le dancefloor, c’est hyper satisfaisant. C’est comparable à un chef cuisinier qui rappelle aux gens une saveur de leur enfance et c’est comparable à la pêche quand tu sais que tu as une prise et que tu as le contrôle.

Ça fait quoi, revenir au Québec avec TTC pour se produire avec vos potes d’Omnikrom et Poirier ?

On ne pouvait pas ne pas venir à Montréal dans le cadre de la tournée des 20 ans du groupe. Je dirais que Montréal, après Paris, est la deuxième ville en importance pour nous. À Montréal, nos clips passaient à MusiquePlus, alors qu’en France, nous n’étions pas à la télévision ou à la radio. Nos chansons Travailler et Danse la poutine [avec Omnikrom] ont fait beaucoup pour nous à Montréal, et le fait d’y aller souvent en tissant des liens avec Omnikrom et Poirier.

Dans quelles circonstances TTC a-t-il rencontré Omnikrom et Poirier ?

Avec Poirier, je crois que c’était au MEG avec un spectacle à la SAT. Nous avons fait une mini-tournée avec lui, et nous sommes même allés à New York. Dans la foulée, il y a eu le phénomène Omnikrom, avec qui nous sommes devenus amis sur MySpace. Puis, on a fait les chansons Pour te réchauffer et Danse la poutine avec eux.

Nostalgique de cette époque ?

Je ne suis pas nostalgique, mais il y a des trucs fondateurs qui sont nés à cette époque-là. Au fait, TTC a commencé en 1998 et nous avons vécu plein de périodes. Au tout début, il y a eu les mixtapes parisiens et l’explosion du rap français, puis on a connu le rap expérimental, suivi du cross-over avec la musique électronique. Ensuite, le label Institubes est né, il y a eu la période MySpace… TTC a arrêté de tourner en 2007, mais son esprit est resté avec nos projets solos. Nous avons fondé le label de musique de club Sound Pellegrino.

Il y a eu du bon et du mauvais. Je n’aimerais pas que Montréal ne retienne que l’image des rappeurs fluo électroniques pop rigolos avec des t-shirts écrits Danse ta poutine dessus.

C’est l’occasion de montrer qu’il y a eu plusieurs périodes. À un moment donné, je ne voulais plus être défini par TTC. Je suis du genre à ne pas revenir en arrière, mais j’ai fini par accepter les raisons pour lesquelles je suis connu, dont TTC. J’ai donc renoué avec TTC pour le 20e anniversaire avec plaisir.

TTC a quand même changé les codes du rap ?

Peut-être. Ce n’est pas à moi de le dire. Si je le dis, c’est prétentieux. En tout cas, TTC a envisagé des choses en avance par rapport au rap français. Par la suite, le rap français a mis de l’avant des idées qu’on avait à l’époque et pour lesquelles on nous a fermé des portes. Ce serait plus facile pour TTC aujourd’hui. Nous étions les mecs bizarres, quoi !

Les chansons de TTC à retenir, donc ?

Musclor, qui est sur Para One. Turbo, sur le troisième album. Ebisu rendez-vous, qui parle de notre relation avec le Japon. J’ai pas sommeil

Votre chanson Girlfriend [dont les paroles sont particulièrement vulgaires] passerait-elle aujourd’hui ?

On la joue dans notre DJ set et les gens sont tellement contents. Moi, je ne cacherai pas que j’ai un problème avec ce morceau […] C’est misogyne, peu importe le degré. Mais est-ce qu’on l’efface de notre vie, ou on essaie de se souvenir pourquoi des filles féministes se le sont réapproprié ?  […] Au Québec, Donzelle a été l’une des premières à chanter Girlfriend.

Sur l’album collaboratif de L’Armée des 12, vous avez eu recours à l’Auto-Tune sur la chanson Hélium liquide. Or, nous n’étions qu’en 2002…

C’est l’influence de Para-One. C’est une époque charnière, nous étions devenus plus exigeants envers nous-mêmes […] Exploiter l’Auto-Tune à fond sur ma voix pour la mettre aiguë, robotique et déshumanisée… il y avait surtout Cher qui l’avait fait.

Avant Kanye…

C’était bien avant Kanye ! Il y avait le raï, la musique du Maghreb, qui utilisait beaucoup l’Auto-Tune. Sinon, c’était une première.

Changement de sujet en conclusion. Le rappeur québécois Loud connaît beaucoup de succès en France en ce moment. Pourquoi le rap québécois a-t-il mis autant de temps à s’exporter ?

En ce moment, la tendance s’inverse. Cela va avec l’essor du rap belge. Dead Obies marche pas mal bien en France aussi. C’est bien, la diversité !

DJ set de TTC, ce soir au MTELUS, avec Omnikrom et Poirier

Notre choix 

Roch Voisine

Cinquième Salle de la Place des Arts
De ce soir à lundi

Avec sa carrière, son succès et ses millions d’albums vendus, Roch Voisine pourrait se produire au Centre Bell. C’est un grand privilège pour son public de pouvoir le voir dans l’intimité de la Cinquième Salle de la Place des Arts, dans le cadre d’une série de quatre spectacles intitulée Une heure avec Roch Voisine, spécialement créée pour le 30e anniversaire des FrancoFolies. Roch Voisine ne sera accompagné que de deux musiciens. Chaque soir, sa première partie sera assurée par des artistes féminines à découvrir. Dans l’ordre : Amélie Hall, Caroline Savoie, Laura Gagné et Marjolaine Morasse.

— Émilie Côté, La Presse

Alfa Rococo
Scène Loto-Québec, 20 h (parterre symphonique)

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— Signature Xxxxxxxx

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