Illumi

Derrière le pare-brise, la féérie

COVID-19 oblige, les organisateurs d’Illumi – Féérie de lumières ont décidé de changer de formule pour la deuxième année d’existence de l’évènement : la promenade à pied au milieu des structures illuminées s’est transformée en parcours automobile. Pour le meilleur ou pour le pire ? La Presse est allée vérifier.

Une entrée laborieuse

Avant même de poser les roues sur le site d’Illumi, on comprend que l’expérience sera plus compliquée cette année. Mercredi, pour la première officielle de l’évènement, la file de véhicules pour entrer sur le site débordait jusqu’au boulevard du Souvenir. Les six guérites de paiement étaient ouvertes, mais il faut du temps pour faire passer un pareil flot de voitures dans un entonnoir afin de créer une file unique. De l’arrivée au site jusqu’au passage sous le portail du circuit proprement dit, il a fallu compter 25 bonnes minutes de déplacement à un rythme d’escargot. Personne n’était responsable de s’assurer que l’alternance entre les rangées soit respectée, si bien que certains en ont profité pour se faufiler. On peut facilement imaginer que certains soirs, la situation pourrait tourner au concert de klaxons…

De nombreux nouveaux tableaux

Une fois le portail franchi, on est accueilli dans la Forêt désenchantée par de nombreux squelettes puisque, cette année, l’Halloween s’invite à la fête. Suivront la Forêt magique, le Tunnel de couleurs, la Fiesta de la Luz… Au total, 17 tableaux ont été créés. Dix d’entre eux sont tout nouveaux ; les autres ont été revus et améliorés. L’un des plus impressionnants est sans conteste celui inspiré des chevaux de Cavalia, où 200 chevaux blancs scintillent dans la nuit, comme figés au milieu d’une chevauchée magique. Une projection sur un mur d’eau ajoute à la beauté de ce décor. Dans la Savane multicolore (un des tableaux les plus populaires en 2019), on a ajouté plusieurs nouveaux animaux, du dromadaire au rhinocéros.

Une ambiance sonore à souligner

Allez savoir pourquoi, mais cette année, l’habillage sonore des tableaux nous a davantage marqués. Les oreilles attentives reconnaîtront certains extraits : le rire démoniaque de Thriller, le thème des Dents de la mer ou de Star Trek, l’incontournable Libérée, délivrée de La reine des neiges… Chaque tableau baigne dans une ambiance sonore différente, sans que le tout vire à la cacophonie. Le hic : pour en profiter à pleins tympans, il faut garder les fenêtres de la voiture grandes ouvertes. Passe encore à la mi-octobre, mais en décembre, les visiteurs devront s’y préparer en prévoyant tuques et couvertures…

Émerveillement en demi-teinte

Les organisateurs, soit l’équipe de Cavalia, n’ont pas lésiné sur les moyens pour cette deuxième édition. Le site est trois fois plus grand que l’an dernier, 10 000 structures sont venues s’ajouter aux 20 000 utilisées en 2019, plus de 15 millions de lumières brillent soir après soir. Mais, mais… visiter le site en automobile nous coupe indéniablement d’une partie du plaisir. L’immersion est forcément moins grande. L’an dernier, on pouvait s’éterniser dans certains tableaux, approcher certaines structures, multiplier les égoportraits et laisser les enfants se dégourdir les jambes à satiété. À preuve : des visiteurs sont restés plus de deux heures sur le site en 2019. Cette année, il faut suivre le flot – lent, mais constant – des véhicules. Résultat : la visite dure grosso modo une heure (ce qui inclut dans notre cas une « pause churros » de 10 minutes aux camions de restauration qui offrent le service à l’auto).

Des prix inchangés

Le créateur d’Illumi, Normand Latourelle, insiste : les prix n’ont pas augmenté cette année. Seule différence : le conducteur paie 10 $ de plus pour le véhicule, « mais l’an dernier, le stationnement coûtait 10 $ ». Ainsi, il faut prévoir en moyenne 20 $ par personne pour les 13 ans et plus, et 16 $ pour les 3 à 12 ans (taxes non incluses). À savoir : le samedi soir, les tarifs grimpent.

Maintenant, la question à 100 $ : est-ce trop cher payé pour une sortie en famille ? En voiture, c’est un tantinet élevé, considérant que le visiteur n’a presque aucun contrôle sur la durée de sa visite.

Reste à espérer que les futures directives gouvernementales convainquent les organisateurs d’offrir de nouveau la formule pédestre. Normand Latourelle ne demande pas mieux. Les trottoirs sont d’ailleurs déjà installés. Mais pour l’instant, et même si la Santé publique n’a pas formellement interdit les visites à pied comme celle d’Illumi dans son dernier décret, les organisateurs préfèrent jouer de prudence et se limiter aux visites motorisées, « pour être certains d’éviter les rassemblements, afin que tout se passe en bonne et due forme ».

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