france

« Ce qu’on est en train de vivre, c’est la mort cérébrale de l’OTAN. »

— Le président français Emmanuel Macron a fait cette déclaration-choc dans une entrevue à l’hebdomadaire The Economist, déplorant le manque de coordination entre les États-Unis et l’Europe et le comportement unilatéral de la Turquie en Syrie, membre de l’Alliance atlantique. (AFP)

Iran

Reprise de l’enrichissement d’uranium dans l'usine de Fordo

L’Iran a relancé jeudi des activités d’enrichissement d’uranium dans son usine souterraine de Fordo, conformément à sa décision de réduire encore davantage ses engagements internationaux concernant son programme nucléaire. L’annonce mardi dernier de la reprise des activités de Fordo, gelées en vertu de l’accord sur le nucléaire iranien conclu en 2015, a suscité l’inquiétude de la communauté internationale. C’est le président de l’Iran, Hassan Rohani, qui a fait cette annonce, au lendemain de l’expiration du délai donné par l’Iran aux États faisant encore partie de l’accord (Allemagne, France, Royaume-Uni, Russie et Chine) pour l’aider à surmonter les conséquences du retrait américain et des sanctions rétablies par Washington, qui ont plongé son économie dans une sévère récession. « Toutes ces activités ont été accomplies sous le contrôle de l’Agence internationale de l’énergie atomique », ce qu’une source proche de cet organe de l’ONU responsable du contrôle du programme iranien a confirmé.

— Agence France-Presse

Grande-Bretagne

Les 39 victimes du camion charnier sont vietnamiennes

Les 39 migrants retrouvés morts à la fin d’octobre dans un camion frigorifique près de Londres sont de nationalité vietnamienne, a confirmé jeudi la police de l’Essex, dans le sud du Royaume-Uni. La police a indiqué à l’AFP que les victimes – 31 hommes et 8 femmes – ont toutes été identifiées et sont de nationalité vietnamienne. Leurs familles ont été prévenues, a-t-elle précisé, en refusant de faire de plus amples commentaires. Dans un premier temps, la police a pensé que les victimes étaient chinoises, avant que des familles se manifestent au Viêtnam, inquiètes pour leurs proches. Dans un communiqué, l’ambassade du Viêtnam a transmis jeudi sa « profonde tristesse concernant la mort de 39 Vietnamiens dans l’Essex le 23 octobre 2019 », date de la découverte des corps. Plusieurs personnes ont été arrêtées dans le cadre de cette affaire, au Viêtnam comme au Royaume-Uni.

— Agence France-Presse

États-Unis

Bloomberg envisage d’être candidat à la présidence

Jugeant Joe Biden trop faible et Bernie Sanders et Elizabeth Warren trop à gauche, l’ancien maire de New York Michael Bloomberg envisage finalement de se lancer dans la course à l’investiture démocrate pour la présidentielle 2020, ont indiqué jeudi plusieurs médias américains. Le septuagénaire, président fondateur de l’agence d’informations financières qui porte son nom, avait annoncé en mars qu’il ne se présenterait pas, au vu des nombreux candidats démocrates déjà dans la course et pour ne pas saper les chances de l’ex-vice-président Joe Biden, l’un des démocrates les plus centristes. Mais selon des sources proches de l’homme d’affaires citées notamment par le New York Times et CNN, il rassemble désormais les signatures nécessaires au dépôt de sa candidature dans l’État de l’Alabama, qui requiert des candidats qu’ils s’enregistrent au plus tard ce vendredi. « Il pense que Biden est faible et que Sanders et Warren ne peuvent pas gagner », a indiqué une source proche de M. Bloomberg, citée par le New York Post. Michael Bloomberg, 77 ans, est l’un des hommes les plus riches du monde.

