Revenu Québec maintient GDI sur la « liste noire » des marchés publics

Le ministère québécois du Revenu réfute les allégations des hauts dirigeants de l’entreprise d’entretien ménager GDI disant qu’il a fait erreur en inscrivant trois de ses filiales sur la « liste noire » des entrepreneurs bannis des contrats publics au Québec.

Il s’agit du Registre des entreprises non admissibles aux contrats publics (RENA), qui est géré par l’Autorité des marchés publics (AMP) du Québec.

L’entreprise GDI, qui vaut 674 millions en Bourse avec ses activités au Canada et aux États-Unis, est dans l’embarras auprès de sa clientèle québécoise depuis l’inscription au RENA, divulguée mardi, de trois de ses entités d’affaires au Québec, dont GDI Services aux immeubles et Service d’entretien Distinction.

Ces inscriptions découlent d’une infraction de falsification de document commise par GDI Services aux immeubles auprès de Revenu Québec il y a quelques années, en 2012, et pour laquelle un appel de condamnation vient d’être rejeté en Cour supérieure.

De l’avis du président et chef de la direction de GDI, Claude Bigras, il s’agit « d’inscriptions au RENA qui malheureusement ont été faites par erreur » entre Revenu Québec et l’AMP, parce que « les trois entreprises sont inopérantes, ont été dissoutes et même radiées d’office depuis plusieurs années », a-t-il indiqué mardi à La Presse.

La direction de GDI au Québec a repris les mêmes arguments dans un communiqué envoyé en fin de journée mardi à ses clients, tout en insistant que ses principales filiales encore opérantes au Québec étaient, elles, inscrites au Registre des entreprises autorisées (REA), qui est aussi géré par l’Autorité des marchés publics.

Appelée par La Presse à commenter ces arguments de GDI, l’Agence du revenu du Québec a répondu mercredi qu’elle « n’a commis aucune erreur » dans cette inscription au RENA de trois entreprises identifiées à GDI.

D’une part, indique la porte-parole principale de Revenu Québec, Geneviève Laurier, « l’appel de la société GDI Services aux immeubles a été rejeté dans un jugement de la Cour supérieure, daté du 1er octobre 2019, maintenant ainsi sa condamnation d’avoir falsifié une attestation de Revenu Québec à des fins de contrat avec le secteur public ».

D’autre part, Revenu Québec réfute les arguments d’entreprises inopérantes depuis plusieurs années qui sont invoqués par la direction de GDI pour contester leur inscription au RENA.

« Une société radiée ou inopérante n’est pas une société dissoute. Elle pourrait être réactivée ou reprendre ces activités », indique Mme Laurier, de Revenu Québec, dans une réponse officielle transmise par courriel.

Elle y explique aussi « que la société GDI Services aux immeubles inc. est aujourd’hui la personne morale qui regroupe d’anciennes compagnies liées, à la suite de fusions de plusieurs sociétés ».

Et « contrairement au simple achat d’actifs d’une entreprise », ajoute la porte-parole de Revenu Québec, « la fusion d’une entreprise a pour conséquence de transférer à l’entreprise découlant de la fusion toutes les obligations légales civiles et toutes responsabilités pénales pouvant être reprochées à l’ancienne entreprise ».

Les demandes de commentaires de La Presse auprès de la direction de GDI au Québec étaient sans réponse en fin de journée, mercredi.

COMMERCE DE DÉTAIL

Cuirs Bentley au bord de la faillite

Moins d’un mois après l’ouverture officielle d’un magasin « nouveau concept » au centre commercial Fairview Pointe-Claire, Cuirs Bentley est au bord de la faillite et présentera une proposition à ses créanciers.

Le détaillant de sacs, d’accessoires et de bagages compte plus de 250 magasins au Canada. Des 76 magasins actuellement ouverts au Québec, 25 devraient fermer, selon la vice-présidente au marketing et au commerce électronique de Bentley, Ginette Harnois. Ce sont 92 magasins qui devraient disparaître au Canada.

On ignore pour l’instant combien de pertes d’emplois les fermetures et la restructuration occasionneront.

Le processus de fermeture devrait commencer vendredi, par une liquidation des stocks.

Dans un communiqué, l’entreprise a annoncé que « l’évolution du comportement des consommateurs et l’impact des perturbations numériques », notamment, avaient eu « un impact significatif sur la rentabilité de la compagnie ». 

« Oui, l’importance du numérique grandit en importance et oui, nos investissements suivront la courbe du développement numérique », a précisé hier, par courriel, Mme Harnois.

Le 24 octobre dernier, Bentley a tenté de se donner un nouveau souffle en ouvrant un magasin à Pointe-Claire, avec une aire réaménagée. Le détaillant avait annoncé son intention d’ouvrir deux magasins supplémentaires, en plus de lancé un programme communautaire et un nouveau site à la fin de l’année.

L’entreprise a indiqué hier qu’elle jugeait avoir « encore une possibilité importante de croissance » et a donc décidé de présenter une proposition de restructuration.

