Industrie du divertissement

Le Festival d’été de Québec veut devenir producteur de spectacles

Il y aura bientôt un nouveau producteur de spectacles musicaux d’envergure au Québec : le Festival d’été de Québec.

L’organisme sans but lucratif 3E, qui organise le Festival d’été de Québec en juillet, veut ajouter une nouvelle corde à son arc : produire des spectacles de musique d’envergure au Centre Vidéotron de Québec à d’autres moments durant l’année. Actuellement, seules les entreprises québécoises Groupe CH (evenko) et Québecor produisent des spectacles musicaux d’envergure au Québec.

Mais durant 11 jours en juillet, le Festival d’été de Québec attire des grands noms de la chanson internationale – par exemple, The Weeknd, Foo Fighters et Beck cet été. Et d’ici un an, maximum deux, le Festival d’été de Québec se donne comme objectif de produire aussi des spectacles à d’autres moments de l’année au Centre Vidéotron.

« On a signifié nos intentions [à Québecor, qui gère le Centre Vidéotron]. C’est une salle qu’ils peuvent louer à d’autres promoteurs. Ils n’ont pas dit non, loin de là. On souhaite en faire un ou deux dans les prochains mois, les prochaines années », dit Claude Doré, directeur général par intérim du Festival d’été de Québec, qui exploite déjà la salle Impérial Bell dans la Vieille Capitale.

L’organisme sans but lucratif a comme avantage de bien connaître le marché de Québec.

« Quand on fait notre démarchage [pour le Festival d’été], on est capables d’évaluer quand un groupe peut faire le Centre Vidéotron avant et après le Festival. On connaît notre milieu, le style de musique qui plaît. On peut être un bon partenaire pour un producteur [étranger]. »

— Claude Doré

En 2017, deux concerts d’envergure (The Weeknd et Red Hot Chili Peppers) ont été annulés à la dernière minute au Centre Vidéotron, alors qu’il restait beaucoup de billets à vendre.

Red Hot Chili Peppers avait annulé le sien, qui était prévu en mars, moins d’un an après son passage sur les plaines d’Abraham au Festival d’été. Un retour trop tôt dans la Vieille Capitale ?

« Ça nous donne raison, mais ce n’est pas ce qu’on recherche, dit Claude Doré. On ne veut pas briser le marché. […] [Au final], c’est la ville qui est maganée là-dedans. Tout ce que je souhaite, c’est le succès des spectacles au Centre Vidéotron. Et le succès du Festival compense largement pour les fois où ça n’a pas bien fonctionné. »

Québec a-t-il la taille pour que le Centre Vidéotron soit rentable seulement avec des spectacles (sans une équipe de la LNH) ? « Ça reste que c’est un bon mandat, je sais qu’ils [Québecor] travaillent fort », dit Claude Doré. Pourrait-il y avoir davantage de spectacles au Centre Vidéotron ? « Il pourrait y en avoir plus, mais il faut que les spectacles soient rentables et il y a une capacité de payer, dit Claude Doré. Je ne veux pas sous-estimer la ville, mais il faut reconnaître la capacité de payer des gens. Tu ne peux pas faire des spectacles aux deux jours. »

Trêve recherchée avec Québecor

L’été dernier, Québecor a présenté deux spectacles au Centre Vidéotron durant le Festival d’été de Québec. Les organisateurs du Festival d’été « aimeraient mieux » qu’il n’y ait pas de spectacles intérieurs durant leur événement, comme c’est le cas à Ottawa durant le BluesFest.

D’ailleurs, le succès de la formule du Festival d’été – un laissez-passer transférable de 110 $ pour 11 jours – a peut-être fait surestimer à certains producteurs étrangers la capacité du marché de Québec. « Quand un groupe vient sur les plaines et que son promoteur voit les 60 000 spectateurs et qu’il a de la misère à faire salle comble avec 10 000 sièges quelques mois plus tard, c’est une réponse à notre plan d’affaires », dit Claude Doré, qui précise avoir un « respect mutuel » avec Québecor.

Des subventions équitables

Par contre, son plan d’affaires – un festival dont les spectacles importants nécessitent un laissez-passer payant – joue des tours au Festival d’été de Québec dans ses relations avec le gouvernement fédéral. À Ottawa, le ministère du Patrimoine canadien attribue ses subventions en tenant compte notamment du nombre de spectacles gratuits.

Résultat : le Festival international de jazz de Montréal et le festival Juste pour rire ont 1 million de dollars par an, contre 550 000 $ pour le Festival d’été. Ce dernier aimerait être traité de façon « plus équitable » par Ottawa et obtenir la même somme que les grands festivals montréalais. « Nous voulons être traités sur le même niveau », dit Claude Doré. À Québec, le ministère du Tourisme octroie 1 million à chacun des trois festivals.

Le Festival d’été de Québec obtient tout de même la quatrième subvention en importance, derrière les deux festivals montréalais et le festival Luminato à Toronto. Depuis 2008, les fonds du ministère du Patrimoine canadien pour les festivals n’ont pas bougé. Or, le budget du Festival d’été a augmenté de 7 à 32 millions depuis 2007. « Ils [les festivals montréalais] ont été capables d’atteindre ce niveau [de subventions] avant nous, mais notre croissance est significative au cours des dernières années. On ne demande pas que les subventions suivent notre croissance exponentielle, mais que ce soit équitable », dit Claude Doré.

Le Festival d’été en chiffres

378 790

Nombre de participants en 2017

1,12 million

Nombre de visites en 2017

26,5 millions

Retombées économiques en 2017 (valeur ajoutée au produit intérieur brut)

5,9 millions

Retombées fiscales pour les gouvernements en 2017

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