loi sur la Laïcité de l’état

Trudeau s’oppose à la volonté des Québécois, déplore Legault

Québec — François Legault n’a pas aimé que Justin Trudeau laisse planer lors du débat des chefs, lundi, la menace qu’Ottawa conteste la Loi sur la laïcité de l’État devant les tribunaux. Une décision « très spéciale », a-t-il dit hier, venant d’un chef de parti fédéral qui « conteste la volonté populaire des Québécois ».

Au débat des chefs, lundi à Gatineau, le premier ministre fédéral sortant s’est vanté qu’il était « le seul [chef de parti fédéral] qui a dit : oui, un gouvernement fédéral pourrait avoir à intervenir devant les tribunaux pour protéger les droits des minorités ».

« Je trouve ça assez spécial qu’un chef vienne dire qu’il est prêt à contester la volonté populaire des Québécois », a déploré hier M. Legault, rappelant qu’un sondage indique que 70 % des Québécois approuvent sa loi adoptée sous le bâillon en juin dernier. 

Au débat des chefs, lundi, une journaliste et modératrice a également demandé au leader néo-démocrate Jagmeet Singh s’il s’abstiendrait d’intervenir pour permettre à une province de « discriminer » certains citoyens. 

Interpellé sur la formulation de cette question, hier, le premier ministre Legault a invité la journaliste « à lire la loi », qu’il a de nouveau qualifiée de modérée, mais il s’est abstenu de formuler d’autres commentaires. 

« Les journalistes ont toujours raison… », a-t-il dit avec ironie avant de passer à un autre sujet.

Puis, à la période des questions, le gouvernement n’a pas donné son consentement pour débattre d’une motion sans préavis de la députée indépendante Catherine Fournier, présentée conjointement avec la péquiste Véronique Hivon, qui dénonçait « le mépris flagrant à l’endroit des choix de la nation québécoise et le recours au Québec comme sujet de division lors du débat des chefs du 7 octobre 2019 diffusé sur la chaîne de télévision publique CBC ».

Trudeau n’est pas inquiet pour les votes du Québec

En conférence de presse depuis Iqaluit, au Nunavut, hier, Justin Trudeau a semblé peu inquiet que sa position contre la loi du gouvernement de la Coalition avenir Québec (CAQ) lui fasse perdre des votes au Québec.

Selon M. Trudeau, sa position – ne pas intervenir maintenant pour contester la loi, mais se réserver l’option de le faire plus tard – est la plus raisonnable.

Le chef du Nouveau Parti démocratique (NPD), Jagmeet Singh, a quant à lui de nouveau contourné la question, hier, à savoir si un gouvernement néo-démocrate allait, oui ou non, intervenir si le dossier devait se rendre éventuellement jusqu’en Cour suprême.

M. Singh, qui est de confession sikhe, n’a jamais caché qu’il s’opposait personnellement à la loi québécoise interdisant le port de signes religieux par des personnes en position d’autorité, une loi qu’il juge discriminatoire et qui cause des divisions. Il a raconté avoir entendu des histoires de jeunes femmes, portant le hijab ou le turban, qui souhaitent enseigner, mais qui ne peuvent plus à cause de la loi.

« Ça me rend triste […]. Ça fait mal au vivre-ensemble, ça fait mal à la société. »

— Jagmeet Singh, chef du Nouveau Parti démocratique

Le chef du Bloc québécois, Yves-François Blanchet, a pour sa part affirmé hier que la Loi sur la laïcité de l’État, un sujet « très important », n’aurait pas dû être un enjeu de la présente campagne électorale.

« Il y a plein de choses dont il faut parler dont on parle trop peu parce que ce sujet-là mange tout l’espace », a-t-il déploré hier.

Le Bloc fait pourtant campagne pour défendre la Loi sur la laïcité de l’État depuis des mois. Son slogan, « Le Québec, c’est nous », se décline d’ailleurs en plusieurs versions, dont « La laïcité, c’est nous ».

Selon M. Blanchet, le Bloc a « déjà démontré » sa pertinence grâce à cet enjeu.

« Si on n’avait pas été là, ça ferait longtemps que ce serait clair que les fonds seraient débloqués pour contester la loi 21. Ce serait un festival de “c’est qui qui va frapper le plus fort sur le Québec” », a lancé M. Blanchet hier.

— Avec La Presse canadienne

Transports en commun

Les libéraux promettent un financement permanent

Le Parti libéral du Canada (PLC) promet de rendre permanent le financement des transports en commun au pays, ce qui pourrait rendre possible la « ligne rose » du métro de Montréal chère à la mairesse Valérie Plante.

