Olivier Primeau

Sous les palmiers, la télé ?

Ce matin-là, un soleil éclatant lançait des pépites d’or sur le lac artificiel du désormais célèbre Beachclub de Pointe-Calumet. Il faisait beau, il faisait chaud et Olivier Primeau, le roi de la fête, maître des lieux, mais surtout l’image dans les médias et sur les réseaux sociaux du Beachclub, me faisait faire le tour du propriétaire avec son habituel enthousiasme et son éternel petit rire gamin. 

Ici les aménagements paysagers de son père Dominique, là les palmiers un peu fatigués et là, plus loin, le sable grège fraîchement ratissé du matin. 

Mais lorsque mon regard s’est égaré du côté du Super Aqua Club qui partage le même stationnement, le roi de la fête s’est empressé de me rappeler que son entreprise n’avait rien de rien à voir avec celle du voisin. Pourquoi cette réserve subite ? Parce que le matin même, le proprio du Super Aqua Club avait été accusé d’agressions sexuelles sur des mineurs. Or dans le monde d’Olivier Primeau, l’image est la clé capitale, essentielle, du succès comme du scandale. 

On ne badine pas avec l’image, sauf évidemment si elle est positive et génératrice de clics comme de profits. Et jusqu’à maintenant, l’image qu’Olivier Primeau soigne avec un grand souci du détail l’a merveilleusement servi. 

Inconnu au début de 2015, ce fils d’épicier IGA de la Rive-Sud est devenu la sensation de cet été-là, avec son Beachclub (qui est aussi celui de son frère et de son père) visité par une constellation de célébrités de la planète Douchebag, dont Dan Bilzerian, Kylie Jenner et Justin Bieber qui, finalement, n’a pas pointé le bout de son nez malgré une campagne de pub à tout casser. 

Toujours le même été 2015, Olivier Primeau est devenu le visage d’une téléréalité filmée au Beachclub et diffusée deux années de suite d’abord sur Z, puis sur MusiquePlus. Et cet automne, celui qui a fait son secondaire au collège Notre-Dame et qui aurait aimé être joueur de hockey monte en grade et passe à TVA dans le rôle d’un des trois conseillers de XOXO, une téléréalité inspirée de Jersey Shore, invitant de jeunes célibataires à former un couple lors de grandes fêtes. 

Il le fera au grand dam de la direction de V qui, l’an passé, a menacé de le poursuivre pour rupture de contrat sans mettre sa menace à exécution. Sur le site du Beachclub, la banderole de Vidéotron et ses fanions jaunes sont bien en évidence à l’entrée, à l’activation des laissez-passer, aux balcons VIP et même sur une plage complète. C’est la raison pour laquelle Olivier Primeau a mis fin à son association avec V. 

« C’est une énorme commandite que j’ai signée avec Vidéotron pour quatre ans. C’est beaucoup d’argent, mais aussi du prestige. Avec Vidéotron, le Beachclub change d’image. Reste qu’au moment où j’ai signé l’entente, je la signais avec Vidéotron et non avec Québecor ou TVA, et sans qu’il soit question que je participe à une téléréalité », précise-t-il, refusant d’en dire davantage sur le fait qu’il aurait eu des discussions avec V pour animer Occupation double

« Il y a eu des discussions, mais je n’étais clairement pas prêt », se contente-t-il de répondre. 

Chose certaine, son arrivée dans un réseau grand public ne manquera pas de faire monter sa cote de popularité. L’émission, animée par Anouk Meunier, coïncidera de plus avec le lancement d’une bio du jeune homme âgé de 32 ans, qui y dispensera des conseils pour les amateurs de réseaux sociaux. 

« C’est mon premier gros projet Olivier tout seul, c’est-à dire en dehors du Beachclub, lance-t-il avec une certaine fierté. Dire qu’il y a quatre ans, je vendais des oranges à l’épicerie de Sainte-Martine, sur la Rive-Sud, avant de tomber sous le charme d’une petite île qui avait besoin d’amour et qui est aujourd’hui le beachclub numéro un au Canada » (et le 43e au monde, selon le palmarès de DJ Mag). Mais revenons à la carrière télé qui s’ouvre pour Olivier Primeau. En fait, elle ne s’ouvre pas, elle se poursuit, puisque Olivier était sous contrat avec V avant d’aller jouer dans l’herbe plus verte du voisin. 

