Producteurs et productrices de sirop d’érable

Portraits de gens passionnés

Derrière notre sirop d’érable se cachent, au Québec, plus de 11  300 producteurs et productrices acéricoles. Ces hommes et ces femmes dévoués travaillent aujourd’hui avec une technologie d’avant-garde pour fabriquer un sirop acclamé aux quatre coins du monde : un produit de très grande qualité au même goût classique et unique qui a su plaire à de multiples générations. Portraits de trois acériculteurs incroyablement passionnés.

Julien Dupasquier, 27 ans, acériculteur depuis 3 ans

Julien Dupasquier incarne la relève en acériculture. Fils d’un producteur laitier, il décide après ses études de se lancer dans la production de sirop d’érable, une industrie dynamique qui se porte très bien. Cette année sera la troisième récolte de son érablière La Coulée Suisse, en Montérégie.

Afin d’encourager les jeunes de moins de 40 ans à choisir l’acériculture, l’industrie offre annuellement 40 000 entailles à la relève. Julien a ainsi obtenu un contingent de 3 500 entailles en 2016, lui permettant ainsi de produire du sirop d’érable en vrac et de se lancer en affaires.

Entrepreneur dans l’âme, le jeune homme prend plaisir à transformer son sirop en une gamme de produits faits maison : beurre d’érable, caramel, bonbons, tartes… Son but : créer de nouvelles dépendances. « J’aime que mes clients reviennent pour acheter un produit dont ils ne peuvent plus se passer ! » lance-t-il.

Avec deux jeunes enfants (un garçon de 2 ans et une fille d’à peine 3 mois), le jeune papa aime être maître de son temps : « Je me considère chanceux de faire ce métier. Le sirop d’érable est un beau produit, un sucre naturel aux nombreux bienfaits. La production acéricole a un bel avenir. »

Les producteurs et productrices acéricoles encouragent la relève. « Il existe plusieurs subventions et programmes d’investissement pour encourager les jeunes à devenir acériculteurs, précise Julien Dupasquier. C’est une industrie plus qu’intéressante : en plus d’être encore abordable, elle est accessible à tous, aux hommes et aux femmes, aux jeunes et aux moins jeunes. »

Jo-Anne Beaucage, 59 ans, acéricultrice depuis 16 ans

C’est sur les bancs d’école, dans la jeune vingtaine, que Jo-Anne rencontre celui qui allait devenir son conjoint et partenaire d’affaires. À deux, ils ont une volonté : celle de bâtir quelque chose de plus grand qu’eux. Leurs forces, à la fois différentes et complémentaires, les amènent en Haute-Gatineau.

Dans les années suivant leur rencontre, Jo-Anne et son conjoint Mario Bélisle sont à la tête d’une entreprise sylvicole. Cherchant à diversifier leurs activités, ils se lancent dans l’acériculture et réalisent leur première récolte en 2003. Aujourd’hui, ils exploitent la Sucrerie Beaubel, une érablière de production biologique de 26 700 entailles.

Véritable passionnée, Jo-Anne Beaucage ne tarit pas d’éloges sur la production de sirop d’érable : « C’est fabuleux comment, après 16 ans, Mario et moi sommes toujours aussi heureux. Chaque année, une fièvre s’empare de nous juste avant le temps des sucres, même si c’est exigeant physiquement. »

Un autre élément de grande fierté : « Avoir réussi à implanter, grâce à la modernisation des équipements et des procédés de fabrication, une érablière à grande capacité de production, tout en respectant le savoir-faire de nos ancêtres. La qualité du sirop d’érable est ma principale source de motivation », affirme Jo-Anne Beaucage.

« C’est réjouissant de contribuer au maintien d’une ruralité vivante », dit celle qui, avec son entreprise, contribue à la richesse et à la diversité de nos régions. « Le goût unique du sirop d’érable est inscrit dans nos gènes, et j’éprouve une grande fierté pour ce que l’on fait ! »

Jean-Paul Tardif, 62 ans, acériculteur depuis 35 ans

Jean-Paul Tardif est tombé dedans quand il était petit. Représentant une onzième génération d’acériculteurs, il est le descendant d’Olivier LeTardif, bras droit de Samuel de Champlain, fondateur de Québec. Son ancêtre avait appris les rudiments de la fabrication du sirop d’érable, et son savoir-faire s’est transmis de génération en génération.

L’érablière de M. Tardif, située à Lévis, est une entreprise de production de sirop d’érable qui comprend aussi une salle de réception ouverte à l’année. « Nous accueillons des gens de partout dans le monde, dit-il, et souvent, ils n’ont jamais eu la chance de goûter à du sirop d’érable de leur vie ! »

Il est clair que Jean-Paul Tardif prend plaisir à transmettre sa passion : « Le sirop d’érable coule dans mes veines. C’est un honneur pour moi d’accueillir les gens et de leur expliquer d’où je viens. » Bon an mal an, c’est plus de 30 000 personnes qui sont reçues à sa table.

Jean-Paul est aujourd’hui le seul homme dans un monde de femmes. Son épouse, Claire, l’accompagne depuis les débuts, et ses trois filles, Marie-Josée, Joannie et Christine, ont joint l’entreprise. Ils ont accueilli d’un bon œil le changement de nom de la Fédération des producteurs acéricoles du Québec pour celui de Producteurs et productrices acéricoles du Québec. « Les femmes font partie de l’industrie, c’est plus inclusif ainsi », déclare-t-il.

« Je pense prendre ma retraite bientôt, mais je sais que je serai toujours près de l’érablière », affirme Jean-Paul Tardif. Ses trois filles assureront donc la relève de l’entreprise familiale, devenant ainsi la douzième génération de Tardif en acériculture. « J’ai même cinq petits-enfants, ajoute le père de famille. Qui sait ? Ils deviendront peut-être la treizième génération ? »

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