Bentley avait déjà connu des difficultés dans le passé et s’était placée à l’abri de ses créanciers. La société d’investissements Novacap s’en était ensuite portée acquéreur en 2013. Le nombre de magasins est passé de près de 600 en 2008 à plus de 250 en 2019.

Cuirs Bentley est détenue par la firme de restructuration Re:Capital depuis peu.

L’entreprise fait partie du paysage canadien depuis une trentaine d’années. La chaîne de magasins a vu le jour à St. John’s, à Terre-Neuve, en 1987.

AVIATION

Air Saguenay met fin à ses activités

Aux prises avec des ennuis financiers en raison de la fin de la chasse au caribou et des difficultés pour s’assurer, notamment en raison de deux écrasements mortels survenus au cours des quatre dernières années, Air Saguenay cesse ses activités et met ses actifs en vente après 40 saisons.

Le président du transporteur régional, Jean Tremblay, a expliqué, mercredi au cours d’un entretien téléphonique, que les activités de l’entreprise allaient cesser cette semaine et qu’il était à la recherche de repreneurs potentiels pour « certaines parties » de l’entreprise.

« J’ai déjà ciblé des acheteurs potentiels, mais au moment où je vous parle, rien n’est vendu », a-t-il dit.

Air Saguenay compte 11 bases d’hydravions et offre un accès au Nord québécois, par exemple à des endroits comme Wabush et Chibougamau, grâce entre autres à ses hydravions. Une cinquantaine de personnes, comme des pilotes, des mécaniciens et des répartiteurs, perdront leur travail.

L’entreprise, qui offre un service saisonnier, aurait normalement repris ses activités à compter de juin 2020.

M. Tremblay a expliqué que la décision du gouvernement provincial de mettre fin à la chasse sportive au caribou, en 2018, sans offrir de mesures d’accompagnement, avait en quelque sorte signé l’arrêt de mort pour Air Saguenay.

« Cette annonce, c’était pratiquement la fin d’Air Saguenay », a-t-il déploré.

Écrasements mortels

Des appareils d’Air Saguenay ont été impliqués dans deux écrasements mortels au cours des dernières années. Le premier est survenu en août 2015 aux Bergeronnes, sur la Côte-Nord, et le plus récent s’est produit en juillet dernier.

L’entreprise, poursuivie par la famille d’une des victimes de l’accident de juillet dernier au Labrador, est également incapable, actuellement, de trouver un assureur.

« À l’heure actuelle, les indications font état d’un minimum de 200 % d’augmentation d’assurance si on trouve un assureur, a dit M. Tremblay. On n’est même pas certains d’être en mesure de pouvoir s’assurer de nouveau l’an prochain. Cela aussi a fait partie de la décision. »

Les corps de trois des sept occupants et le fuselage de l’hydravion Havilland DHC-2 Beaver n’ont jamais pu être retrouvés dans le lac Mistastin l’été dernier, après une fouille de plusieurs semaines menée par la Gendarmerie royale du Canada.

Sans épave ni témoin, le Bureau de la sécurité des transports du Canada a prévenu qu’il ne pourrait pas mener une enquête approfondie pour déterminer les causes de l’accident.

Dans sa requête déposée plus tôt ce mois-ci devant la Cour suprême de Terre-Neuve-et-Labrador, la famille d’une des victimes évoquait la négligence du transporteur et un manquement à ses obligations contractuelles.

La poursuite affirme également que du matériel mal entretenu pourrait avoir contribué à l’accident. On allègue aussi que la compagnie aérienne ne s’était pas adaptée aux nouvelles normes de sécurité, car aucune des victimes retrouvées ne portait de veste de flottaison.

La poursuite fait ainsi référence aux modifications apportées au Règlement de l’aviation canadien le printemps dernier, mais qui n’entreront en vigueur qu’en septembre 2020.

Les allégations n’ont pas été étudiées par un tribunal.

Groupe TMX examine des allégations sur son patron

Le Groupe TMX a indiqué mercredi que son conseil d’administration examinait des allégations concernant la conduite passée de son chef de la direction, Lou Eccleston. L’exploitant de la Bourse de Toronto a affirmé avoir récemment pris connaissance d’allégations portées contre M. Eccleston, qui remonte à avant son arrivée chez TMX. Selon un rapport publié par le site internet Business Insider, M. Eccleston aurait été accusé, dans des documents judiciaires et par la division des droits de la personne de New York, d’avoir eu un comportement inapproprié impliquant des employées de sexe féminin au cours de son mandat de cadre supérieur chez Bloomberg. Le Groupe TMX n’a fait aucun commentaire sur les allégations en question, mais a précisé qu’il les prenait au sérieux. M. Eccleston a informé le conseil de TMX qu’il soutenait sa démarche, a précisé l’entreprise. La société a indiqué qu’elle informerait les parties prenantes comme l’exigera la situation.

— La Presse canadienne

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