Mythe ou réalité

« On ne peut pas guérir du diabète de type 2. » Vraiment ?

La croyance

Le diabète de type 2 est irréversible. Si vous le développez, il vous faudra prendre des médicaments et de l’insuline toute votre vie, mais vous n’en guérirez jamais.

La réalité

Jusqu’à récemment, on voyait effectivement le diabète de type 2 comme irréversible, mais un nombre croissant d’études tendent à contredire cette croyance. « Pour l’instant, on n’est pas sûr qu’on puisse guérir du diabète de type 2, mais on est à peu près sûr qu’on peut le mettre en rémission », indique le docteur Rémi Rabasa-Lhoret, endocrinologue au CHUM et professeur titulaire de recherches à l’Institut de recherches cliniques de Montréal. L’atteinte d’une rémission passerait par une mise au repos du pancréas, l’organe qui sécrète l’insuline chargée de maintenir un taux de glucose normal dans le sang. Trois voies pourraient permettre d’y arriver : les opérations de l’obésité, les diètes sévères et la mise au repos du pancréas en utilisant plusieurs médicaments (l’avenue sur laquelle le Dr Rabasa-Lhoret mène des études).

On considère que la rémission est atteinte lorsque le taux de sucre se normalise complètement dans toutes les situations possibles.

— Catherine Handfield, La Presse

La docteure répond

Négocier avec la dépression

Vous avez un nouveau travail, une nouvelle maison, un nouvel enfant. Vous êtes de plus en plus stressé et vous dormez de moins en moins. Il vous semble que vous n’avez plus votre joie de vivre d’antan. Un de vos proches vous envoie la définition de la dépression majeure et il vous semble y voir votre portrait. Que faut-il faire à partir de là ?

Il y a énormément de choses à dire sur la dépression. La dépression majeure est une maladie très fréquente et invalidante. Elle joue dans la chimie de votre cerveau. Ce n’est pas une simple affaire. Elle s’accompagne de symptômes psychiques (comme un désintérêt ou une humeur dépressive marqués), mais aussi de symptômes physiques (changement de votre sommeil ou de votre appétit, fatigue, manque d’énergie, etc.). C’est une maladie bien personnelle qui se présente de façon différente chez chacun. Bien entendu, ce n’est pas juste votre « blues du lundi », mais un malaise plus profond qui vous cause de la souffrance pendant une période de plus de deux semaines. Plusieurs ressources vous aideront à compléter ce portrait (par exemple, le site de l’Association canadienne pour la santé mentale ou celui de l’association Revivre).

Bien souvent, les gens ne savent pas par où commencer avec cette pathologie (c’est bien normal, et ça fait probablement partie du mal lui-même). D’abord, prenez un petit moment de réflexion. Pensez à la dépression comme à un signal que des changements s’imposent dans votre vie. Oui, c’est un signal agréable comme un mégaphone dans l’oreille, mais il y a peut-être des indices plus doux que vous n’avez pas su écouter auparavant. Est-ce qu’il y a moyen de diminuer la quantité de stress au quotidien ? Pensez-y ! Certains autres trucs peuvent vous aider à contrôler vos symptômes dépressifs. L’exercice sera un allié précieux. Un programme d’activité physique comprenant trois séances de 45 minutes à 1 heure par semaine constitue un traitement de la dépression légère à modérée. En attendant de vous inscrire au gym, vous pouvez commencer par vous imposer minimalement une marche à l’extérieur tous les jours. Vous bénéficierez aussi de l’action thérapeutique des rayons du soleil (ou pas, en avril 2018). La luminothérapie est en effet un traitement démontré. D’un autre côté, l’alcool et les drogues n’aident pas votre humeur. Prenez le temps de revoir votre consommation de ces substances. Bien entendu, chacun a ses stratégies pour retrouver son équilibre. Vous trouverez d’autres idées dans le Guide d’autosoins pour la dépression.

QUEL TRAITEMENT ?

Peu importe quelles démarches vous entamez, il faut prendre rendez-vous sans tarder avec votre médecin de famille. Celui-ci s’assurera que vous ne souffrez pas d’une autre pathologie physique pouvant imiter la dépression (par exemple, l’hypothyroïdie), ou encore d’un problème psychique différent (par exemple, la maladie affective bipolaire). Il pourra évaluer avec vous la gravité de la situation et discuter de traitements selon vos préférences. Vous le savez : il y a, d’un côté, les antidépresseurs, et de l’autre, la psychothérapie. En fait, évitez de les voir comme deux modalités qui s’opposent, car ils fonctionnent mieux ensemble que séparés. Il n’est pas interdit, toutefois, de commencer par l’un ou l’autre. Par la suite, votre traitement devrait être un savant ouvrage de thérapeutique et de changements d’habitudes dont la complexité dépasse le cadre de cette chronique.

Est-ce que vous devriez vous présenter aux urgences ? La réponse n’est pas si simple. La principale qualité de la salle des urgences est d’être là, toujours ouverte. Si quelqu’un a des idées suicidaires ou une souffrance si importante qu’il frôle la décomposition, il faut certainement agir. Alors, un séjour aux urgences sera un temps d’arrêt afin d’éviter de poser des gestes irréparables. Chez une minorité de patients, le danger est tel qu’il faudra une hospitalisation pour entamer le traitement de la dépression. Toutefois, pour la majorité des gens souffrant de dépression, le traitement se fait à long terme, et il y a peu à tirer d’un séjour aux urgences. Eh non, il n’y a pas de pilule magique pour retrouver la joie de vivre. Même les antidépresseurs les plus modernes requièrent plusieurs semaines avant d’avoir leur plein effet. Reste que si vous avez un doute sur l’urgence de la situation, il vaut mieux passer nous dire bonjour. Dans les moments difficiles, vous pouvez aussi appeler la ligne de Suicide Action ou consulter un centre de crise près de chez vous. Voilà beaucoup de portes qui sont toujours ouvertes.

Enfin, la dépression est un sujet dont nous pourrions discuter très, très longtemps. Pensez au traitement comme à une construction collaborative, multimodale, de longue haleine… un peu comme une gigantesque œuvre d’art contemporaine que seul l’auteur comprend pleinement, mais cette fois, c’est vous l’artiste !

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