Immobilier

5 mythes sur les frais de condo

Aux yeux de bien des nouveaux acheteurs, les mystérieux frais de condo sont un mal nécessaire qui s’ajoute à l’hypothèque. Pouvant varier énormément d’un immeuble à l’autre, ces derniers représentent une part non négligeable du budget mensuel. Pour éviter les mauvaises surprises après avoir emménagé dans un nouveau chez-soi, voici quelques précisions sur les cinq croyances les plus répandues à leur sujet.

«  Les frais de condo se calculent selon la superficie.  »

S’il est vrai que la surface habitable a une incidence sur les frais de condo, ce n’est pas là-dessus que repose le calcul. La loi exige que la répartition des charges se fasse plutôt en fonction de la valeur relative de l’immeuble que détient chaque propriétaire. Par exemple, pour deux logements d’une même superficie, celui situé en hauteur avec vue sur le fleuve affichera un prix de vente plus élevé que celui au demi-sous-sol, et les frais de condo y seront proportionnellement plus importants.

«  Des frais de condo peu élevés, c’est signe d’une bonne affaire.  »

Certains promoteurs minimisent les frais de condo pour rendre leurs propriétés plus attrayantes aux yeux des acheteurs. Or, en plus de servir aux dépenses courantes (chauffage de la piscine, tonte de la pelouse, ménage du gym, etc.), cet argent est utilisé pour l’entretien préventif du bâtiment et investi dans un fonds de prévoyance, en vue d’éventuels travaux majeurs.

Des frais de condo trop modestes peuvent être un signe de négligence dans l’entretien de l’immeuble. Si un sinistre survient et que le fonds de prévoyance n’est pas suffisant pour couvrir les réparations, les copropriétaires se retrouvent alors forcés de payer une cotisation extraordinaire. Avant d’acheter, jetez un coup d’œil au fonds de prévoyance et demandez si des travaux importants ont été réalisés récemment.

«  Les frais de condo sont moins élevés dans un bâtiment neuf.  »

Même s’il n’y a pas de travaux majeurs au bâtiment à prévoir à court terme, des investissements importants sont nécessaires au démarrage du syndicat de copropriété. Il faut procéder à plusieurs inspections pour fins d’assurance et de vérification, faire l’inventaire de la documentation juridique, réaliser un plan d’entretien préventif et lancer l’étude du fonds de prévoyance. Les honoraires associés à ces tâches doivent être absorbés immédiatement par les frais de condo et peuvent faire grimper la facture.

«  La norme, c’est d’allouer 5 % des frais de condo au fonds de prévoyance.  »

Bien que le Code civil exige qu’un minimum de 5 % des frais de condo y soit versé, ce pourcentage s’avère généralement insuffisant. Selon le site web Guide Habitation, les experts recommandent plutôt d’investir annuellement entre 0,5 et 1 % de la valeur de reconstruction à neuf de l’immeuble. Une étude de fonds de prévoyance réalisée par un architecte, un ingénieur ou une firme spécialisée permet de déterminer le montant exact à investir à partir des cotisations des copropriétaires.

« Si l’ancien propriétaire ne payait pas ses frais de condo, ça ne me concerne pas. »

Si le vendeur de votre futur condo présente un compte en souffrance auprès du syndicat de copropriété, c’est vous qui devenez responsable de régler la note. Assurez-vous que le propriétaire est bien en règle ou négociez le prix d’achat en conséquence.

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