Stampeders-Alouettes

Une attaque anémique

La défense des Alouettes a été excellente, mais il n’a fallu que deux possessions aux Stampeders de Calgary en fin de match pour qu’ils se sauvent avec une victoire de 12-6, confirmant du même coup l’élimination des Montréalais.

Les Stampeders (12-2) ont marqué tous leurs points au quatrième quart. Un touché de Terry Williams et un placement de Rene Paredes sont tout ce dont ils ont eu besoin pour s’assurer de l’avantage du terrain tout au long des matchs éliminatoires.

Boris Bede a fourni les seuls points des Alouettes (3-12), sur des placements de 44 et 41 verges. Les locaux, privés d’éliminatoires pour la quatrième saison de suite, menaient d’ailleurs 6-0 après 45 minutes de jeu, un pointage surprise face à la meilleure équipe du circuit Ambrosie cette saison.

Bo Levi Mitchell (20 en 34, 199 verges), dont il s’agissait de la première victoire en carrière à Montréal, a d’abord orchestré une poussée de 107 verges à la fin du troisième quart, couronnée par une course de 6 verges de Williams, après 23 secondes de jeu à la dernière période. Williams a brisé deux plaqués sur le jeu, une des rares largesses de la défense des Alouettes au cours de cette rencontre.

Les Stamps ont accru leur avance à quatre points dès leur possession suivante, quand Paredes a réussi son botté sur 49 verges. Ils ont ajouté deux simples en fin de rencontre.

Malgré tout, les Alouettes ont été dans le coup jusqu’au tout dernier jeu de la rencontre, alors qu’une passe miracle dans la zone des buts aurait pu leur permettre de se sauver avec une victoire surprise. Manziel a toutefois été rejoint derrière sa ligne de mêlée pour la sixième fois de la rencontre.

« Ç’a été l’histoire de notre saison : on a de la difficulté à protéger notre quart, a résumé le centre-arrière Patrick Lavoie. On bouge le ballon entre les deux lignes de 30, mais marquer des points, c’est bien difficile. »

« Nous avons éprouvé bien du mal en protection de passe, a renchéri l’entraîneur-chef Mike Sherman. D’autres fois, Johnny [Manziel] aurait dû se débarrasser du ballon plus rapidement au lieu d’encaisser un sac. Ça viendra avec l’expérience. »

Défense hors pair

La défense des Alouettes a réussi trois interceptions au cours de cette rencontre, celles de Chris Ackie, Branden Dozier et Dominique Ellis.

Mitchell a aussi été rejoint trois fois derrière sa ligne de mêlée. Mais l’attaque des Alouettes a manqué d’opportunisme.

Pourtant, Manziel n’a pas connu un mauvais match avec ses 18 passes réussies en 29 tentatives pour 250 verges et une interception. On ne peut accuser le quart des Alouettes d’avoir pris de mauvaises décisions, si ce n’est que sur la première possession des siens. Pressé derrière la ligne, il a précipité une passe vers Ernest Jackson qui s’est plutôt retrouvée dans les mains d’Emanuel Davis.

Les receveurs des Alouettes, qui ont échappé leur grande part de ballons cette saison, ont aussi fourni un effort plus que louable. Jackson, Adarius Bowman et Eugene Lewis, notamment, sont allés chercher des ballons que l’attaque des Alouettes nous avaient habitué à échapper cette saison.

Mais l’histoire des quatre dernières saisons s’est répétée. L’attaque des Alouettes a été incapable de produire un important touché qui aurait pu sonner le glas des Stampeders.

Car ces derniers ont tardé à se mettre en marche. Avant leur poussée de 107 verges, Mitchell connaissait une journée misérable et tout semblait indiquer qu’il allait être incapable de signer une première victoire à Montréal.

« Passer près, ce n’est pas assez bon, a noté Manziel. Quelle performance impressionnante de notre défense. C’est vraiment moche que nous n’ayons pas pu les appuyer du côté offensif pour récolter une victoire. De la façon dont ces gars ont joué, on aurait dû gagner.

« Au bout du compte, la défense a bien fait, mais l’attaque n’a pas assez bien fait pour gagner. C’est un peu l’histoire de notre saison. Quand un côté va bien, l’autre ne va nulle part. Mais on perd ou en gagne en équipe. On va tenter de faire mieux dans les trois derniers matchs. »

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