Les candidats libéraux de l’île de Montréal, dont la ministre sortante Mélanie Joly et l’environnementaliste Steven Guilbeault, en ont fait l’annonce hier matin à la station de métro Beaubien, où transitent chaque jour 10 000 personnes, a souligné la candidate dans la circonscription de Rosemont–La Petite-Patrie, Geneviève Hinse.

« L’engorgement de la ligne orange, les gens du quartier en connaissent quelque chose », a-t-elle dit, insistant sur la nécessité d’offrir aux citoyens davantage d’options de transports collectifs.

« Aujourd’hui, on répond présents pour la ligne rose. »

– Geneviève Hinse, candidate libérale dans Rosemont–La Petite-Patrie

Ce financement pourrait aussi permettre le prolongement de la branche ouest de la ligne orange du métro de Montréal, ont expliqué les candidats, de même que des infrastructures en dehors de la métropole, comme le prolongement du Réseau express métropolitain à Laval et en Montérégie ; un tramway et un « transport structurant » dans le prolongement de la ligne jaune du métro à Longueuil, l’implantation d’un réseau de voies réservées sur les autoroutes 13, 20, 25, 440 et 640 et sur la route 116, ou encore un système de train léger à Gatineau.

Financement stable et prévisible

Déplorant le fait que pendant « longtemps, les municipalités ont été abandonnées par le gouvernement fédéral », Steven Guilbeault a affirmé que les libéraux avaient changé la donne en confirmant des investissements pour les transports en commun de quelque 30 milliards de dollars pour les 10 prochaines années.

En rendant les investissements récurrents et permanents, les municipalités seraient ainsi assurées d’un financement stable et prévisible, à l’image de ce qui a été fait pour le financement de Radio-Canada, a illustré Mélanie Joly.

L’enveloppe, évaluée à 3 milliards de dollars annuellement, suivrait la hausse des coûts de construction au fil du temps et s’ajouterait aux transferts provenant du Fonds de la taxe sur l’essence fédéral, affirme le Parti libéral.

Surenchère sur les transports collectifs

L’annonce libérale intervient deux semaines après une annonce similaire du Nouveau Parti démocratique (NPD), qui s’était engagé à participer au financement de la ligne rose.

Cette promesse s’inscrivait dans l’annonce, plus large, qu’un gouvernement néo-démocrate consacrerait au cours d’un premier mandat 6,5 milliards de dollars supplémentaires aux transports collectifs à travers le pays, y compris en région.

Ces sommes viendraient donc s’ajouter aux investissements déjà annoncés par Ottawa.

L’annonce libérale d’hier, comme la néo-démocrate il y a deux semaines, a fait plaisir à l’administration Plante.

« Nous accueillons avec enthousiasme toute mesure qui nous permettra de développer des projets de transports collectifs, dont celui, bien sûr, de la ligne rose », a déclaré à La Presse Geneviève Jutras, porte-parole de la mairesse Plante, qualifiant les transports collectifs de clé pour réduire les émissions de gaz à effet de serre de la métropole.

Débat des chefs en anglais

Des cotes d’écoute supérieures à celles de 2015

Les cotes d’écoute du débat des chefs en anglais, lundi soir, ont été supérieures à celles de la campagne électorale fédérale de 2015. Le débat a rejoint pas moins de 9,6 millions de Canadiens à la télévision, avec un auditoire moyen de 3,9 millions. Quelque 867 000 autres personnes ont écouté le débat en direct ou en différé à la radio. On compte aussi 2,7 millions de visionnements de vidéos numériques. En 2015, le débat organisé par Maclean’s avait touché un public de 3,8 millions de téléspectateurs et avait enregistré une audience moyenne de 1,5 million de personnes. En 2011, un débat en anglais avait rejoint un auditoire d’environ 10,6 millions de téléspectateurs, avec une audience moyenne de 3,8 millions.

— La Presse canadienne

La journée en bref

Parti vert

May désapprouve l’escalade du pont Jacques-Cartier

La cheffe du Parti vert, Elizabeth May, a désapprouvé le moyen de pression utilisé par les militants écologistes qui ont escaladé la structure du pont Jacques-Cartier hier matin. Interrogée à ce sujet alors qu’elle rencontrait les médias au métro Longueuil, la cheffe du Parti vert a dit « comprendre » les revendications de ces militants écologistes et être sympathique à la cause, mais elle croit que ce n’est pas une bonne idée d’agir ainsi. Aux côtés de son candidat dans Longueuil–Saint-Hubert, Pierre Nantel, Mme May en a profité pour faire la promotion du prolongement de la ligne jaune du métro sur la Rive-Sud de Montréal. Elle s’est également dite prête à se battre aux côtés des Québécois contre tout passage d’oléoduc sur le territoire du Québec. — La Presse canadienne

