Santé

Percée montréalaise en oncologie

La chimiothérapie ne vient pas toujours à bout du cancer. Des chercheurs montréalais viennent de découvrir l’une des clés de cette résistance : trois protéines humaines que les cellules des tumeurs convainquent de réparer les dommages causés par les médicaments oncologiques.

Réparer les dommages

Les trois protéines identifiées ce matin dans la revue Nature Communications ont normalement pour fonction de réparer les dommages à l’ADN des cellules du corps, dommages qui peuvent parfois mener à l’apparition de cancers. Mais les cellules cancéreuses, particulièrement celles de la leucémie et du lymphome, peuvent elles-mêmes se servir de ces trois protéines pour réparer les dommages causés aux tumeurs par la chimiothérapie. « La chimiothérapie casse l’ADN des cellules tumorales », explique Charles Vadnais, de l’Institut de recherches cliniques de Montréal (IRCM), l’un des auteurs de l’étude. « A priori, si la cellule tumorale n’est pas capable de réparer ces dommages, c’est bon. »

Différentes protéines

Si on diminue l’activité de ces protéines réparatrices, ne risque-t-on pas de compromettre la réparation des cellules saines ? « Il existe plusieurs mécanismes de réparation, dit M. Vadnais. Dans la tumeur, certains sont plus robustes que dans les cellules saines. On peut cibler les mécanismes plus puissants dans les tumeurs que dans les cellules saines. »

Un hasard

Les chercheurs de l’IRCM, qui ont travaillé avec des collègues d’autres institutions montréalaises, ne se proposaient pas au départ d’étudier la réparation des tumeurs par ces trois protéines. « On voulait voir quelles protéines se liaient à la protéine GFI1 [growth factor independence 1], qui est un régulateur de la transcription des gènes », explique Tarik Möröy, aussi de l’IRCM. « GFI1 est surexprimée dans certaines tumeurs et d’autres recherches ont montré que si on l’élimine, la chimiothérapie fonctionne mieux. Mais on ne sait pas pourquoi. Nous étudions GFI1 depuis sept ans. Quand nous avons vu que certaines protéines qui se lient à GFI1 étaient impliquées dans la réparation de l’ADN, ça nous a intrigués. »

Et maintenant ?

La prochaine étape est de comprendre comment inhiber le travail des protéines réparatrices les plus importantes pour les tumeurs. « On a identifié des dizaines de protéines qui se lient à GFI1 », dit Charles Vadnais. Dans combien de temps pourraient-ils avoir une cible à tester pour un médicament ? « Ça dépend qui va vouloir travailler sur ça avec nous, dit M. Möröy. Et si les inhibiteurs sont plus complexes, si les interactions entre protéines sont plus difficiles à inhiber, ça prendra plus de temps. On pense qu’on arrivera à quelque chose d’ici cinq à dix ans. » M. Möröy tient à souligner que ces résultats prouvent l’importance de la recherche fondamentale. « On nous demande souvent à quoi servent nos recherches. Si nous n’avions pas décidé d’étudier le fonctionnement de GFI1, nous n’aurions pas découvert ce mécanisme qui nous informe sur la résistance à la chimiothérapie. C’est de la “recherche-découverte”, qui peut mener à une compréhension très fructueuse pour le traitement des maladies. »

Bruit des avions

Les « pollués de Montréal-Trudeau » gagnent une première manche

Exaspéré par la pollution sonore dans le ciel de la métropole, le regroupement Les pollués de Montréal-Trudeau a gagné une première manche en obtenant un jugement l’autorisant à intenter une action collective contre Aéroports de Montréal, Nav Canada et le ministère fédéral des Transports. Afin de faire valoir leurs droits, les membres du regroupement ont présenté devant un juge de la Cour supérieure du Québec les captations de 10 stations de mesures sonores aéronautiques.

Il y a quelques années, des résidants du secteur de Dorval avaient échoué dans leurs tentatives d’intenter des actions devant les tribunaux. Cette fois, le regroupement, qui souhaite faire valoir les droits « de tous les citoyens montréalais qui se trouvent dans la même situation », a présenté des résultats sonores enregistrés dans certains secteurs de Saint-Laurent, d’Ahuntsic, de Mont-Royal, de Saint-Michel et de Villeray.

