Harvey Weinstein gagne une manche en justice

New York — Un juge new-yorkais a annulé hier l’un des six chefs d’accusation qui pesaient sur le producteur de cinéma déchu Harvey Weinstein, une victoire pour la défense, qui est désormais parvenue à remettre en cause ou à fragiliser le témoignage de deux des trois plaignantes.

Avant la décision du magistrat, le ministère public avait accepté l’annulation de ce chef d’accusation pour agression sexuelle, à la suite de l’affaiblissement du témoignage de Lucia Evans, qui accusait Harvey Weinstein de fellation forcée en 2004.

L’avocat de l’ancien magnat d’Hollywood, Benjamin Brafman, a indiqué qu’un document versé au dossier contredisait la version de Mme Evans.

Selon plusieurs médias américains, cette dernière aurait raconté avoir effectivement fait une fellation à Harvey Weinstein, mais de son plein gré, pour obtenir un rôle.

Jusqu’ici connu seulement des parties et du juge, le document va être rendu public prochainement.

« C’est un développement très important », a commenté après l’audience M. Brafman, qui a laissé entendre que le ministère public devrait poursuivre Mme Evans pour parjure.

La défense cherche à faire annuler toute la procédure et a déposé, début août, un recours en ce sens, produisant des éléments visant à discréditer une autre des trois femmes se disant victime d’Harvey Weinstein.

Le juge doit encore se prononcer sur ce recours, qui a mis au jour des correspondances montrant que la plaignante avait maintenu des contacts étroits et affectifs avec Harvey Weinstein après l’agression sexuelle présumée. Il a fixé la prochaine audience au 20 décembre.

« Il ne s’agit pas de stigmatiser les victimes, ou de suggérer qu’une femme qui témoigne ne devrait pas être crue. Il s’agit de la preuve qu’une personne qui a témoigné a menti devant un jury d’accusation. »

— Benjamin Brafman, avocat d’Harvey Weinstein

« La décision du procureur d’abandonner ma cliente, Lucia Evans, n’invalide pas la véracité de ses accusations », a commenté l’avocate de Mme Evans, Carrie Goldberg. « Cela met en lumière un système qui doit être réformé. »

« Une cible facile »

Immédiatement après avoir accepté l’annulation du chef d’accusation, la représentante du procureur, Joan Illuzzi-Orbon, a prévenu que l’accusation n’entendait pas reculer davantage, bien au contraire : « Nous avançons à plein régime », a-t-elle lancé à l’audience.

Il s’agit néanmoins d’un sérieux revers pour l’accusation. Les condamnations en matière de crimes sexuels sont rares en regard du nombre de personnes se disant victimes de tels faits, en particulier lorsqu’il s’agit de faits anciens, comme c’est le cas ici.

M. Weinstein a été interpellé fin mai à New York, huit mois après la publication des premières accusations de harcèlement sexuel, d’agression sexuelle et de viol le visant.

Il a été inculpé de viol, d’acte sexuel forcé et de fellation forcée – ce dernier chef d’accusation ayant donc été annulé hier.

L’homme de 66 ans a reconnu plusieurs relations avec des femmes qui se présentent comme victimes, notamment la principale plaignante du dossier pénal, mais a toujours soutenu que ces rapports étaient consentis.

« Il est soulagé et, dans une certaine mesure, satisfait », a dit de son client Benjamin Brafman, hier.

Depuis que le scandale sur les agressions sexuelles présumées du producteur a éclaté en octobre, près d’une centaine de femmes – dont des vedettes comme Angelina Jolie, Gwyneth Paltrow ou Salma Hayek – ont affirmé avoir été victimes de l’ancien géant d’Hollywood.

Hier, le principal avocat d’Harvey Weinstein a sous-entendu que le procureur de Manhattan, Cyrus Vance, avait inculpé l’ex-producteur sous la pression des médias et de l’opinion.

« Ce qui s’est passé, c’est qu’Harvey Weinstein avait été tant vilipendé qu’il était considéré comme une cible facile » qu’il fallait inculper, a estimé Benjamin Brafman, qui avait représenté Dominique Strauss-Kahn dans l’affaire Nafissatou Diallo.

