Télévision 

Tchernobyl divise les médias russes

La minisérie américaine Tchernobyl, qui fait revivre les heures dramatiques de la catastrophe nucléaire de Tchernobyl, ravive des souvenirs douloureux en Russie. Son réalisme lui vaut des louanges, mais aussi des accusations d’avoir exagéré le rôle néfaste des autorités soviétiques.

« Le degré de réalisme de Tchernobyl est plus élevé que dans la plupart des films russes sur cette période », reconnaît le média progouvernemental Izvestia. La série exprime « du respect et une sympathie pour notre peuple soviétique », a relevé sur Facebook la journaliste Ksenia Larina, de la radio indépendante Écho de Moscou. « Mais elle exprime un fort dédain pour les autorités qui ont méprisé leurs citoyens. »

Alors que les relations entre la Russie et les pays occidentaux sont au plus bas depuis la fin de la guerre froide, d’autres y ont vu une critique injustifiée du régime soviétique, voire une attaque contre le pouvoir actuel.

« Un mensonge »

Le journal populaire Argumenty i Fakty a critiqué un « mensonge brillamment tourné » divisant le peuple soviétique entre des « bourreaux sanguinaires et [des] victimes innocentes ».

L’un des messages cachés de la série serait que l’industrie nucléaire russe n’est pas fiable, a même avancé le tabloïd Komsomolskaïa Pravda.

Pour ce journal friand de théories du complot, la production à gros budget de HBO montre des « Russes désemparés et négligents » afin de perturber les ventes de centrales de fabrication russe à l’étranger.

Susanna Alperina, journaliste culturelle au quotidien pro-Kremlin Rossiïskaïa Gazeta, n’a pas vu de propagande. Au contraire, la série « montre comment la propagande est fabriquée, ce qui est différent ». « Une vue de l’extérieur est parfois plus juste », note-t-elle, ajoutant n’avoir jamais vu de production russe équivalente.

Au Québec, Tchernobyl est diffusée sur Super Écran. En anglais, Chernobyl se retrouve notamment sur Crave et HBO Canada sur demande.

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