— Agence France-Presse

Libye

Moscou dément la présence de mercenaires russes

La Russie a démenti jeudi des informations de presse sur l’arrivée de quelque 200 mercenaires russes ces deux derniers mois en Libye, où Moscou est soupçonné de soutenir les forces antigouvernementales du maréchal Khalifa Haftar. Le New York Times a fait état mardi du déploiement dans ce pays en guerre de près de 200 mercenaires du groupe Wagner, entreprise russe de sécurité privée dont la présence a également été rapportée dans plusieurs pays d’Afrique et en Syrie. Selon le quotidien, cette présence russe accrue pourrait faire basculer l’issue du conflit civil en faveur de M. Haftar, l’homme fort de l’Est libyen, à l’offensive contre le gouvernement libyen d’union nationale (GNA) reconnu par l’ONU. Le vice-ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Riabkov a dénoncé jeudi des « élucubrations » et des « rumeurs malveillantes » destinées à « saper la normalisation » des relations entre Moscou et Washington. « Nous agissons en faveur du règlement [du conflit] en Libye et nous soutenons les efforts en ce sens, y compris dans la ligne de l’ONU, et nous nous trouvons en contact avec ceux qui ont une influence sur la situation », a-t-il ajouté. Le chef du groupe de contact russe sur la Libye, Lev Dengov, s’est montré tout aussi catégorique. « De telles informations [publiées dans le New York Times] visent à discréditer la participation russe dans le règlement pacifique du conflit » en Libye, a-t-il dit.

— Agence France-Presse

Libye

Multiples violations de l’embargo sur les armes, selon l’ONU

Nations unies — La Jordanie, la Turquie et les Émirats arabes unis ont violé l’embargo sur les armes imposé depuis 2011 à la Libye, affirme un rapport confidentiel d’experts de l’ONU chargés de son contrôle, en déplorant l’intensification dans ce pays « d’un conflit par procuration ».

« Les Émirats arabes unis, la Jordanie et la Turquie ont fourni des armes de manière régulière et parfois flagrante sans vraiment d’efforts pour en dissimuler la provenance », soulignent les experts dans une synthèse de leurs travaux accompagnant leur étude, à laquelle l’AFP a eu accès jeudi.

Selon des diplomates, la Jordanie est notamment accusée d’avoir formé des troupes du maréchal Khalifa Haftar, l’homme fort de l’Est libyen qui a déclenché en avril une offensive militaire pour s’emparer de Tripoli. Les Émirats arabes unis, autre soutien du maréchal, sont soupçonnés d’avoir utilisé des bombardiers au profit de ses troupes.

Ce pays pourrait être impliqué dans le bombardement d’un centre de détention de migrants dans la banlieue de Tripoli, le 2 juillet, qui avait fait une cinquantaine de morts. Mais le rapport, s’il parle de l’implication « probable » d’un avion étranger, n’apporte pas de réponse définitive, évoquant de manière générale le recours à des F-16 de fabrication américaine et Mirage 2000-9 de fabrication française, deux types d’appareils en dotation dans l’armée de l’air des Émirats.

La Turquie, pour sa part, qui a apporté ouvertement son soutien au gouvernement du premier ministre Fayez al-Sarraj, a fourni du matériel à ses troupes, allant des véhicules blindés aux drones, selon les mêmes sources diplomatiques.

Réponses attendues

Dans leur rapport, les experts soulignent attendre toujours des réponses de plusieurs États membres de l’ONU à leurs questions.

Remis le 29 octobre aux 15 membres du Conseil de sécurité, le rapport assure que « les parties des deux côtés ont reçu des armes et de l’équipement militaire, du soutien technique et des avions de combat non libyens en violation de l’embargo sur les armes ».

Le document qui porte sur une période d’un an fait 85 pages et comprend plus de 300 pages d’annexes : photos, cartes, manifestes de cargaisons livrées par bateaux… Il doit être débattu en fin de mois par les 15 membres du Conseil de sécurité au sein du Comité de sanctions chargé de la Libye et être approuvé avant d’être publié, probablement en décembre.

Depuis le déclenchement de l’offensive du maréchal Haftar, une « nouvelle phase d’instabilité, combinée avec des intérêts de plusieurs États et d’acteurs non étatiques, a amplifié le conflit par procuration qui s’est développé depuis 2011 », dénoncent-ils.

— Agence France-Presse

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