Selon les faits exposés devant le juge, les niveaux sonores dépassent régulièrement le niveau extérieur régulier de 55dBA fixé par l’Organisation mondiale de la santé (OMS) comme seuil critique au-delà duquel le bruit peut entraîner des maladies cardiovasculaires et d’autres problèmes de santé.

Le président du regroupement Les pollués de Montréal-Trudeau, Pierre Lachapelle, a expliqué que les autorités avaient été interpellées à de nombreuses reprises pour obtenir des atténuations. « C’est malheureux, mais on n’a jamais pris nos demandes au sérieux. Le ministre des Transports [Marc Garneau] fait la sourde oreille », a-t-il affirmé.

En vertu du jugement, le regroupement pourra intenter des procédures pour obtenir des dommages et intérêts compensatoires pour bruit excessif. Mais au-delà des compensations financières, les citoyens réclament une gestion moderne des impacts environnementaux des activités de l’aéroport Montréal-Trudeau avec un couvre-feu strict entre 23 h et 7 h.

Les trois parties visées par le jugement, dont le gouvernement fédéral, n’ont pas commenté la décision du tribunal. Elles ont un délai de 30 jours pour porter le jugement en appel.

Tragédie en Saskatchewan

Le bilan passe à 16 morts

Une 16e victime s’est ajoutée hier au sombre bilan de la tragédie routière qui a décimé une équipe de la Ligue de hockey junior de la Saskatchewan vendredi dernier, près de Tisdale. Dayna Brons, thérapeute sportive des Broncos de Humboldt, a succombé à ses blessures à l’hôpital de Saskatoon, ont confirmé les autorités saskatchewanaises.

Par voie de communiqué, la famille de la femme de 25 ans a indiqué que Dayna Brons s’était éteinte « paisiblement […] entourée de ceux qu’elle aimait et qui l’aiment ». Selon ses proches, elle était « extrêmement fière de faire partie de la famille des Broncos ». Mme Brons était la seule femme qui se trouvait à bord de l’autocar au moment du drame.

Un proche a confié à La Presse canadienne que Dayna Brons, originaire de Lake Lenore, avait subi un grave traumatisme crânien lors de l’accident. La famille souhaite vivre son deuil en privé, mais elle tient à « remercier les premiers répondants, le personnel des urgences et tous ceux qui ont pris soin de Dayna au cours des derniers jours ».

La victime avait reçu de très nombreux messages d’encouragement de la part des équipes de soccer et de crosse avec lesquelles elle travaillait. La célèbre joueuse de hockey canadienne Hayley Wickenheiser lui a aussi témoigné son soutien en soulignant qu’elle était « la seule fille dans l’équipe de garçons ».

L’ex-joueur de la LNH Sheldon Kennedy a offert ses condoléances sur son compte Twitter. « Je suis atterré d’apprendre la mort de Dayna Brons. J’ai rencontré Dayna et sa famille et je sais à quel point ils s’aiment les uns les autres. »

Pour sa famille, Dayna Brons laisse en souvenir un éternel sourire et une grande passion pour le sport.

Dayna Brons était diplômée en kinésiologie de l’Université de Regina en plus d’être titulaire d’un certificat spécialisé en thérapie sportive de l’Université Mount Royal, à Calgary.

Encore des blessés

On a appris lundi, avant la mort de Mme Brons, que 12 personnes recevaient toujours des soins à l’hôpital de Saskatoon. Quatre patients étaient dans un état critique et quatre autres dans un état grave. Quatre victimes se trouvaient aussi dans un état stable.

La tragédie qui a secoué tout le pays a aussi fauché la vie de 10 jeunes hockeyeurs, âgés de 16 à 21 ans, des deux entraîneurs, d’un statisticien bénévole, d’un animateur de radio et du chauffeur de l’autobus, qui comptait 29 personnes à son bord. Le conducteur du semi-remorque impliqué dans la collision a survécu à l’accident.

Les séries reprendront

Les Broncos de Humboldt se rendaient à Nipawin pour disputer leur cinquième match de séries éliminatoires contre les Hawks lorsque le destin a frappé. Hier, la Ligue de hockey junior de la Saskatchewan a pris la difficile décision de reprendre les séries éliminatoires, avec la bénédiction de la direction de l’équipe endeuillée.

