Opinion : École privée

L'heure de la prise de conscience a sonné

Je prends le temps aujourd’hui d’écrire pour pousser un coup de gueule envers les collèges secondaires privés. Pour ceux qui ont des enfants en 6e année et qui viennent de terminer la période des examens d’admission pour l’entrée au secondaire, je veux raconter notre expérience de cette période stressante en tant que parents d’une enfant qui a eu un diagnostic par une neuropsychologue de dysorthographie combinée à une dyslexie compensée par une douance ou, autrement dit, un haut potentiel intellectuel.

Notre fille a un plan d’intervention en place qui lui permet d’utiliser des outils technologiques tels qu’un dictionnaire électronique pour passer ses examens et évaluations avec, notamment, du temps supplémentaire si nécessaire. Avec ces outils et adaptations en place, elle performe bien et réussit très bien ses examens.

Toujours est-il que les résultats de ses deux examens passés dans deux collèges privés de la Rive-Nord n’ont pas atteint les 60 % exigés pour qu’elle soit acceptée. C’est certain ! Lesdits collèges n’autorisent pas l’utilisation d’outils technos lors des examens. C’est comme si une personne myope ne portait pas ses lunettes pour travailler ou conduire. Comment voulez-vous que ces enfants réussissent au même niveau que les autres ?

Aucune considération pour son potentiel, ni pour ses notes de toute sa 5e année ! Seul un examen de trois heures et sans aucun outil technologique décidera de son admission.

Et j’ai recensé la même situation chez cinq autres familles autour de nous qui ont un enfant du même profil ayant passé ces mêmes examens dans des collèges sur l’île de Montréal.

Une question d'équité

Je revendique donc aujourd’hui vivement et ouvertement qu’une prise de conscience ait lieu dans ces collèges privés qui, ne l’oublions pas, bénéficient de subventions gouvernementales payées à même les impôts de tout un chacun, afin qu’ils acceptent que les enfants possédant un plan d’intervention conforme et officiel puissent utiliser leurs outils technologiques pour passer leurs examens d’admission au secondaire. Ce sont ces mêmes collèges qui se targuent, en plus, d’offrir des services d’orthopédagogie et toute la brochette de services aux élèves en difficulté d’adaptation ou d’apprentissage (EHDAA).

Il en va d’une logique toute simple, d’une équité par rapport aux autres enfants qui n’en ont pas besoin et d’une possibilité d’accès à ces établissements privés sans discrimination.

Avec ce nouveau gouvernement et son positionnement très clair en faveur de l’éducation, il serait souhaitable que cet aspect puisse être évalué pour le bien de tous ces enfants « dys et HP ».

Ce texte provenant de La Presse+ est une copie en format web. Consultez-le gratuitement en version interactive dans l’application La Presse+.