Le surplus pourrait être moins important qu’annoncé, prévient Legault

QUÉBEC — Le surplus budgétaire pourrait s’avérer moins important que les 3 milliards annoncés la semaine dernière par le gouvernement Legault, ont affirmé le premier ministre et son ministre des Finances, hier. Ils ont du coup annoncé leur intention de revoir la manière dont Québec communique l’état de ses finances.

Avant une réunion de son cabinet, François Legault a remis en question l’importance du surplus dont son gouvernement avait pourtant fait état vendredi.

« Il faut se demander si c’est vraiment un surplus de 3 milliards », a déclaré M. Legault.

Le ministre des Finances, Éric Girard, a présenté vendredi le Rapport mensuel des opérations financières de l’État. Il a alors fait état d’un surplus de 3 milliards pour les cinq premiers mois de l’année, une somme qui dépassait les prévisions.

Or, a précisé M. Girard hier, « il n’y a pas de surplus de 3 milliards ». Tout au plus a-t-on constaté une hausse plus importante que prévu des revenus de l’État en début d’année, ainsi que des dépenses moins importantes qu’on l’avait anticipé.

« Les deux facteurs combinés, revenus et dépenses, font ce surplus de 3 milliards, a-t-il expliqué. Et encore une fois, on n’a aucune raison de croire que les dépenses sur l’ensemble de l’année n’atteindront pas les budgets qui ont été accordés. »

L’état des finances publiques demeure « bon », a indiqué M. Girard. Il en présentera un portrait plus précis lors de la mise à jour budgétaire, « d’ici décembre », après que le gouvernement fédéral se sera livré au même exercice.

Rapports mensuels

Le gouvernement entend « réviser les méthodes de comptabilisation » des finances publiques, a indiqué M. Legault.

En entrevue à La Presse, la veille, le ministre Girard s’était ouvertement interrogé sur l’utilité, « la pertinence » des « rapports mensuels » sur les finances publiques comme celui qu’il a présenté vendredi. À son avis, ces mises à jour présentent une image déformée de la réalité.

« Je suis préoccupé par la transparence, je veux qu’on explique mieux avec un effort de simplicité et de vulgarisation pour la population », a dit le ministre des Finances.

Pour lui, ces rapports mensuels devraient être repensés, « parce que ce n’est pas une mise à jour de la situation budgétaire. Et même lors de la mise à jour [à venir], on aura seulement sept mois d’information. Se tromper de 1 % sur un budget de 100 milliards, c’est tout de même 1 milliard », a-t-il laissé tomber.

« Peut-être devrions-nous avoir un rapport trimestriel avec une mise à jour annuelle. Mon but est de renforcer l’exercice de prévisions budgétaires, diminuer la variabilité entre les prévisions et les résultats réels », avance M. Girard.

Dans tous les cas, a dit le ministre de l’Économie, Pierre Fitzgibbon, il n’y a pas de doute que « les finances publiques sont bonnes ». Le gouvernement aura les moyens de retourner de l’argent aux contribuables, a-t-il assuré.

« Oui, on va le faire », a renchéri M. Fitzgibbon.

Cynisme

Mais aux yeux du député libéral Gaétan Barrette, il est évident que le gouvernement caquiste tente de noircir le portrait des finances publiques à des fins politiques. Il soupçonne le gouvernement de vouloir se défiler de ses engagements électoraux.

« Je vois un gouvernement qui, actuellement, est en train de se construire une histoire pour justifier de ne pas livrer ce qu’ils ont promis. C’est la version “caquienne” du trou qu’on a, d’habitude, lorsqu’on arrive au gouvernement », indique le porte-parole libéral au Trésor.

M. Barrette a rappelé que le précédent gouvernement libéral avait confié à la vérificatrice générale la mission d’établir le portrait des finances publiques avant les élections. Cette stratégie visait justement à empêcher un scénario comme celui-ci.