Le procureur Vance a également été vertement critiqué par l’avocate de Lucia Evans, qui s’est interrogée sur sa possible « partialité » en faveur des « hommes de pouvoir » accusés de crimes sexuels.

« Les gens se demandent pourquoi les victimes d’agression sexuelle ne s’en remettent pas à la justice. Voilà pourquoi », a-t-elle estimé.

Reconnaissant que la libération de la parole des victimes, devenue raz-de-marée depuis un an, était une bonne chose, Benjamin Brafman a néanmoins critiqué ce qu’il considère comme des excès de cette vague d’accusations.

« Quand un mouvement pousse un procureur à arrêter des gens qui n’ont pas commis de crime et à les inculper pour cela, alors c’est un mouvement dangereux », a-t-il tempêté.

FLASHES

Ça fait jaser

Ces personnalités font parler d’elles pour le meilleur ou pour le pire. Tour d’horizon des nouvelles d’ici ou d’ailleurs qui animeront les conversations autour de la machine à café.

« Kanye West n’est pas Picasso »

Dans un recueil posthume paru récemment et intitulé The Flame, Leonard Cohen a consacré un poème à Kanye West. Dans Kanye West Is Not Picasso, l’auteur ne mâche pas ses mots à propos du rappeur, se moquant de l’ego surdimensionné de ce dernier qui avait déclaré il y a quelques années : « Je suis Picasso. Je suis Michel-Ange. Je suis Basquiat. Je suis Walt Disney. Je suis Steve Jobs. » Dans son poème datant de mars 2015, Cohen écorche également au passage Jay-Z qui s’était pour sa part autodéclaré le Bob Dylan du rap. Publié dans son intégralité sur Twitter par l’auteure Amanda Shires, le poème a rapidement enflammé les réseaux sociaux.

— Stéphanie Vallet, La Presse

La vente de la toile autodétruite de Banksy confirmée

La maison d’enchères Sotheby’s a confirmé hier la vente de la toile Girl With Balloon de l’artiste britannique Banksy, qui s’était partiellement autodétruite vendredi dernier juste après avoir été adjugée. L’acheteuse de la toile « a confirmé sa décision d’acquérir la nouvelle œuvre qui a été créée ce soir-là », a annoncé Sotheby’s dans un communiqué, en précisant que le prix auquel elle avait été attribuée – 1,042 million de livres (1,49 million de dollars) – était maintenu. Cette « collectionneuse européenne » a expliqué dans le communiqué avoir « d’abord été choquée ». « Mais graduellement, je me suis rendu compte que j’allais posséder mon bout d’histoire de l’art », a-t-elle ajouté. Lors de la vente, la peinture avait été partiellement découpée en fines lamelles par une broyeuse dissimulée dans un épais cadre doré, quelques instants seulement après avoir été vendue. La toile est une reproduction en peinture acrylique et aérosol de l’une des plus célèbres images de Banksy, Girl With Balloon, montrant une petite fille laissant s’envoler un ballon rouge en forme de cœur.

— Agence France-Presse

Chantons les stations

Après avoir excité « les internets » avec leur pot-pourri de reprises mettant en vedette des noms de villes québécoises cet été, les humoristes Arnaud Soly et Julien Corriveau remettent ça avec les noms des stations du métro de Montréal ! On découvre avec ravissement comment ils ont inséré Honoré-Beaugrand et Beaubien dans la chanson Un beau grand bateau de Gerry Boulet ou Namur dans Mon ange d’Éric Lapointe. Irrésistible. Et viral, encore une fois.

— Chantal Guy, La Presse

Selena Gomez hospitalisée

Selena Gomez est hospitalisée depuis quelques jours dans l’aile psychiatrique d’un hôpital de la côte Est. D’après TMZ, elle y suivrait une « thérapie comportementale dialectique », qui soigne les troubles de la personnalité limite. Souffrant d’un lupus depuis 2014, la chanteuse et actrice aurait été admise à l’hôpital deux fois au cours des deux dernières semaines à cause d’un déficit de globules blancs. Une situation qui aurait provoqué chez elle une profonde détresse émotionnelle. Elle avait déjà subi une greffe de rein à l’été 2017. La chanteuse de 26 ans aux 144 millions d’abonnés Instagram avait décidé, fin septembre, de prendre une pause des réseaux sociaux. — Stéphanie Vallet, La Presse

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