Le conseil des gouverneurs de la ligue a voté à l’unanimité pour la reprise des matchs. Les Hawks affronteront les Bruins d’Estevan lors de la série finale. Les deux équipes porteront des autocollants aux couleurs des Broncos sur leurs casques. Le président des Broncos était d’ailleurs catégorique sur le fait que les séries éliminatoires devaient se poursuivre.

— Avec La Presse canadienne

Actualités

Des carcasses d’orignaux accrochées à l’entrée d’un territoire ancestral innu

Les automobilistes et camionneurs circulant sur Côte-Nord ont été témoins d’une scène morbide, hier matin.

Des dépouilles d’orignaux avaient été accrochées pendant la nuit sur un panneau annonçant le territoire ancestral (Nitassinan) de la communauté innue de Pessamit.

Au moins six orignaux, dont des veaux et deux femelles enceintes, avaient été trouvés démembrés lundi matin le long de la route 385, au nord de Forestville. Ce sont de toute évidence ces mêmes restes qui ont été accrochés dans la nuit de mardi à hier à la jonction des routes 138 et 385.

On ne savait toujours pas, hier, qui s’était rendu coupable du carnage – de toute évidence des braconniers. On n’en savait pas davantage sur l’identité des personnes qui avaient déplacé et accroché les carcasses.

Cette découverte a causé un choc à Forestville, mais surtout à Pessamit, communauté innue établie à une cinquantaine de kilomètres à l’est.

André Côté, directeur du secteur territoire et ressources naturelles du Conseil des Innus, a qualifié ce geste d’« inacceptable » et a ajouté que le Conseil le condamnait, « peu importe qui en est coupable ». Il a également assuré que le Conseil collaborait avec la Direction de la protection de la faune, qui mène l’enquête sur les gestes commis et dont des agents ont décroché les dépouilles hier.

« On ne sait pas du tout qui a fait ça ni dans quel état ces personnes étaient, a dit M. Côté à La Presse. Les gens sont déçus, mais d’une certaine façon, ils ne sont pas surpris que ce genre de geste déplorable soit posé… »

Même si cet acte « visait la communauté de Pessamit », M. Côté évite d’évoquer un crime haineux. « On ne veut pas se lancer dans les grands mots », a-t-il dit.

La Protection de la faune, qui condamne elle aussi publiquement ce méfait, compte porter plainte à la Sûreté du Québec au cours des prochains jours.

Appel au calme

Décrivant l’événement comme « inquiétant et inacceptable », Micheline Anctil, mairesse de Forestville, a lancé un appel au calme hier, après que plusieurs personnes eurent accusé sans preuve les Innus des actes de braconnage du week-end.

Elle assure que Blancs et Innus cohabitent de manière harmonieuse dans cette région prisée des chasseurs et des pêcheurs de la province. « Il y a des règles en place et il y aura des sanctions pour les coupables », a-t-elle dit.

André Côté rappelle par ailleurs le grand respect que vouent les Innus aux ressources animales, utilisant presque toutes les parties des bêtes après la chasse. Le museau, notamment, est décrit comme « une pièce de choix ».

« C’est pourquoi vous ne verrez jamais un Innu avec une tête d’orignal sur le capot de son véhicule. C’est un manque de respect », explique-t-il.

Cette histoire rappelle tristement une affaire similaire survenue en 2001 non loin de là. Des personnes qui avaient trouvé des restes d’orignaux dans un ravage les avaient étalés sur le parvis de l’église des Escoumins et avaient accusé sans preuve les Montagnais de la communauté d’Essipit de les avoir abattus.

La Direction de la protection de la faune invite toutes les personnes qui constatent des actes de braconnage à les dénoncer de manière anonyme au 1 800 463-2191.

Grand prix du canada

Ferrandez plaide pour le maintien de la F1 à Montréal

Après avoir abandonné la Formule E, l’administration Plante fait maintenant le pari de garder la Formule 1. Luc Ferrandez, responsable des grands parcs, a défendu le contrat pour la construction de nouveaux paddocks du Grand Prix du Canada, estimant que ce projet avait « économiquement du sens » pour Montréal malgré sa facture élevée. « Le choix que Montréal avait à faire, c’était aller de l’avant ou ne plus avoir de Formule 1 », a expliqué Luc Ferrandez. « La Formule 1 est là depuis longtemps et a fait ses preuves en termes de retombées économiques et d’engouement », a quant à elle indiqué la mairesse Valérie Plante. « Le Grand Prix de Montréal est unique », a dit Luc Ferrandez, soulignant qu’il était l’une des quatre épreuves de F1 attirant le plus de spectateurs. Un peu plus de la moitié (52 %) viennent de l’extérieur, ce qui génère d’importantes retombées pour la métropole. « C’est une décision qui fait économiquement du sens », estime l’élu. — Pierre-André Normandin, La Presse

gouvernance scolaire

Une commissaire convoquée pour « manque de solidarité »