« On remet en cause littéralement la compétence des fonctionnaires, a dénoncé M. Barrette. On dit que ce n’est peut-être pas les bonnes méthodes comptables. Je voudrais rappeler aujourd’hui à M. Legault qu’il est comptable et que jamais il n’a remis en cause la méthode comptable du gouvernement du Québec, et il n’a jamais remis en cause les évaluations de la vérificatrice générale, qui se basent aussi sur ces paramètres-là. »

Selon le député de Québec solidaire Gabriel Nadeau-Dubois, il est évident que le gouvernement caquiste dispose d’abondants surplus.

« La stratégie, [hier] avant-midi, c’était de diminuer les attentes pour pouvoir ensuite annoncer des bonnes nouvelles, a-t-il indiqué. De toute évidence, il y aura des surplus et, pour nous, ces surplus-là, ils doivent être utilisés pour lutter contre la grande menace en ce moment, la grande menace économique, c’est-à-dire les changements climatiques. »

Montérégie

Le jeu Fortnite utilisé comme appât par un cyberprédateur

Quatre élèves du secondaire ont été victimes d’une tentative de « sextorsion » au cours des dernières semaines sur la Rive-Sud de Montréal.

Pour appâter ses jeunes victimes, la personne suspecte s’est invitée dans des conversations sur le réseau Instagram et y a fait miroiter des codes pour accéder à des niveaux supérieurs à Fortnite, jeu en ligne gratuit qui compte quelque 125 millions d’adeptes dans le monde.

Il s’agissait en fait d’un prétexte pour démarrer des conversations privées avec les victimes, où le cyberprédateur demandait à ses interlocuteurs – tous des garçons – de lui envoyer des images intimes.

Suivant le stratagème connu de sextorsion, le fraudeur a alors menacé de publier ces images sur l’internet afin de soutirer de l’argent ou des images supplémentaires aux victimes.

Les quatre cas ont été signalés au cours du mois d’octobre. Aucun autre n’a été rapporté aux autorités depuis.

Pas de liens entre eux

Selon le sergent Jean-Luc Tremblay, de la section Sociocommunautaire de la Régie intermunicipale de police Richelieu Saint-Laurent, les quatre garçons n’ont pas de liens évidents entre eux : ils ne fréquentent pas tous la même école et ne sont pas dans les mêmes groupes de discussion sur Instagram.

N’empêche, le scénario était si similaire que les autorités n’ont pas hésité à sonner l’alarme. La Commission scolaire des Patriotes (CSP) ainsi que les établissements privés du territoire ont donc relayé l’avis des policiers à tous les parents d’enfants fréquentant les écoles du coin. À elle seule, la CSP a ainsi averti 45 000 parents par courriel.

« Notre priorité, c’était de réagir le plus vite possible afin de faire en sorte qu’il n’y ait pas d’autres victimes, explique le sergent Tremblay. Les parents ont pu en discuter avec leurs jeunes et les aider à mettre en place des moyens de se protéger. »

Selon Lyne Arcand, directrice adjointe de la commission scolaire, il était primordial d’aider les parents à affronter cette situation.

« Ce n’est pas une conversation facile à avoir, souligne-t-elle. Les enfants ne savent pas à qui s’adresser, ils sont gênés de la situation, alors on voulait leur permettre de lancer la discussion. »

« ça fait partie du rôle d’une école »

Selon Mme Arcand, le personnel des 68 écoles de la CSP, en collaboration avec les policiers communautaires, procède déjà à des activités de sensibilisation toute l’année concernant la sécurité sur l’internet, à plus forte raison sur les réseaux sociaux.

Un guide à ce sujet est d’ailleurs remis annuellement aux parents et aux élèves.

« Ça peut sembler juste du gros bon sens, mais ça fait partie du rôle d’une école de rappeler aux élèves de ne pas fournir de renseignements personnels si on n’est pas sûr d’à qui on s’adresse », affirme Mme Arcand.

L’enquête est toujours en cours afin d’identifier un suspect dans cette affaire. Pour l’heure, la Régie intermunicipale mène elle-même l’enquête, mais n’exclut pas de faire appel à d’autres corps policiers – notamment la Sûreté du Québec – pour l’assister.

