Spécial « à emporter »

Des plats à emporter de feu

Pendant toute la durée de cette deuxième vague, qui force la fermeture des salles de restaurant, nos critiques vous présentent les meilleures options à emporter en ville. Aujourd’hui : Foxy.

Le projet

Le Foxy est le restaurant qu’ont fondé Dyan Solomon et Eric Girard, dans Griffintown, en 2015, quand ils ont finalement décidé de bâtir sur l’immense succès de leur café de petits-déjeuners et de lunchs Olive et Gourmando, pour ouvrir un restaurant de soir. Le concept de cette table, qui a fait salle comble presque instantanément ? Tout est cuisiné au feu de bois, comme le font Francis Mallman en Argentine, Victor Arguinzoniz au Asador Etxebarri, dans le Pays basque, ou Niklas Ekstedt en Suède. Sauf que chez Foxy, on donne en plus à tout ça un ton presque moyen-oriental qui fait penser à une autre référence : Yotam Ottolenghi. Cela dit, j’adore y aller en automne, pour l’odeur de chalet, de grillades, la chaleur, ce sentiment de réconfort qu’on a à l’intérieur quand commencent les jours froids, moment de transition bien typique de notre climat. Évidemment, il est impossible maintenant de manger dans le restaurant, mais la cuisine réussit à reproduire l’expérience savoureuse, fumée, grillée, à emporter. (Et si vous avez accès à un feu de cheminée en prime une fois revenu à la maison pour déguster le tout au bord des flammes, alors la reconstitution de l’ambiance sera totalement réussie !)

À manger

La cuisine est entièrement faite sur le feu et les inspirations sont souvent méditerranéennes. La salade de chou-fleur grillé, par exemple, prend le ton jaune du curcuma et s’avance en terrain de jeu sucré avec des abricots, des amandes et du zhoug, une sauce yéménite légèrement épicée au persil et à la coriandre, mais aussi aux épices telles que cardamome, cumin, clou de girofle. Mon plat préféré ? Le coquelet rôti avec une sauce aux tomatillos toute parfumée, acidulée, vitaminée. Je ne trouve pas que l’avocat accompagnant le tout apporte beaucoup au plat, cela dit, et c’est un légume-fruit qui n’adore pas le transport. Mais la rencontre entre les notes boisées et grillées du poulet convient parfaitement à cette jolie sauce qui arrive dans l’assiette comme de joyeux souvenirs d’été ou de voyages dans le Sud.

Autre grand succès autour de notre table : le radicchio à peine tombé, servi avec dates, pommes et pacanes. Là encore, belle conjugaison de l’amertume de la feuille, l’acidité des pommes, le croquant des noix et la riche onctuosité des dattes medjool, douces et tendres comme du caramel végétal.

Même si la tarte aux pommes et le chou à la poire et au chocolat étaient réconfortants et fins à la fois – le défi actuel de la pâtisserie –, on n’avait presque plus besoin de dessert après cette « salade » sucré-salé.

À ne pas rater non plus : la salade d’aubergines, avec concombre, sésame, pistaches et feta maison, ou encore l’omble chevalier sur lit de couscous israélien, tomates séchées maison et sauce au yaourt au tahini.

À boire

Je fais confiance les yeux fermés aux recommandations de la sommelière Véronique Dalle, qui gère la carte des vins chez Foxy avec son habituelle finesse. On y retrouve donc des crus surtout naturels, de petits producteurs, et autant de blancs et de rouges classiques que des vins orange et des bulles. La carte n’est pas en ligne, donc on choisit sur place. Plusieurs options intéressantes se tiennent entre 42 $ et 55 $ environ, même s’il y a aussi des chablis, des champagnes, etc., plus onéreux. Notons que le menu et la carte des vins sont changés régulièrement selon les arrivages.

Présentation

Les plats sont servis dans des boîtes en aluminium avec couvercle en carton, ce qui permet de les remettre un peu au four. D’autres arrivent dans des plats en carton avec couvercles de plastique. Le tout est déposé dans des sacs en papier portant le logo de la maison. C’est simple, sans flafla. Notez : si on adore vraiment tout le concept « cuisiner sur le feu », on peut aussi acheter le charbon de Foxy, vendu dans des sacs en papier très simples au minimalisme élégant, rareté, quand même, quand on achète un tel produit...

Pour commander

Foxy doit bientôt changer de plateforme pour les commandes en ligne et même intégrer un service de livraison, afin que le tout soit plus convivial. Pour le moment, on peut commander sur place, ou alors appeler et laisser un numéro de téléphone. La maison rappelle et c’est à ce moment-là qu’on passe la commande. Le paiement se fait non pas au téléphone, mais au moment de récupérer le repas. Pour vous donner une idée des prix, j’ai pris deux repas pour deux, donc assez de nourriture pour quatre personnes, et ça m’a coûté 158 $. Sans vin.

Foxy est ouvert tous les jours, à partir de 15 h, jusqu’à 20 h 30.

1638, rue Notre-Dame Ouest 514 925-7007

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