À ce sujet, Olivier Primeau est catégorique : « J’ai respecté mon contrat avec V jusqu’à la dernière heure le 1er mars. Mon départ de V était d’abord et avant tout un move d’affaires. » 

« Pour le reste, je m’en vais faire avec cette émission ce que je fais dans la vie : organiser des soirées, des fêtes, des partys. J’aime ça, recevoir et je pense que je reçois bien. » 

— Olivier Primeau

Des sources qui ont déjà été reçues par Olivier Primeau dans la section VIP du Beachclub confirment qu’il est un hôte impeccable. Avec lui, la bouffe (sans doute d’IGA) est excellente et le champagne – le Moët & Chandon comme le Veuve Clicquot dont il est un des rares ambassadeurs au Canada – coule à flots. 

Les mêmes sources affirment que lorsque les caméras sont éteintes, Olivier a tendance à se vanter de ses exploits et à donner libre cours à des rêves mégalos. Il aurait déjà parlé de vouloir acheter V, ce qu’il dément. Dans le cadre de XOXO, Olivier Primeau aura de la concurrence et devra chaque semaine éclipser les fêtes des deux autres conseillers : Elisabetta Fantone, ex-star de Loft Story devenue peintre et le designer-styliste montréalais Cary Tauben, ami de Paris Hilton. 

« C’est sûr que la pression sera forte, la compétition sera féroce, mais pas malsaine. En même temps, la recette pour un beau party est assez simple. Il faut que l’endroit où a lieu la fête soit beau et inspirant, qu’il y ait un bon mix de monde et que la musique soit bonne, très bonne. » 

Pas de compétition malsaine ? Peut-être pas entre les coanimateurs de XOXO, mais un peu tout de même avec Julie Synder, la productrice d’Occupation double à V. 

Les mauvaises langues affirment qu’un des buts de cette nouvelle téléréalité était de nuire à la productrice désormais persona non grata à TVA depuis sa séparation avec Pierre Karl Péladeau. Olivier Primeau voit les choses d’un autre œil. « Je pense que les gens à TVA reviennent à la téléréalité qu’ils avaient délaissée depuis quatre ou cinq ans, parce que la téléréalité a un regain de popularité. Ils ont vu qu’il y avait un marché à aller chercher. Le fait que l’émission ne soit à l’horaire ni le même jour ni à la même heure qu’OD démontre que tout cela, c’est de bonne guerre. » 

Les tournages de XOXO ont débuté il y a peu, les premières pubs aussi, promettant aux candidats une vie de rêve dans des penthouses de luxe. 

Ces pubs nous montrent un Olivier Pimeau enthousiaste et volubile, moins flamboyant que Cary Tauben, mais plus proche des gens. Je lui demande s’il fait de la télé dans l’espoir de devenir un animateur professionnel ou parce que c’est un tremplin promo pour le Beachclub et ses produits dérivés. 

« Un peu des deux, répond-il. J’adore ça, la télé. J’adore les médias et je sais que tout ça sert le Beachclub. Au début, dans la téléréalité du Beachclub, mon frère Julien était très présent. C’était lui, le funny guy des deux, mais il s’est rendu compte qu’il n’aimait pas trop ça, la pression médiatique. Quand ça va bien, ça passe, mais quand ça va mal, ça le stresse. Moi, la critique, ça ne me dérange pas. Je suis capable d’en prendre… » 

Des critiques, il y en aura sûrement pour cette nouvelle téléréalité. De la pression aussi. Mais Olivier Primeau a vu neiger. Sous les pavés, la plage, disaient les rebelles de Mai 68. Pour Olivier, ce sera peut-être : sous les palmiers, le début d’une vraie carrière à la télé.

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