Conseils de prévention contre la sextorsion

Ne faites pas de gestes compromettants sur l’internet, même lorsque vous croyez être en privé.

Évitez d’échanger des photos et des vidéos ou d’utiliser votre webcam pour faire des gestes intimes.

Soyez vigilants si vous acceptez de converser avec une personne que vous ne connaissez pas.

Ne partagez aucun renseignement personnel.

Si vous recevez des menaces d’extorsion, n’hésitez pas à communiquer avec votre service de police.

Source : Régie intermunicipale de police Richelieu Saint-Laurent

Gaspésie

Ouverture d’une enquête après la mort d’un caribou

La découverte d’un caribou forestier mort et éviscéré en Gaspésie a mis en émoi le petit monde des agents de la faune et des chasseurs, qui se demandent si un braconnier sans scrupule a décidé de s’attaquer à ce troupeau en voie de disparition.

Des agents de la faune prévenus par un citoyen ont découvert le 28 octobre dernier la carcasse d’un caribou montagnard à 30 km de Sainte-Anne-des-Monts. L’animal, éviscéré, avait été laissé sur place. Mais il avait encore ses bois et sa peau.

« Je ne peux pas vous divulguer la cause de la mort, parce que l’enquête est toujours en cours. On ne veut pas trop en dire », a expliqué Paul Montpetit, lieutenant au bureau de protection de la faune de New Richmond.

« Mais on s’adresse à la population. On veut rejoindre le plus de monde possible. Il y a quelqu’un quelque part qui a connaissance de cet événement-là », a lancé le lieutenant Montpetit.

L’animal faisait partie du troupeau que les randonneurs peuvent parfois admirer dans le parc national de la Gaspésie. Le nombre de caribous ne cesse de baisser en Gaspésie : ils étaient presque 200 en 2007 et il n’en reste que 75 aujourd’hui.

Le caribou des bois est une espèce désignée menacée par Québec, et en voie de disparition par Ottawa. Les écologistes dénoncent depuis des années les coupes forestières dans son habitat.

Sa chasse est interdite en Gaspésie. Un braconnier s’expose à des amendes de 20 000 $.

Le mystère plane toujours

La découverte de la carcasse suscite bien des questions. Qui est l’auteur du crime ? Pourquoi avoir laissé la carcasse sur place ? Un chasseur inexpérimenté a-t-il pris la bête pour un orignal ou un chevreuil ?

« Le caribou des bois, c’est protégé à mort. Il n’en reste presque plus. Le caribou des bois, tu touches pas à ça ! », s’insurge Alain Poitras, président pour la Gaspésie à la Fédération québécoise des chasseurs et pêcheurs.

Ce chasseur d’expérience serait surpris que l’enquête conclue à une simple erreur. Oui, dit-il, il se souvient d’un cas il y a « très, très longtemps » où un chasseur avait pris un caribou pour un chevreuil.

« Mais le coin où ils ont tiré le caribou, il n’y a pas de chevreuil là », dit M. Poitras. Selon lui, confondre un caribou et un orignal est quasiment impossible. « L’orignal est beaucoup plus foncé. »

Le ministère des Forêts, de la Faune et des Parcs demande l’aide du public. Des informations peuvent être transmises au 1 800 463-2191 ou par courriel à centralesos@mffp.gouv.qc.ca. Le Ministère promet la confidentialité aux citoyens qui le contactent.

