Deux enfants retrouvés morts

Wendake sous le choc

Wendake — La petite communauté de Wendake s’est réveillée dimanche dans la stupeur et l’incompréhension, suite à la mort de garçons de 2 et 5 ans dans ce qui a des allures de double meurtre. Un homme de 30 ans s’est livré à la police.

« La famille était connue car un des enfants fréquentait le CPE. L’autre était à l’école primaire. C’étaient des enfants de chez nous », a réagi le grand chef de la nation huronne-wendat, Konrad Sioui.

M. Sioui était visiblement ébranlé par ce drame, le plus violent survenu à Wendake « de mémoire de grand chef ».

« Quand on voit nos petits enfants qui payent le prix d’une société peut-être rendue fatiguée et malade… Ça blesse. »

— Konrad Sioui, grand chef de la nation huronne-wendat

La Sûreté du Québec (SQ), qui mène l’enquête, refuse de confirmer s’il s’agit d’un drame familial. Elle a été appelée vers 2 h par les policiers de Wendake, une réserve autochtone en banlieue de Québec.

Les corps ont été trouvés dans une résidence de la rue Chef Nicolas-Vincent. Puis au petit matin, un homme de 30 ans s’est livré à la police de Québec.

Détenu en lien avec le double meurtre, il a été envoyé à l’hôpital pour évaluation, puis interrogé par les enquêteurs. Les policiers tentent toujours de faire la lumière sur les événements.

Selon plusieurs témoignages recueillis sur place, l’homme serait originaire de la Côte-Nord. Il ne s’agirait pas d’un Wendat.

À quelques dizaines de mètres du logement où les corps des enfants ont été trouvés s’élève l’église. C’est là, au pied d’un érable, que des voisins sont venus spontanément déposer des peluches. Plusieurs enfants, amis des petites victimes, se sont succédé.

« C’est des enfants. Ça touche le cœur. On mérite mieux pour nos familles », a lâché, la voix tremblotante Cheryl Tenasco résidante de Wendake et Anichinabée. La dame est venue sur les lieux avec un tambour chanter une chanson. « C’est une chanson pour dire merci au Créateur pour la vie. »

Des autochtones de plusieurs nations habitent Wendake, et des non-autochtones aussi. La famille décimée serait originaire de Sept-Îles. « C’étaient des enfants de chez nous, il n’y a pas de différence entre personnes », de dire Konrad Sioui.

Aide en santé mentale

Le grand chef a reçu dimanche un appel du nouveau ministre responsable des Affaires autochtones, Ian Lafrenière. Québec a offert de l’aide pour des services psychologiques.

Le ministre a aussi réagi au drame dimanche matin.

« Mes premières pensées vont aux proches et à la famille de ces deux jeunes enfants. Il n’y a pas de mot pour décrire un drame semblable. Mon cœur de père est bouleversé. La SQ fera la lumière sur les évènements. »

— Tweet du ministre responsable des Affaires autochtones, Ian Lafrenière

Le grand chef wendat pense que sa communauté pourrait avoir besoin d’aide pour offrir de meilleurs services psychologiques.

« Il y a quelques jours, une mère éplorée m’a appelée pour me dire que son fils avait tenté de se suicider. Il était à l’hôpital entre la vie et la mort, et ils ne savaient pas s’ils pourraient sauver son foie parce qu’il avait pris des substances », raconte Konrad Sioui.

« Et c’était samedi la journée mondiale de la santé mentale. On vient de vivre les événements de Joyce (Echaquan) aussi… Ça fait beaucoup. »

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