Parti libéral

Trudeau parle de climat au Nunavut

Le chef du Parti libéral, Justin Trudeau, a fait un saut au Nunavut, hier, pour parler de son plan de lutte contre les changements climatiques, au lendemain d’un débat où il avait été critiqué par le chef conservateur pour la taxe du carbone et par les leaders du Nouveau Parti démocratique et du Parti vert, qui l’accusent de ne pas en faire assez pour l’environnement. Les libéraux se sont engagés à réduire les émissions de gaz à effet de serre à 30 % sous les niveaux de 2005 d’ici 2030. Ils ont cependant été critiqués par les groupes écologistes sur le projet d’agrandissement de l’oléoduc Trans Mountain. « Contrairement aux conservateurs, les libéraux croient que les changements climatiques sont une urgence réelle que nous devons traiter maintenant », a dit Justin Trudeau. Il était le premier chef fédéral à visiter le Grand Nord durant la campagne électorale. — D’après La Presse canadienne

Bloc québécois

Blanchet espère un gouvernement minoritaire

Yves-François Blanchet ne s’en cache plus : l’élection d’un gouvernement minoritaire serait selon lui l’outil idéal pour permettre au Bloc québécois de faire avancer l’ensemble des dossiers qui servent les intérêts du Québec, puisqu’il pourrait ainsi détenir la balance du pouvoir. « Je souhaite le maximum d’influence sur les décisions du Parlement canadien », a-t-il dit. De passage à Saint-Basile-le-Grand, en Montérégie, il a affirmé qu’un parti qui dirigerait un gouvernement minoritaire devrait « respecter la langue, les valeurs, les régions, le modèle, la vision du Québec ». Par ailleurs, après avoir promis de se battre pour une augmentation des prestations de retraite et du Supplément de revenu garanti, le Bloc a présenté une nouvelle série d’engagements pour soutenir les aînés, dont des allégements fiscaux pour ne pas les pénaliser s’ils continuent de travailler après leur retraite. — La Presse canadienne

Nouveau Parti démocratique

Singh courtise les jeunes

Au lendemain du débat où la Loi sur la laïcité de l’État a été discutée, Jagmeet Singh s’est encore une fois fait demander, hier, si un gouvernement néo-démocrate interviendrait dans le cas où le dossier se rendrait jusqu’en Cour suprême. M. Singh a de nouveau contourné la question, disant qu’il n’allait pas intervenir dans la contestation actuellement devant la Cour supérieure. De passage dans Toronto–Danforth, une circonscription qui risque d’être chaudement disputée, il a présenté son « nouvel accord » pour les jeunes. Pour les convaincre de l’appuyer le 21 octobre, M. Singh a notamment annoncé hier qu’une fois élu, il éliminerait immédiatement tout intérêt sur les dettes étudiantes redevables au fédéral. Il a ajouté que son gouvernement commencerait aussi à remplacer les prêts étudiants par des bourses, pour atteindre éventuellement la gratuité des études postsecondaires. — La Presse canadienne

Parti conservateur

Scheer déçu du format du débat

Au lendemain du seul débat des chefs en anglais où il aura pu affronter Justin Trudeau, Andrew Scheer s’est plaint du format de l’exercice. « J’étais déçu de ne pas avoir eu beaucoup d’opportunités pour les échanges directs avec Justin Trudeau. […] Mais ça, c’est le format », a regretté M. Scheer, hier. Le débat de demain est organisé par la commission qui était à la barre de celui de lundi. M. Scheer critique cette commission, mise sur pied par le gouvernement Trudeau, depuis sa création. Son parti a souvent laissé entendre qu’elle favorisait les libéraux. De passage à Markham, en Ontario, hier, le chef conservateur a promis un prolongement du métro dans cette région torontoise. Il en a profité pour rappeler sa promesse de construire le « troisième lien » réclamé entre Lévis et Québec.

— La Presse canadienne

Où sont les chefs aujourd’hui ? 

La majorité des chefs sont au Québec aujourd’hui. Andrew Scheer, du Parti conservateur, sera à Saint-Bernard-de-Lacolle et à Hemmingford. La cheffe du Parti vert, Elizabeth May, sera à Montréal toute la journée, tout comme le leader du Nouveau Parti démocratique, Jagmeet Singh. Yves-François Blanchet, chef du Bloc québécois, sera à Gatineau. Le chef du Parti libéral, Justin Trudeau, sera à Markham, en Ontario. — D’après La Presse canadienne

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