Une mère de famille qui siège au conseil des commissaires de la commission scolaire du Val-des-Cerfs, à Granby, est convoquée devant son comité d’éthique et de déontologie parce qu’elle a partagé sur Facebook un article de La Presse sur le plan de la Coalition avenir Québec (CAQ) en matière de gouvernance scolaire. Dans une lettre datée du 12 mars dernier, la présidente du comité d’éthique et de déontologie a informé Marie-Josée Cornay – qui siège à titre de commissaire parent – qu’elle est visée par une plainte où on lui reproche d’être « en conflit de loyauté, de discréditer le travail de [ses] collègues commissaires, d’entacher l’image publique des commissions [et] de manquer de solidarité avec [ses] collègues ». Pour Mme Cornay, qui est membre active de la CAQ, cette situation est invraisemblable. « Je n’ai toutefois pas partagé cet article dans l’intention [de nuire] aux autres commissaires », soutient-elle, reconnaissant qu’elle soulève fréquemment des débats lors des réunions du conseil des commissaires. Une rencontre du comité doit avoir lieu le 20 avril prochain.

— Hugo Pilon-Larose, La Presse

Transport scolaire

Grève évitée pour 2000 élèves à Laval

Une menace de grève des chauffeurs d’autobus d’écoliers est écartée, du moins pour ceux qui travaillent pour Autobus Mistral, à Laval. Une entente de principe est intervenue avec l’employeur et a déjà été ratifiée, a indiqué en fin d’après-midi hier le syndicat des Teamsters. Quelque 2000 élèves qui fréquentent la Commission scolaire de Laval risquaient d’être incommodés par une grève de leurs chauffeurs d’autobus d’écoliers au service de ce transporteur. La date d’un éventuel débrayage n’avait pas encore été arrêtée, dans leur cas, mais les chauffeurs avaient voté à 100 % pour un mandat de moyens de pression pouvant aller jusqu’à la grève générale illimitée, a fait savoir le directeur des affaires publiques de Teamsters Canada, le grand syndicat pancanadien qui représente ces travailleurs. Par ailleurs, une grève est toujours prévue le 23 avril pour d’autres chauffeurs d’autobus d’écoliers syndiqués auprès des Teamsters. Il s’agit des chauffeurs d’Autobus Rive-Sud division Sainte-Julie et Autobus Rive-Sud division Longueuil, qui desservent les commissions scolaires Marie-Victorin, des Patriotes, ainsi que le transport adapté de la Commission scolaire de Montréal. Il en est de même pour Autobus Lucien Bissonnette, qui dessert les commissions scolaires des Trois-Lacs et Lester-B.-Pearson, dans l’ouest de Montréal. Cette fois, 4000 élèves pourraient être touchés.

— La Presse canadienne

Actualités

De fortes précipitations attendues en fin de semaine

Un imposant système dépressionnaire se dirige vers le Québec et pourrait entraîner d’importantes précipitations au cours de la fin de semaine. Selon Environnement Canada, on doit s’attendre à des averses de pluie dès demain, suivies de possibilités de grésil, de pluie verglaçante et encore de pluie en fin de journée dimanche. Comme les températures devraient se maintenir près de zéro, la nature des précipitations demeure variable. Les régions situées à l’ouest – l’Outaouais et l’Abitibi-Témiscamingue – ainsi qu’au nord du fleuve Saint-Laurent pourraient recevoir de bonnes bordées de neige, alors qu’on parle plutôt de pluie verglaçante ou de pluie dans le sud de la province. Il n’est pas exclu que des flocons tombent aussi dans la région de Montréal et dans le sud de la province puisqu’on s’attend à un « cocktail de précipitations ». Une chose est sûre, les automobilistes vont devoir être prudents sur les routes.

— La Presse canadienne

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