C Series

Legault contredit par son ministre de l’Économie

Le ministre de l’Économie, Pierre Fitzgibbon, se dit « drôlement content de voir Airbus aux commandes de l’avion » A220 développé par Bombardier sous le nom de C Series. Cette transaction a été « une très bonne chose », et d’autres partenariats du même genre doivent être conclus, selon lui. Dans l’opposition, François Legault avait pourtant condamné la décision du gouvernement Couillard d’investir 1,3 milliard dans la C Series ; Québec aurait dû mettre ses billes dans la société mère, selon lui. Il avait également déclaré : « La mainmise d’Airbus sur la Série C de Bombardier est un jour triste pour le Québec. » Plus tôt cette année, le géant européen s’est officiellement porté acquéreur de 50,01 % du programme C Series sans verser un sou. Pierre Fitzgibbon a donné un tout autre point de vue que celui du premier ministre lors d’une mêlée de presse, hier. Pour lui, ce dossier est « un bon exemple où le ministère de l’Économie a directement fait une ponction dans l’entreprise pour permettre de la sauver » et de maintenir un siège social au Québec. Certes, « on peut questionner » la méthode choisie, « mais l’intervention du gouvernement dans Bombardier était requise », a-t-il dit avant une réunion du Conseil des ministres.

— Tommy Chouinard, La Presse

Grève à Postes Canada

Québec touché et mandat prolongé pour le médiateur spécial

Le mandat du médiateur spécial Morton Mitchnick dans le dossier de Postes Canada a été prolongé de quatre jours, selon ce qu’a indiqué la partie syndicale, hier, qui poursuivait ses moyens de pression, notamment dans certaines régions de l’Ontario et du Québec. Le Syndicat des travailleurs et travailleuses des postes (STTP) a de nouveau affirmé que son comité de négociation « travaillerait avec M. Mitchnick dans le but d’obtenir les améliorations nécessaires [aux] conventions collectives ». Selon le site internet du STTP, les employés à Toronto doivent être de retour au travail aujourd’hui. Les grèves tournantes entreprises le 22 octobre par les membres du syndicat frappaient hier pour la deuxième fois en trois semaines le plus grand établissement de traitement du courrier au Canada. Au Québec, le STTP indiquait hier soir que les unités de la ville de Québec et du haut du Lac-Saint-Jean étaient en arrêt de travail. Au Nouveau-Brunswick, des grèves se déroulaient hier à Fredericton, St. Stephen, Woodstock, Miramichi, Bathurst, Campbellton et Edmundston.

— La Presse canadienne

25e homicide à Montréal

La victime avait des antécédents en matière de stupéfiants

L’homme abattu mardi soir en plein restaurant dans le nord de Montréal est Philipos Kollaros, 38 ans, a appris La Presse de diverses sources. En avril 2015, Kollaros avait été arrêté en compagnie d’une demi-douzaine d’individus par la GRC dans le cadre d’un projet d’importation de 1200 kilogrammes de cocaïne au Canada. Selon les informations diffusées par la police, la victime se trouvait dans un restaurant de la rue Beaubien, près de la rue Casgrain, lorsqu’un homme armé a fait irruption dans l’établissement et a ouvert le feu en sa direction. Des manœuvres ont été pratiquées sur la victime inconsciente jusqu’à son arrivée à l’hôpital, où elle est morte un peu plus tard. Le ou les suspects ont pris la fuite en véhicule. La police n’a pas diffusé de description pour le moment. On ignore le mobile de cet assassinat qui a toutes les apparences d’un règlement de comptes du milieu du crime organisé ou des stupéfiants. Il s’agit du 25e meurtre commis cette année à Montréal.

— Daniel Renaud, La Presse

Financement des transports en commun

Legault s’oppose à une hausse du coût de l’immatriculation en banlieue

Le gouvernement Legault s’oppose à une hausse du coût de l’immatriculation en banlieue pour financer les transports collectifs, tel que l’envisage la Communauté métropolitaine de Montréal (CMM). « Ça ne fait vraiment pas partie de nos intentions d’augmenter les taxes des citoyens du Québec, a affirmé hier la ministre responsable de la métropole, Chantal Rouleau. On a dit, pendant la campagne électorale, qu’on voulait redonner de l’argent. » Les élus de la CMM calculent qu’en augmentant de 50 $ le coût du renouvellement des plaques dans le 450, il serait possible d’amasser 100 millions par année. Mme Rouleau reconnaît que les municipalités ont besoin de nouvelles sources de financement pour les transports collectifs. — Martin Croteau, La Presse

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